Entreprise: optimisez vos chances d’obtenir un crédit
Le financement bancaire est indispensable pour le développement de votre entreprise. Pour en bénéficier, votre banque va analyser en détail votre activité et vos états financiers. Elle a besoin d’évaluer les risques et de s’assurer que vous serez en mesure de la rembourser. Quels éléments vont être examinés et comment ficeler au mieux votre dossier? myLIFE vous donne quelques conseils pour optimiser votre demande de crédit.
Propriétaire d’un magasin de décoration, Mélissa voudrait réaménager sa boutique et revoir son concept de vente en proposant un espace «café – détente» à ses clients. Pour concrétiser son projet et concevoir ce coin café, elle envisage de changer la répartition des espaces de vente, d’embaucher une personne supplémentaire, de trouver de nouveaux fournisseurs et d’affiner sa stratégie de communication. Selon ses premières estimations, cela va nécessiter des travaux de réaménagement (sols, peintures, cloisons, plomberie, etc.), mais aussi l’achat d’équipements (comptoir, tables, fauteuils, vaisselle, machine à café professionnelle, réfrigérateur, etc.). Il faudra également qu’elle adapte son site Internet, crée une carte pour ses boissons, etc.
Elle décide d’aller voir son banquier pour lui présenter son projet et solliciter un coup de pouce pour le financement de ce beau projet. Si la commerçante s’entend plutôt bien avec son chargé de relation, elle aimerait mettre toutes les chances de son côté pour que sa requête soit acceptée.
Elle sait d’ores et déjà que plusieurs éléments vont être passés en revue: le business plan de son projet, les chiffres de l’entreprise, sa capacité d’autofinancement, les garanties qu’il peut proposer, etc. Afin d’aider Mélissa à préparer au mieux son dossier de demande de crédit, passons en revue les principaux critères d’évaluation qui vont être examinés.
| Différents types de prêts bancaires
Les banques proposent plusieurs types de prêts bancaires pour répondre aux besoins des professionnels. Le choix de l’une ou de l’autre solution de financement dépend du projet et des besoins à couvrir: création ou reprise d’entreprise, achat de locaux, d’équipements, financement de fonds de roulement, investissement, etc. Le financement peut alors prendre la forme d’un prêt immobilier, d’un crédit d’investissement, d’affacturage, d’un crédit de caisse, d’un crédit-relais, de solutions de leasing, etc. Renseignez-vous auprès de votre chargé de relation pour connaître les options dont vous disposez. À signaler également qu’il existe des subsides étatiques susceptibles de limiter partiellement certains besoins en financements externes si les conditions d’attribution sont remplies. |
1. L’entreprise et l’historique de la relation bancaire
Avant toute chose, la banque a besoin de bien connaître l’entreprise: son statut juridique, son secteur d’activité, le profil et l’expérience professionnelle de son dirigeant, le nombre d’associés, ses clients, fournisseurs, etc. Le but est de s’assurer de la viabilité de l’activité.
Dans la situation de Mélissa, cette étape devrait être rapide. Son conseiller et elle se connaissent depuis plusieurs années. Leur relation a démarré lorsqu’il l’a accompagnée au moment du lancement de son activité et Mélissa a toujours fait preuve de sérieux dans la gestion de ses obligations financières.
Son banquier va néanmoins procéder au contrôle de l’historique de leur relation bancaire: bonne tenue de la trésorerie, respect des échéances, présence d’impayés, qualité des échanges, etc. Il confirme ainsi le sérieux de Mélissa et la bonne administration de son entreprise.
Si les conditions d’octroi d’un crédit varient d’un établissement à l’autre, elles dépendent aussi du lien de confiance existant entre la banque et son client.
Si les conditions d’octroi d’un crédit varient d’un établissement à l’autre, elles dépendent aussi du lien de confiance existant entre la banque et son client. Même si le banquier de Mélissa n’est pas le seul à prendre la décision d’accorder ou non le prêt, la bonne relation entre les deux parties pèsera positivement dans la balance lorsque ce dernier défendra le dossier de Mélissa devant le comité de crédit de la banque.
=> En amont de sa demande et en vue de ces contrôles, Mélissa peut veiller à soigner la gestion de ses comptes. Maintenir un flux régulier d’activité, ne pas dépasser les limites de découvert ou encore éviter les incidents de paiement sont autant d’indicateurs qui jouent positivement en sa faveur.
2. Le projet et le business plan
Mélissa va devoir expliquer le projet à son conseiller bancaire et lui remettre un business plan détaillé. Elle doit le convaincre de l’intérêt de son idée en lui présentant ses objectifs stratégiques et le plan d’action à mettre en place. C’est aussi dans ce document qu’elle estimera ses besoins financiers, ressources et résultats prévisionnels. Elle pourra également présenter une étude de marché, ainsi qu’une analyse SWOT de son nouveau concept. Ce document permettra à la banque d’évaluer la faisabilité et la viabilité économique de son projet. Mélissa doit veiller à rester claire, structurée et concise pour bien faire comprendre les éléments présents dans son dossier.
=> Notre commerçante peut s’inspirer d’une structure type de business plan pour élaborer son document et, si besoin, demander conseil à des spécialistes en s’adressant par exemple à la House of Entrepreneurship ou à la Chambre des Métiers.
La banque va examiner en détail la santé financière de l’entreprise de Mélissa et l’évolution de ses résultats sur les derniers exercices.
3. La santé financière de l’entreprise
Avant d’accorder un financement, la banque va examiner en détail la santé financière de l’entreprise de Mélissa et l’évolution de ses résultats sur les derniers exercices. Cette analyse lui permet d’évaluer le niveau de risque associé à la demande de crédit et de s’assurer que son commerce sera capable de générer des revenus suffisants pour garantir le remboursement de l’emprunt.
