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18 septembre 2020

Peut-on se fier à son intuition pour ses finances ?

Qu’il s’agisse d’investir, d’acheter ou de placer vos économies, vous avez l’intuition que c’est le bon moment pour agir. Pouvez-vous suivre votre instinct ou bien l’intuition est-elle mauvaise conseillère ? Il ne s’agit pas tant de trancher pour ou contre votre intuition, mais plutôt de bien identifier les domaines et les circonstances où elle a toute sa légitimité et ceux où il est préférable d’avoir recours à un expert financier.

Parler d’intuition est toujours délicat. Entre instinct utile et illusion trompeuse, il peut être difficile de faire la différence. Dans ce contenu, myLIFE vous aide à savoir quand vous fier à votre intuition et quand il est nécessaire de s’en remettre aux conseils d’un expert pour ne pas commettre de graves erreurs dans la gestion de votre argent.

Différencier l’intuition et l’illusion de savoir

Si simple à reconnaître, l’intuition est particulièrement difficile à décrire. Beaucoup sont familiers avec leurs propres intuitions et admirent les personnes qui affichent avec confiance un certain « instinct » pour se sortir de situations complexes.

L’intuition est une capacité à atteindre une connaissance ou une compréhension directe sans intrusion apparente de pensée rationnelle ou d’inférence logique.

Produit d’un véritable bouillonnement cérébral, l’intuition est une forme de connaissance immédiate que nous n’aurions pas obtenu par un autre moyen et qui se manifeste à nous sous forme de sentiments profonds, de perceptions et d’instincts. Ceux-ci semblent donner une nouvelle vision, un sens au monde qui nous entoure. En somme, l’intuition est une capacité à atteindre une connaissance ou une compréhension directe, sans intrusion apparente de pensée rationnelle ou d’inférence logique. Cela ne signifie pas qu’elle soit totalement irrationnelle ou indigne de notre considération. On peut tout à fait se fier à une intuition experte, à condition d’être capable de ne pas la confondre avec une illusion de savoir.

Dans son dossier de finance comportementale, myLIFE vous met en garde contre toutes ces pensées irrationnelles résultant de biais cognitifs qui faussent inconsciemment notre jugement. Et nous avons vu que l’éventail de nos biais cognitifs est impressionnant. Ce que nous prenons pour de l’intuition peut être par exemple la manifestation d’un excès de confiance et d’un biais de confirmation qui consiste à ne considérer que des éléments qui confirment la validité de nos opinions et systèmes de valeurs.

Vous pourriez ainsi tellement vouloir avoir raison sur la manière de placer vos économies que, inconsciemment, vous ne considérez que les informations confirmant votre pensée afin de vous construire une histoire simple que votre cerveau assimilera sans souci. Résultat, vous substituez à la réalité complexe de l’investissement une illusion mentale totalement biaisée qui vous conforte dans vos décisions prises.

Ce que nous estimons être une intuition valable peut être en fait le résultat d’impulsions, de préjugés, d’illusions et d’influences d’éléments présents dans notre environnement. Comment faire la différence ? En s’obligeant à un examen minutieux des sentiments de certitude accompagnant notre intuition. Il faut apprendre à trier ces sentiments aussi efficacement que possible afin de surmonter toute illusion cognitive pouvant nuire au processus décisionnel.

Il existe bel et bien une intuition experte fiable, mais plusieurs conditions doivent être réunies pour permettre son émergence.

Une expertise intuitive acquise par l’expérience

Nous avons tous entendu parler de ces intuitions expertes qui font toute la différence. Il y a ce trader qui, avec la conviction de savoir ce qu’il fait, prend soudainement une nouvelle position gagnante sur un marché. Il y a ce chirurgien qui, en pleine opération, opte instantanément pour une procédure plutôt qu’une autre pour réussir à sauver la vie d’un patient. Ces cas montrent qu’il existe bel et bien une intuition experte fiable, mais plusieurs conditions sont requises pour permettre son émergence.

Tout d’abord, nos jugements instantanés sont davantage susceptibles d’être fiables dans des domaines où nous avons acquis une certaine expertise. Il ne faut pas se bercer d’illusions, ces compétences intuitives d’expert sont obtenues après des années d’expériences et de pratiques stockées dans notre cerveau. Même s’il ne le formule pas de manière explicite, un expert sait reconnaître une situation au résultat prévisible présentant une structure stable déjà rencontrée. En la circonstance, il a toutes les raisons de se fier à son instinct de professionnel.

À l’inverse, lorsque la situation est imprévisible et nouvelle, par exemple lorsque les marchés financiers sont turbulents à cause de circonstances exceptionnelles, l’intuition même « experte » a ses limites. Un expert financier capable d’humilité sait que, au lieu de se fier à son seul instinct, il convient d’être prudent et d’analyser calmement les informations disponibles avant de prendre une décision. Même un investisseur averti, expert dans son domaine se doit d’être particulièrement vigilant lorsque la situation sur les marchés devient imprévisible et qu’il y a un risque de perte en capital important.

