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12 décembre 2018

Prévoyance-vieillesse: quelle formule choisir?

La qualité de votre future retraite dépendra en grande partie de votre capacité à vous y préparer. A côté de la pension légale et d’un éventuel plan de pension mis en place par votre employeur, les contrats de prévoyance-vieillesse individuels sont une réelle solution pour contribuer à maintenir votre niveau de vie à la retraite. Mais lequel choisir? Chacun y allant de ses arguments, il n’est pas toujours aisé d’identifier la formule la plus adaptée à vos besoins. Heureusement, myLIFE est là pour vous aider à y voir clair.

Le contrat de prévoyance-vieillesse au Luxembourg

Qui ne rêve pas d’une retraite dorée au soleil? Oui mais voilà, le montant de la pension légale risque fort de ne pas suffire à concrétiser ce projet. Pour pouvoir être cigale un jour, il va donc falloir d’abord être fourmi et vous constituer un capital bien utile au moment de profiter de votre nouvelle vie! Et cela commence aujourd’hui si ce n’est déjà en cours! Parmi les différentes solutions existantes pour bien préparer votre retraite, il en est une qui est particulièrement attractive et rentable dès aujourd’hui: le contrat de prévoyance-vieillesse (art. 111bis L.I.R.).

Contracté auprès d’une compagnie d’assurances ou d’un établissement de crédit, le contrat de prévoyance-vieillesse vous permet, si vous êtes contribuables résidents ou non résidents assimilés, de constituer un capital pour votre retraite. Cela se fait sur base de versements mensuels, trimestriels, annuels ou à la carte jusqu’à l’échéance du contrat. Durant toute la durée du contrat (durée minimale de 10 ans), vous profitez de déductions fiscales importantes en déduisant le montant des primes versées (jusqu’à concurrence du plafond défini par an et par contribuable) de votre base imposable au titre de dépenses spéciales. Si vous êtes marié, votre conjoint peut bénéficier des mêmes avantages en souscrivant un second contrat.

La réforme fiscale entrée en vigueur au 1er janvier 2017 prévoit un déduction fiscale annuelle de 3.200€ pour l’assurance prévoyance-vieillesse, quel que soit votre âge.

La réforme fiscale entrée en vigueur au 1er janvier 2017 prévoit une déduction fiscale annuelle de 3.200€ pour l’assurance prévoyance-vieillesse (assurance 111bis LIR), quel que soit votre âge. Au moment de la retraite (au plus tôt à 60 ans et au plus tard à 75 ans), vous bénéficiez en tant que résident fiscal luxembourgeois soit d’un remboursement sous la forme d’une rente viagère exonérée à 50%, soit du paiement intégral du capital taxé à la moitié du taux global, soit d’une solution intermédiaire combinant remboursement en capital et rente viagère. Selon votre préférence vous déciderez librement des pourcentages octroyés à la formule capital ou rente.

A l’exception des cas de maladie grave et d’invalidité, le remboursement anticipé de l’épargne accumulée entraîne des indemnités de rachat, ainsi qu’une imposition au taux normal du montant total remboursé. A éviter!

Une des particularités des contrats de prévoyance-vieillesse réside dans le fait que les produits d’investissements et la politique d’investissement sous-jacents doivent répondre à des conditions spécifiques. Fondamentalement, il existe deux approches possibles: privilégier la sécurité ou privilégier le rendement.

Disons-le d’emblée, une solution n’est pas meilleure que l’autre! Tout dépend de votre situation et de votre aversion au risque. On considère généralement que plus le souscripteur est âgé, plus il est recommandé de s’orienter vers des solutions qui limitent les risques. Le législateur a même fixé des plafonds d’exposition au marché actions en fonction de l’âge afin de contraindre le souscripteur proche de la pension à une certaine prudence et lui éviter de voir ses remboursements réduits à cause d’une volatilité temporaire forte. Nous y reviendrons.

Alternative 1: la sérénité d’un capital garanti

A capital garanti mais à rendement limité, ce premier type de contrats prévoit la capitalisation des primes que vous versez. Avec cette solution, vous profitez d’un taux d’intérêt minimum garanti sur vos versements (indépendant des fluctuations des marchés financiers), ainsi que d’éventuelles participations aux bénéfices (selon les résultats financiers de la compagnie d’assurance). Ce taux minimum garanti vaut pour toute la durée de vie du contrat (maximum 0,50% depuis le 1er avril 2018).

Concrètement, cela signifie que, à l’échéance, l’épargne accumulée se compose de l’ensemble des versements nets, augmentés des participations bénéficiaires attribuées, et diminués des frais prélevés. À l’âge de la retraite, vous connaissez donc le montant du capital minimum que l’on vous verse. Vous commencez votre nouvelle vie sans surprise et avec sérénité.

