Mes finances, mes projets, ma vie
19 novembre 2018
Un monde d'opportunités, non dénué de risques

Investir dans les marchés émergents

Les « marchés émergents », également appelés « économies émergentes » ou « pays en développement », sont une appellation générique désignant des économies qui ont commencé à ressembler aux pays développés, mais qui n’en sont pas encore tout à fait au même stade de développement économique. Parmi les exemples les plus connus, citons le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (anciennement regroupés sous l’acronyme BRIC), mais il y en a beaucoup d’autres, comme la Hongrie, la Pologne, les Émirats arabes unis, la Corée… myLIFE vous fournit un bref aperçu des opportunités et des risques associés aux marchés émergents.

Opportunités

Au cours des 20 prochaines années, les marchés émergents sont appelés à devenir le moteur de la croissance mondiale. L’expansion démographique et de la classe moyenne conjuguée à une part sans cesse croissante de revenu disponible devraient conduire les économies de ces pays à poursuivre leur développement. McKinsey, l’un des plus grands cabinets de conseil, prévoit que d’ici 2025, la consommation mondiale globale atteindra 62 000 milliards de dollars (soit le double de son niveau de 2013), et que la moitié de cette hausse proviendra des pays émergents. En 2010, la « classe des consommateurs »[1] comptait 2,4 milliards d’individus, soit un peu plus du tiers de la population mondiale. D’ici 2025, le cabinet de conseil table sur 1,8 milliard de consommateurs supplémentaires dans le monde, dont la grande majorité vivra dans les régions émergentes.

En 2013, les marchés émergents concentraient déjà 59 % de la demande totale de matériaux de construction, 57 % pour le fer et l’acier et 47 % pour les machines. Mais les marchés émergents s’intègrent aussi systématiquement dans la nouvelle économie numérique. Le Boston Consultancy Group relève que plus d’un tiers des « licornes »[2] provient des marchés émergents.

(…) les marchés émergents offrent non seulement une opportunité d’investissement structurel intéressant sur le long terme, mais ils procurent également aux investisseurs l’avantage supplémentaire de la diversification.

Naturellement, cela signifie que les possibilités d’investissement au sein de ces pays à croissance rapide sont nombreuses. Les marchés émergents offrent non seulement une opportunité d’investissement structurel intéressant sur le long terme, mais ils procurent également aux investisseurs l’avantage supplémentaire de la diversification. Ils sont généralement moins perméables aux événements qui se produisent dans les pays développés et peuvent donc, dans certains cas, offrir une certaine forme de protection contre les turbulences du marché intérieur…

Pour beaucoup d’investisseurs, cependant, la difficulté se situe dans l’identification des opportunités lucratives de ces marchés, qui peuvent parfois être opaques et tourmentés.

Risques

Un investissement dans les marchés émergents est généralement plus risqué que sur les marchés développés. De manière générale, les premiers nommés n’égalent pas les économies avancées (comme les États-Unis, l’Europe et le Japon) en termes d’efficacité du marché, de normes comptables et de réglementations strictes portant sur les valeurs mobilières. En réalité, les marchés boursiers des pays émergents ont tendance à être plus volatils et moins diversifiés, et leurs entreprises à afficher une gouvernance d’entreprise moins robuste.

Ces pays ont été confrontés, et continuent de l’être, à des régimes imprévisibles, à des politiques peu orthodoxes de la part des banques centrales et – parfois – à des niveaux d’emprunt qui semblent insoutenables.

Les fluctuations monétaires ajoutent une couche d’incertitude supplémentaire, ce qui signifie que les investisseurs doivent se montrer particulièrement attentifs au type d’instrument qu’ils choisissent d’acheter.

En dépit de ces différents risques, les pays en développement connaissent un essor fulgurant et après plusieurs années d’incertitude, parsemées de vulnérabilités externes et de vents contraires sur le plan économique, ils commencent à se montrer plus solides.