Ainsi, l’intuition ne doit pas être confondue avec une sorte de prophétie ou de méthode Coué supposée favoriser un futur positif. Si, par le passé, vous avez plusieurs fois mal investis par vous-même sur un type de produit financier particulier, s’imaginer que vous aurez cette fois la main heureuse n’est pas une intuition, mais une dangereuse illusion. Comme l’aurait affirmé Albert Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Ici, il semble urgent de s’en remettre aux mains expertes de votre banquier plutôt que de s’obstiner.

Nos jugements experts sont également plus fiables lorsque nos émotions ne prennent pas le dessus. Si la situation génère beaucoup d’émotions, il y a danger. Ainsi, les chirurgiens n’opèrent jamais les membres de leurs familles car ils savent que sentiments et affects seront de la partie et viendront fausser leur jugement expert et diminuer leur capacité. Il peut en être de même lorsqu’on investit son propre argent, surtout si la volatilité est forte sur les marchés.

Tout comme un chirurgien laissera un collègue opérer ses proches, mieux vaut, lorsqu’il s‘agit de protéger votre patrimoine, laisser la main à un expert financier qui aura un point de vue plus détaché. Contrairement à vous, il saura garder la tête froide et vous fera bénéficier de son expérience et de sa rationalité décisionnelle.

Retenez que l’intuition est importante, mais ne doit pas être prise pour argent comptant. Ce jugement spontané doit être un point de départ pour amorcer une réflexion plus large qui devra se nourrir d’autres avis et informations pour évaluer sa validité dans un contexte précis. Il n’y a aucune honte à reconnaître son manque d’expérience ou d’expertise dans un domaine.

D’ailleurs l’expertise même de votre banquier a ses limites. S’il connaît très bien les gammes de produits qui existent et les différentes stratégies d’investissements, il n’est pas expert en trajectoire de vie. Et certainement pas expert de votre propre vie ! Reposez-vous sur son expertise financière, mais soyez très clairs sur vos ambitions et choix de vie pour l’aider à vous aiguiller vers la meilleure option possible. À chacun son domaine.

Musclez votre intuition

Et si vous deveniez expert de vous-même ! Pour cela, ne restez pas les bras croisés en attendant qu’une idée vous vienne. Activez votre intelligence intuitive afin d’arriver en rendez-vous avec votre banquier avec une vue claire sur vos choix de vie et vos aspirations. L’intuition se travaille, voire même se muscle. Par l’introspection, il vous appartient d’étudier différentes options et de mettre à l’épreuve vos croyances et convictions. Pour tester la solidité de votre intuition, forcez-vous à faire particulièrement attention aux informations contraires à celle-ci. Nous vous invitons à vous prêter au petit exercice suivant.

Étape 1 : pensez à une situation où vous vous êtes appuyé sur votre intuition et qui a abouti à un résultat positif. Quel était le contexte ? Que s’est-il passé et quel a été le résultat ? Pouvez-vous identifier les éléments qui vous ont amené à suivre votre intuition ? Décrivez-les.

Étape 2 : pensez à une situation où vous vous êtes appuyé sur votre intuition et qui a abouti à un résultat négatif. Quel était le contexte ? Que s’est-il passé et quel a été le résultat ? Pouvez-vous identifier les éléments qui vous ont amené à suivre votre intuition ? Décrivez-les.

Étape 3 : tirez-en les conclusions sur vos convictions personnelles, ainsi que sur les domaines et les circonstances où vous pouvez vous fier à votre intuition.

Ceci fait, vous êtes prêt pour discuter avec votre banquier. Mais rappelez-vous : il est l’expert financier, mais vous êtes l’expert de votre trajectoire de vie. Lorsqu’il s’agit de se faire accompagner, ne lui demandez pas « Que dois-je faire ? », mais « Comment atteindre tel ou tel objectif ? » sur base de votre situation et de vos valeurs. Ces informations font partie intégrante de votre profil d’investisseur  et l’aident à optimiser votre entretien. En effet, le profil d’investisseur intègre de votre connaissance et expérience, la capacite de supporter les pertes, les objectifs d’investissement et le niveau d’appréhension des marchés. Assurez-vous donc de lui communiquer vos objectifs précis, les valeurs personnelles qui les sous-tendent et les compromis possibles afin de minimiser les risques en fonction de votre profil.

Quoi qu’il en soit, ne perdez pas de vue que c’est vous qui avez le dernier mot. Seule votre intuition vous dira si votre choix est en harmonie avec vos valeurs profondes ! Avoir une paix profonde vis-à-vis d’une décision à prendre est toujours un élément positif.