Mes finances, mes projets, ma vie
28 janvier 2023

Définir clairement ses objectifs et besoins

La route vers la liberté financière nécessite une approche à plus long terme

Qu’est-ce que la liberté financière ? Il n’existe pas de réponse universelle à cette question. Elle pourrait par exemple être définie comme le fait de disposer d’économies et de ressources en suffisance pour mener votre vie comme vous le souhaitez, mais aussi pour faire en sorte que votre argent « travaille pour vous », notamment sous la forme d’intérêts, de dividendes de vos placements, de revenus locatifs ou encore de droits d’auteur.

Sur le chemin de la liberté financière, le plus important est de dépenser et d’investir intelligemment en ayant conscience que cela demande de réels efforts, beaucoup de discipline et des années, voire des décennies, de patience. Malheureusement, il n’existe pas de formule magique. Avant de se mettre en route, il est toutefois essentiel de savoir où l’on veut aller. Une fois les objectifs fixés, les étapes intermédiaires, à court et long terme, peuvent être déterminées.

Contrôler le niveau d’endettement

La liberté financière passe en premier lieu par une bonne gestion des ressources disponibles. Établissez le budget de votre foyer afin de bien comprendre votre situation financière et de gérer vos dépenses de manière rationnelle. Premier objectif à atteindre : vos revenus doivent être supérieurs à vos dépenses. Ici, nous ne saurions trop insister sur la nécessité de bien gérer non seulement vos dépenses, mais aussi votre niveau d’endettement. Vous devez conserver la maîtrise de vos dettes et les limiter autant que possible si vous souhaitez parvenir un jour à la liberté financière.

Lorsque vous établissez votre budget, il vous faut tout d’abord déterminer le total des dépenses considérées comme indispensables, c’est-à-dire les charges fixes (loyer, eau, électricité) et les frais liés aux besoins élémentaires (nourriture, hygiène, etc.). En déduisant celles-ci de vos revenus, vous obtiendrez la somme disponible pour épargner, rembourser vos dettes ou vous faire plaisir. Un conseil : évitez les achats impulsifs et assurez-vous que les factures soient toujours payées à temps.

Penser en termes de budget annuel

Pour obtenir une bonne vue d’ensemble, il vaut mieux définir un budget annuel plutôt que d’innombrables petites catégories de dépenses mensuelles. Vous pouvez par exemple ouvrir un compte dédié aux loisirs (restaurant, vacances, etc.), aux événements extraordinaires (remboursements d’impôts, dépenses imprévues) et autres dépenses importantes anticipées.

Pour atteindre la liberté financière, il existe une règle d’or : payez-vous en premier !

Il peut en outre s’avérer utile de créer un ordre permanent entre votre compte courant et le compte destiné aux dépenses plus importantes. Au fil du temps, ce dernier pourra entre autres servir à financer des rénovations coûteuses ou à payer des factures imprévues. Si vous envisagez également de transférer des remboursements d’impôts ou d’autres avoirs sur ce compte, vous pourrez à n’en pas douter l’utiliser pour financer des vacances d’exception en famille, voire en vue de disposer d’un apport suffisant pour l’achat d’une maison.

La tenue d’un registre écrit de vos dépenses n’a rien d’une pratique démodée. Au contraire : il s’agit d’une option utile pour gérer vos finances personnelles. Les adeptes du numérique pourront à cet égard se tourner vers des applications et outils dédiés, qui permettent généralement de classer les dépenses par catégorie et vous alertent en cas de dépassement des limites définies.

Fixer un taux d’épargne

Si le fait de ne pas dépasser votre budget représente un premier pas vers la liberté financière, réussir à vivre en deçà peut vous aider à bâtir et accroître votre patrimoine. La réduction de vos dépenses est un moyen efficace pour atteindre la liberté financière, et ce quel que soit votre salaire. Souvent, de petits ajustements suffisent, par exemple en distinguant l’essentiel (ce dont vous avez réellement besoin) du superflu (ce dont vous avez envie).

Pour atteindre la liberté financière, il existe une règle d’or : payez-vous en premier ! Cela signifie que, sur la base du budget mensuel disponible, vous prélevez en premier lieu une portion destinée à bâtir cette autonomie financière (via de l’épargne, un portefeuille d’investissement, etc.). Vous vous fixez ainsi des priorités d’utilisation de l’argent effectivement disponible après avoir assuré vos besoins élémentaires. Idéalement, c’est au moins 15-20 % de vos revenus qui doivent être consacrés à cet objectif, voire davantage (cf. la règle des 50/30/20). Si c’est trop, commencez avec un niveau adapté à votre situation actuelle. Le plus important est de consacrer systématiquement une partie de vos moyens à l’accomplissement de vos objectifs à long terme. Honorez vos dettes dès le début du mois et prévoyez aussi le retrait d’un certain montant pour faire face aux dépenses imprévues.