En dépit de ces différents risques, les pays en développement connaissent un essor fulgurant et après plusieurs années d’incertitude, parsemées de vulnérabilités externes et de vents contraires sur le plan économique, ils commencent à se montrer plus solides.

La décision d’investissement

La plupart des investisseurs reconnaissent le potentiel des marchés émergents, mais sont perplexes lorsqu’il s’agit de trouver l’approche d’investissement appropriée. Les marchés émergents sont extrêmement hétérogènes, répartis sur 4 continents, 20 fuseaux horaires et se déclinent dans une foule de devises. Pour l’investisseur, il est impératif de bien saisir le fonctionnement des autorités locales, les nuances nationales, l’économie et le marché des pays dans lesquels il souhaite investir.

Il y a lieu également de s’informer correctement sur les véhicules d’investissement disponibles et leurs caractéristiques distinctives. Quatre grandes catégories d’actifs sont à prendre en considération lorsqu’on examine les marchés émergents : les actions émergentes, les obligations en monnaie locale, les obligations en devises fortes, les obligations d’entreprises.

Les actions émergentes

Les actions émergentes permettent de se porter acquéreur d’actions d’un éventail de plus en plus large d’entreprises, parmi une foule de secteurs. L’indice MSCI Emerging Markets se compose de 1 137 entités réparties dans 24 pays. Les économies émergentes étaient autrefois axées sur les exportations de produits de base, mais aujourd’hui, beaucoup d’entre elles se tournent vers des économies de services. Les entreprises des secteurs des soins de santé, de la technologie et de la consommation ont gagné en importance, et l’univers des entreprises émergentes s’est considérablement élargi.

Historiquement, la volatilité des actions émergentes a toujours été plus élevée et les pertes plus importantes que pour les actions des marchés développés, ce qui reflète les risques inhérents à la catégorie d’actifs. Pourtant, l’allocation d’une partie d’un portefeuille aux actions émergentes a toujours contribué à améliorer le rendement global ajusté en fonction du risque des portefeuilles d’actions.

S’il est essentiel de bien comprendre et d’apprécier les risques de la classe d’actifs (une tâche qui semble en décourager certains), les avantages potentiels de la diversification associés à l’investissement dans des sociétés situées dans certaines des économies les plus dynamiques du monde représentent à coup sûr une opportunité à ne pas rater.

Les investisseurs doivent également comprendre que les actions émergentes sont bien différentes de ce qu’elles étaient il y a quelques années. Non seulement les facteurs propres à chaque pays sont devenus plus importants, mais la répartition sectorielle a radicalement changé en raison de l’impact du boom de la consommation.

La dette émergente a toujours offert des rendements à long terme supérieurs à ceux des marchés développés afin de compenser les investisseurs pour le risque supplémentaire inhérent à cette classe d’actifs.

Dette émergente

Les obligations des marchés émergents sont les obligations émises par les gouvernements (emprunts souverains) ou les sociétés des pays en développement des quatre coins du globe. La dette émergente a toujours offert des rendements à long terme supérieurs à ceux des marchés développés afin de compenser les investisseurs pour le risque supplémentaire inhérent à cette classe d’actifs. En plus d’offrir un rendement accru, l’obligataire émergent présente un certain nombre d’avantages en termes de diversification, cette catégorie d’actifs ayant toujours affiché une faible corrélation avec la dette des marchés développés. Il existe deux grands types d’obligations émergentes : celle en devise locale, qui est libellée dans la monnaie du marché en question, et celle en devise forte – libellée en USD ou dans une autre monnaie de réserve (normalement l’euro ou le yen).