Si elle est rassurante par sa prévisibilité et attractive grâce à la déduction fiscale annuelle maximum de 3.200€, cette première alternative n’est toutefois pas toujours très séduisante en terme de rendement… particulièrement en période de taux bas. En effet, si les taux d’intérêts venaient à augmenter, vous resteriez avec un rendement garanti de maximum 0,50% jusqu’à l’échéance de votre contrat. Il vous faut alors croiser les doigts et espérer une participation aux bénéfices généreuse. Ce qui n’est jamais garanti! Votre alternative? Miser sur une approche plus dynamique, mais également plus risquée.

Alternative 2: l’ambition d’une performance accrue

La seconde catégorie porte sur des contrats de type prévoyance-vieillesse dont le rendement est lié à des fonds d’investissement en unités de compte. Votre assureur ne vous garantit plus un montant connu en euros, mais un nombre d’unités de compte dont la valeur évolue en fonction des marchés financiers. Il s’agit d’un contrat à capital non garanti qui offre la possibilité de dynamiser son épargne en la basant sur l’évolution des marchés. A la fois flexible et dynamique, cette solution vous permet de profiter de rendements à fort potentiel et d’espérer obtenir un capital important à l’âge de la retraite. Par contre, vous êtes le seul à porter le risque financier lié à l’investissement.

Une unité correspond à une fraction du fonds retenu. La valeur de votre contrat est alors établie en multipliant le nombre d’unités qui sont attribuées à ce contrat par leur valeur de sortie du fonds.

Les versements de vos primes sont ici convertis en unités et investis dans des fonds d’investissement internes ou externes à l’entreprise d’assurance. Une unité correspond à une fraction du fonds retenu. La valeur de votre contrat est alors établie en multipliant le nombre d’unités qui sont attribuées à ce contrat par leur valeur de sortie du fonds. La valeur peut donc évoluer jusqu’à la dernière minute.

Ces produits de placement doivent répondre aux critères suivants.

  • Votre prestataire (entreprise d’assurances ou établissement de crédit) doit obligatoirement vous offrir la possibilité de souscrire à un produit investissant exclusivement dans le marché monétaire en euro (Sicav monétaire). Le risque spéculatif lié est ici réduit.
  • Votre prestataire vous propose aussi un ou plusieurs produits de placement investis dans des fonds d’investissement ou des OPC se caractérisant généralement par une formule d’investissement mixte en actions et obligations. Plus la proportion d’actions est importante, plus le risque spéculatif est élevé. Comme déjà annoncé, la politique d’investissement de ces produits est soumise à certains plafonds absolus en matière d’investissement en actions.

Les formules dites «stock», c’est-à-dire basées sur une évaluation statique à un moment donné, fixent les plafonds de votre exposition au marché actions comme suit en fonction de votre âge:

Âge au début de l’année d’impositionExposition maximale de l’épargne accumulée au marché actions
moins de 45 ans100%
de 45 ans à 49 ans75%
de 50 ans à 54 ans50%
55 ans et plus25%

Les formules dites «flux», c’est-à-dire basées sur une évaluation dynamique pour une période donnée, fixent comme suit en fonction de votre âge la proportion maximale des versements de l’année d’imposition qui peuvent être investis en actions:

Âge au début de l’année d’impositionPart globale des versements annuels investis en action
moins de 45 ans60%
de 45 ans à 49 ans40%
de 50 ans à 54 ans30%
55 ans et plus20%

Que choisir?

Voilà bien une question à laquelle nous nous abstiendrons de répondre. Cela dépend de vous, de vos projets, de votre profil d’investisseur, etc.

Avant de vous renvoyer à votre banquier pour prendre une décision éclairée, nous nous contenterons ici d’attirer votre attention sur le fait que le législateur a déjà partiellement répondu à cette question de la meilleure formule. Comment? Simplement en fixant des plafonds d’exposition au marché actions. Plus vous êtes jeunes, plus votre épargne est encore amenée à évoluer durablement et moins elle risque d’être fortement impactée par une volatilité temporaire.

Sur le long terme, l’histoire démontre clairement qu’une formule plus dynamique (Alternative 2) génère des rendements sensiblement supérieurs à l’approche conservatrice (Alternative 1). Gardez toutefois en tête que, selon la formule consacrée, «les performances passées ne préjugent pas des performances futures». Pour plus d’information sur le régime de prévoyance vieillesse (article 111bis L.I.R.), vous pouvez vous référer à la circulaire très complète du directeur des contributions du 2 novembre 2017.