Pour prendre sa décision et définir les caractéristiques du crédit (montant, durée, taux, garanties, etc.), elle va calculer et analyser différents indicateurs financiers:
> Le chiffre d’affaires (CA): c’est l’un des premiers indicateurs analysés. Il reflète l’évolution du niveau d’activité économique de l’entreprise. La banque va étudier les bilans comptables et les comptes de résultats des derniers exercices. Selon la nature du projet, elle aura aussi besoin d’une prévision du chiffre d’affaires attendu.
> La capacité d’autofinancement (CAF): elle évalue la capacité de l’entreprise à générer des ressources financières par son activité, sans solliciter de financements externes. Elle permet d’estimer sa rentabilité et le niveau de trésorerie pouvant être affectée au remboursement des mensualités de l’emprunt. La CAF est aussi utilisée pour calculer la capacité de remboursement de l’entreprise.
> Le taux d’endettement: il compare les dettes financières aux capitaux propres de l’entreprise. Cet indicateur permet d’apprécier la solvabilité de l’entreprise et de déterminer si elle peut supporter un nouveau crédit.
> Les besoins en fonds de roulement (BFR): le banquier va étudier le montant des liquidités nécessaires à Mélissa (avant de percevoir ses recettes) pour couvrir ses dépenses courantes et assurer le bon fonctionnement de son entreprise: approvisionner le stock, payer les fournisseurs, verser les salaires des employés, etc.
> L’excédent brut d’exploitation (EBE): il détermine la richesse brute produite par l’entreprise sur une période donnée (sans tenir compte de sa politique de financement, d’amortissement ou de ses dépenses exceptionnelles). Il informe sur la rentabilité économique de l’entreprise et sa performance opérationnelle.
=> Monter un dossier de demande de financement est un exercice exigeant qui nécessite rigueur et minutie. Mélissa ne doit pas hésiter à solliciter l’aide d’un expert, comme son comptable par exemple, pour présenter de manière claire et argumentée la situation financière de son entreprise.
Plus l’investissement financier personnel est important, plus cela démontre l’implication de l’entrepreneur.
4. L’investissement financier personnel
L’apport personnel et les fonds propres (capitaux propres de l’entreprise) injectés dans le projet, jouent également un rôle dans la décision d’accorder ou non le prêt, notamment lorsqu’il s’agit d’une création de société. Plus l’investissement financier personnel est important, plus cela démontre l’implication de l’entrepreneur. En outre, un capital plus solide réduira les risques pour la banque, ce qui améliorera les chances d‘obtenir un financement.
=> Notre commerçante ne doit pas hésiter à laisser transparaître son enthousiasme et sa confiance envers la réussite de son nouveau concept de boutique/café. Elle doit prouver qu’elle croit en son projet pour convaincre et inspirer confiance à son banquier.
5. Les garanties
Afin de sécuriser le prêt, la banque peut demander à Mélissa de lui fournir certaines garanties. Elles peuvent être différentes selon le besoin de financement, le niveau de risque évalué par la banque, la présence ou non d’un apport personnel, les résultats de l’entreprise, etc.
Les principales garanties qui peuvent être réclamées dans le cadre d’un prêt bancaire professionnel sont les suivantes:
> Un nantissement ou gage sur un bien mobilier: marchandises, matériel de l’entreprise, droit au bail, valeur mobilière, parts sociales, etc. En cas de défaut de paiement, l’établissement financier peut demander à saisir les biens nantis.
> Une caution personnelle du chef d’entreprise. En cas de non-paiement des mensualités, ce sera au dirigeant de rembourser la banque sur son patrimoine privé.
> Une caution par un organisme spécialisé, comme la Mutualité de Cautionnement ou la Mutualité des P.M.E. au Luxembourg, par exemple. Elles s’adressent aux petites et moyennes entreprises qui ne possèdent pas suffisamment de biens pour couvrir le remboursement de la dette. En cas de difficultés de paiement, c’est l’organisme qui est chargé de rembourser les échéances.
> Une hypothèque dans le cas d’un achat immobilier. En cas de défaillance de l’entreprise, la banque pourra saisir le bien et le vendre pour couvrir la dette.
Bien qu’elles ne soient pas systématiquement demandées, ces garanties vont permettre de rassurer le banquier en apportant une sécurité supplémentaire. Cela peut ainsi contribuer à influencer positivement l’accord de prêt et ses conditions.
=> En principe, la banque va exiger que Mélissa prenne une assurance emprunteur. Cette assurance ne doit pas être confondue avec la garantie. Elle permet de couvrir l’établissement bancaire, mais aussi de protéger l’entreprise de Mélissa et ses héritiers en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité.
| Les conditions de financement influencées par Bâle IV
Les accords de Bâle IV ont été instaurés pour stabiliser le secteur bancaire face aux risques de crise financière. Ils imposent aux banques un certain nombre de règles, visant à optimiser les méthodes d’évaluation des risques de crédit et à renforcer les exigences en matière de fonds propres. Ces règlementations impactent ainsi directement les conditions d’accès aux solutions de financement pour les entreprises. |
Mélissa a désormais toutes les cartes en main pour constituer un dossier de demande de financement solide dans lequel elle pourra démontrer la viabilité de son projet, la solidité financière de son entreprise et sa capacité à assumer ses remboursements. Elle ne doit pas hésiter à contacter préalablement son chargé de relation afin de connaître les éléments précis dont il a besoin pour constituer son dossier interne. Plus sa demande sera complète et minutieusement préparée, plus elle augmentera ses chances d’obtenir un financement adapté à son projet. Bonne chance à elle!
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