Dette émergente en devise locale

Les marchés locaux de la dette sont réputés offrir un différentiel de rendement très intéressant. Les obligations émergentes en devise locale peuvent également présenter des avantages de diversification à long terme, car elles procurent une exposition aux monnaies locales émergentes. Elles sont du reste moins exposées aux relèvements des taux d’intérêt dans les pays développés. La dette en monnaie locale peut, à plus long terme, constituer un autre moyen de tirer parti de la forte croissance économique et de l’amélioration des finances des pays émergents. Tout dépendra bien entendu de votre propre tolérance au risque, les monnaies émergentes pouvant s’avérer très volatiles.

Dette émergente en devise forte

Un investisseur achète des instruments de dette émergente en devise forte dans une devise de réserve, réduisant ainsi le risque de change. Le rendement est généralement calculé comme étant celui des bons du Trésor américain de même échéance (pour les obligations libellées en USD), majoré d’un spread visant à compenser le risque supplémentaire lié à l’investissement dans l’émetteur de l’emprunt obligataire émergent. Cela signifie que la performance d’un portefeuille de dette émergente en devise forte est déterminée par une combinaison des variations de taux d’intérêt et des fluctuations des spreads.

Obligations d’entreprises des marchés émergents

Les émetteurs privés d’emprunts obligataires émergents proviennent des quatre coins du globe, ce qui signifie que cette classe d’actifs est soumise à des environnements politiques, réglementaires et d’entreprises très variés. Cela implique également une plus grande diversité parmi les moteurs de rendement.

Une étude Moody’s souligne que, de 1998 à 2017, le taux annuel moyen de défaillance des entreprises dans les économies avancées était de 2,4 %, contre 3,7 % dans les économies émergentes.

Alors que cette classe d’actifs est généralement réputée présenter un risque de défaut plus élevé, il est intéressant de remarquer que le taux de défaillance entre les économies des pays émergents et les économies avancées n’est en réalité pas si différent. Une étude Moody’s souligne que, de 1998 à 2017, le taux annuel moyen de défaillance des entreprises dans les économies avancées était de 2,4 %, contre 3,7 % dans les économies émergentes. Toutefois, la différence est en grande partie attribuable au début de la période examinée, c’est-à-dire au moment où les crises souveraines sur les marchés émergents avaient entraîné des taux de défaillance record dans ces pays.

Et malgré le fait que la dette émergente soit souvent associée au risque de crédit et au risque politique, sa faible corrélation avec les obligations des marchés développés confère à ce type de placement une protection contre le risque de taux d’intérêt et en fait un précieux outil de diversification.

Conclusion

Le présent article n’aborde que la partie immergée de l’iceberg dans ce qui constitue un marché complexe et diversifié. Les investisseurs devront donc s’assurer qu’ils ont l’acuité nécessaire pour évaluer efficacement les risques et le rendement potentiels de leur investissement, tout comme ils envisageront de faire appel un expert en la matière. Celui-ci sera également en mesure d’établir des recommandations adaptées au profil de risque, aux objectifs et à l’horizon de placement de chacun. Il y a également lieu de considérer la façon dont d’autres catégories d’actifs interagissent au sein du portefeuille d’un investisseur.

Les investisseurs seraient bien avisés d’envisager une approche dynamique de l’investissement, dans plusieurs catégories d’actifs, sur les marchés obligataires et des actions, de manière à exploiter les opportunités les plus séduisantes dans chacun d’entre eux. Ils envisageront aussi des opportunités à long terme pour profiter de la croissance des marchés émergents sur le long terme.

Une dernière mise en garde : bien que les opportunités dans les marchés émergents paraissent souvent abondantes, il faudra garder à l’esprit que les actifs de ces marchés – actions et obligations – ont toujours été parmi les premiers à souffrir lorsque la volatilité fait son retour sur les marchés mondiaux. De plus, il est important de se souvenir que ni les prévisions ni les performances passées ne sont des indicateurs fiables des résultats ou performances futurs.

[1] Personnes dont le revenu disponible est supérieur à 10 USD par jour.
[2] Entreprises dont la valeur marchande est supérieure ou égale à un milliard de dollars, dans le cadre d’un investissement privé ou public.