Investir au lieu d’épargner

L’épargne seule étant particulièrement peu rentable depuis quelques années, il est recommandé d’investir dans des actions, dans l’immobilier ou dans d’autres produits d’investissement. Pour trouver une approche correspondant à votre profil d’investisseur et à vos objectifs, il est important d’être accompagné par des professionnels de la finance, voire du droit, de la fiscalité ou encore de l’immobilier.

Opter pour un suivi professionnel des placements signifie simplement faire appel à un expert pour vous conseiller ou pour gérer à votre place tout ou partie des actifs financiers destinés à l’investissement. En fonction du profil d’investissement, deux options principales s’offrent à vous :

    • le contrat de conseil, dans le cadre duquel vous confiez à un expert la responsabilité de vous informer et de faciliter votre prise de décision ;
    • la gestion discrétionnaire, par le biais de laquelle vous confiez à un expert la mission d’effectuer des placements dans le cadre d’une stratégie définie conjointement au préalable.

Une partie des revenus doit systématiquement être affectée à des objectifs à long terme.

La plupart des grandes banques luxembourgeoises proposent les deux possibilités, qui, contrairement à une idée courante, ne s’adressent pas uniquement aux clients de banque privée.

Vers le succès avec la règle des 50/30/20

Il n’est pas toujours évident de bien gérer son budget. Factures, courses, remboursement des crédits, dépenses liées aux enfants, achats plaisir, etc. : il vous arrive de ne plus savoir où vous en êtes. Souvent, c’est alors votre épargne qui en pâtit. Pour optimiser et simplifier la gestion de vos finances, vous pouvez opter pour la règle des 50/30/20. Popularisée par l’experte financière et sénatrice américaine Elizabeth Warren dans son livre All Your Worth : The Ultimate Lifetime Money Plan, publié en 2005, cette méthode simple vous aide à établir un budget sain et équilibré. Il existe bien évidemment d’autres méthodes, l’essentiel étant de choisir celle qui vous convient le mieux.

50 % de vos revenus sont consacrés aux dépenses liées à vos besoins essentiels et vos obligations financières, 30 % sont alloués aux achats plaisir et à vos loisirs, et enfin 20 % sont dédiés à l’épargne et à l’investissement. Bien utilisée, la règle des 50/30/20 offre des avantages décisifs en permettant de couvrir les besoins de base, de profiter de la vie et, en plus, de se constituer une épargne. Selon la réalité de vos revenus, la part des achats plaisir peut être réduite au profit des besoins de base.

Un exemple concret pour terminer

Prenons l’exemple d’Olivia. Cette jeune trentenaire est récemment devenue maman d’un petit Mathéo. Jusqu’à présent, elle n’a jamais vraiment été attentive à la manière dont elle dépensait son salaire. Lorsqu’il lui restait de l’argent à la fin du mois, elle le plaçait sur un compte d’épargne. Mais depuis la naissance de son fils, ses dépenses ont augmenté et elle veut gérer plus rigoureusement son budget.

Avec la règle des 50/30/20, l’épargne et l’investissement font partie intégrante du budget.

La règle des 50/30/20 pourrait aider Olivia à atteindre ses objectifs. Comment peut-elle s’y prendre concrètement ?

1. Déterminer ses revenus: Olivia répertorie et additionne l’ensemble de ses revenus mensuels (impôts déduits) : salaire, allocations, revenus locatifs, aides, etc.

2. Définir ses dépenses: elle doit ensuite noter ses dépenses des derniers mois : prélèvements automatiques, règlements par carte bancaire, paiements en espèces, etc. Tout doit être comptabilisé, même les achats les plus modestes. Si certains paiements sont effectués trimestriellement ou annuellement, elle peut calculer leur coût mensuel correspondant. L’objectif est d’obtenir un panorama de toutes ses entrées et sorties d’argent mensuelles.

3. Classer les dépenses: l’ensemble des frais doit ensuite être catégorisé : les coûts fixes et inévitables, les dépenses facultatives et flexibles (catégorie « loisirs et plaisirs »), et enfin les montants épargnés ou investis. À ce stade, la jeune maman réalisera peut-être que ses besoins essentiels absorbent plus de 50 % de son budget.

4. Adapter son budget: Olivia devra essayer d’adapter ses dépenses à la règle des 50/30/20. Elle sera particulièrement attentive au 20% dédiés à l’épargne et l’investissement car c’est le seul pilier qui lui permet de bâtir une certaine autonomie financière.

Attention : l’épargne et l’investissement ne sont souvent envisagés qu’une fois les autres postes payés. Mais avec la règle des 50/30/20, ils font partie intégrante du budget. Pour respecter le minimum de 20% d’épargne, l’on peut ainsi mettre en place, au début de chaque mois, un virement automatique de son compte courant vers un autre compte à partir duquel gérer son épargne et ses placements.

Quelques chiffres pour conclure : selon les données du Statec, les résidents du Grand-Duché ont économisé plus de six milliards d’euros en 2021. Mais dans le même temps, le poids de la dette continue d’augmenter, principalement en raison de la hausse des prix de l’immobilier. D’après les données de la CSSF, les seuls remboursements de prêts immobiliers représentaient en moyenne environ 39 % du revenu annuel disponible.