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18 avril 2024

Les entreprises ont besoin des bons partenaires

Selon Daniel Haag, « Global Head of Corporates » à la BIL, les entreprises doivent pouvoir s’appuyer sur des partenaires de confiance lorsqu’il y a des décisions essentielles à prendre. Des interlocuteurs qui possèdent les connaissances techniques nécessaires et dont les compétences peuvent faire la différence. Se savoir bien entouré aide les entrepreneurs à garder la vue d’ensemble et à tenir le cap, même en période de turbulences.

Monsieur Haag, à quoi faut-il faire particulièrement attention lorsque l’on souhaite lancer son entreprise ? Est-ce la « bonne idée » qui compte avant tout ?

C’est évidemment un prérequis et celle-ci doit faire sens sinon ce n’est pas la peine de se lancer. Mais cela ne suffit pas. Dans la phase de démarrage, il faut avant tout un soutien adéquat et la confiance nécessaire. Les amis, la famille et l’accompagnement de certains experts si nécessaires jouent un rôle central. La banque également.

Outre la bonne idée, un entrepreneur doit savoir très tôt ce qu’il entend commercialiser, de quelle manière et auprès de quelle cible. Cela implique aussi pour lui d’être au clair sur ce que cela présuppose en termes de finances et d’organisation, tant pour lui-même que pour son entreprise. Il faut avoir une bonne vue d’ensemble et un plan précis pour concrétiser l’idée. D’ailleurs, en ce qui concerne les idées de business, ce ne sont pas forcément les meilleures qui rencontrent le succès économique. Il faut que toutes les conditions soient réunies et que l’environnement soit favorable.

Est-ce le cas pour le Luxembourg ?

En matière de création d’entreprises, il s’est passé beaucoup de choses au Luxembourg au cours des dix dernières années. Il y a de bonnes idées, de bons modèles d’entreprise et un environnement favorable. Le Luxembourg dispose du potentiel nécessaire pour répondre aux attentes des entrepreneurs.

En cas de crise persistante, comment puis-je me préparer et optimiser mes liquidités ? Quels sont les principaux risques liés à la gestion des liquidités ?

Optimiser ses liquidités, c’est avant tout savoir anticiper. Un entrepreneur doit pouvoir planifier ses dépenses et ses recettes dans une perspective à long terme. Non seulement par rapport à la saisonnalité éventuelle de son activité, mais aussi en gardant toujours à l’esprit que des événements imprévisibles et des crises peuvent toujours survenir. Le passé récent nous a rappelé avec force qu’une bonne planification reste l’alpha et l’oméga en matière de liquidités. Celui qui sait où il doit aller au cours des douze prochains mois va de l’avant avec un net avantage. Par ailleurs, cela le place dans une position plus confortable lorsqu’il s’agit d’interagir avec sa banque et de discuter de financements.

Le leasing peut être un moyen de financement intéressant pour les créateurs d’entreprise. Comment cela fonctionne-t-il et quand est-il indiqué d’y recourir ?

Dans le leasing, c’est l’objet lui-même qui constitue la garantie auprès du bailleur. C’est la principale différence avec un crédit normal, pour lequel il faut apporter des garanties. Les entreprises ont souvent des difficultés à en fournir, particulièrement dans les toutes premières phases de leur développement.

Le leasing est un moyen de financement attractif aux différentes phases du cycle de vie de l’entreprise.

Le leasing est donc particulièrement attractif pour les créateurs d’entreprise ?

Absolument, cela peut même être d’une importance capitale. Comme je l’ai dit, le leasing est une bonne option lorsque l’on ne dispose pas de suffisamment de garanties pour l’achat d’équipements et autres. C’est donc un moyen auquel de nombreux créateurs d’entreprise ont recours. Cela étant, le leasing n’est pas seulement un moyen de financement adéquat dans la phase de création. Bien au contraire, il est attractif aux différentes phases du cycle de vie de l’entreprise. C’est particulièrement vrai si le bailleur est considéré comme le propriétaire économique et fiscale de l’objet selon les critères fixés par le législateur. En effet, dans un tel cas de figure, le locataire n’a pas l’immobilisation dans son bilan commercial. Cela réduit l’endettement apparent de l’entreprise et laisse de la place pour d’autres financements court terme si besoin.

S’implanter à l’international constitue un défi pour les entrepreneurs. Qu’est-ce qui est décisif dans ce domaine ?

Il faut avoir accès aux marchés visés, avoir de l’expérience et pouvoir se reposer sur des partenaires compétents. C’est justement là que la banque peut jouer un rôle central, en collaboration avec l’Office du Ducroire Luxembourg. Par exemple en rendant possible l’implication d’un partenaire étranger pour le financement. Une banque peut en outre mobiliser son propre réseau de contacts pour aider à créer des passerelles avec d’autres entrepreneurs étrangers et générer ainsi des rencontres décisives. C’est essentiel pour parvenir à déployer son activité à l’international.

Est-il facile pour les entreprises luxembourgeoises de se développer à l’étranger ?

On ne peut pas répondre à cette question de manière générale. Tout dépend du secteur et des marchés considérés. Dans certains segments de l’économie, il est plus facile de se positionner à l’international. Le fait est que l’Europe a simplifié grandement le déploiement d’activités économiques au-delà des frontières nationales. Mais celui qui part à l’étranger doit savoir à quoi ressemblent les marchés visés, quelles sont les règles en vigueur sur place et quelles sont les nombreuses spécificités de l’environnement local.

Parlons de la diversification : pourquoi est-elle si importante pour les entrepreneurs ?

Parce que les entreprises ont besoin de se reposer sur des fondements solides et devraient avoir une certaine marge de manœuvre pour être en capacité d’agir de manière anticyclique. C’est particulièrement flagrant en période de crise. Les étapes de la diversification doivent toutefois être adaptées à chaque secteur et à chaque entreprise. La diversification n’est pas une fin en soi. En tant qu’entrepreneur, il faut aussi savoir rester concentré et conserver une vision globale de ce que l’on souhaite atteindre. Ces deux aspects sont importants pour le succès d’une entreprise. À trop vouloir diversifier, il est aussi possible de se disperser et de dévier du cap que l’on s’est fixé.

Les entrepreneurs doivent constamment s’adapter et poser des jalons pour l’avenir.

Les entrepreneurs doivent également penser à la protection sociale. Les pensions complémentaires sont-elles un moyen efficace ?

Elles constituent un moyen éprouvé lorsqu’il s’agit de planifier à long terme. Tout entrepreneur devrait toujours être prêt à exploiter les moyens mis à sa disposition et à poser des jalons solides pour l’avenir. Cela implique bien entendu d’assurer sa propre sécurité financière et de préparer soigneusement l’après. Dans cette optique, les pensions complémentaires sont un bon moyen de prévoyance. Mais elles ne constituent qu’un moyen parmi d’autres. Une bonne stratégie de diversification dans le domaine des finances privées s’impose également comme un must pour bien préparer l’avenir.

Daniel Haag

En tant que « Global Head of Corporates », Daniel Haag est responsable des entreprises à la BIL. Diplômé de HEC Lausanne et de la Harvard Business School, Daniel Haag a rejoint la BIL en 2015 après avoir acquis une solide expérience dans les domaines du consulting et de la finance. Aider les entrepreneurs à créer, investir ou innover constitue pour lui le moteur de son engagement professionnel. À ses yeux, le Luxembourg dispose de solides atouts. Aussi et surtout pour les créateurs d’entreprise.