Entrepreneur: comment se rémunérer?
Si le profit est rarement la première motivation de l’entrepreneur, celui-ci constitue généralement le sous-produit bienvenu d’une entreprise bien gérée et performante. Lorsqu’une entreprise est solidement établie et rentable, les entrepreneurs doivent décider comment structurer leur rémunération de manière efficace, en accord avec leurs besoins et la performance de la société. Lorsqu’ils réfléchissent à la rémunération, il peut être utile de prendre en compte les obligations légales, la protection sociale, les aspects de gouvernance, la trésorerie et les objectifs à long terme.*
Chaque propriétaire d’entreprise est confronté à un dilemme concernant la manière de se verser un revenu. Chaque euro dépensé en salaire ou en distribution de dividendes est un euro qui n’est pas investi dans la croissance de l’entreprise – exploiter de nouvelles opportunités, engager de nouveaux commerciaux talentueux ou développer de nouveaux marchés. D’un autre côté, chacun doit payer ses factures personnelles, quel que soit son niveau d’ambition pour son entreprise.
La structure la plus simple pour une entreprise au Luxembourg est l’entreprise individuelle, c’est‑à‑dire exercer en tant qu’indépendant. Ici, la décision sur la manière de retirer de l’argent de l’entreprise est simple. Le revenu revient directement au propriétaire de l’entreprise et est imposé comme revenu personnel, à des taux allant de 0 à 42% (hors contribution dépendance), et déclaré dans la déclaration fiscale personnelle. Le propriétaire de l’entreprise est responsable des cotisations de sécurité sociale employeur et employé.
Pour les indépendants, les choix de rémunération sont généralement plus simples, même si des considérations administratives et comptables demeurent. L’impôt est dû à la date de perception du revenu, de sorte que les entreprises n’ont pas besoin d’envisager des stratégies de calendrier pour leur rémunération. Les seules vraies variables seront la date d’émission des factures et l’enregistrement des dépenses. Bien que généralement plus simple qu’une structure sociétaire, l’indépendant doit tout de même tenir compte des obligations fiscales, des règles TVA, des dépenses professionnelles admises et des cotisations de sécurité sociale.
Plus d’options pour les sociétés à responsabilité limitée (SARL)
Cependant, la plupart des entrepreneurs préfèrent la structure d’une société à responsabilité limitée, ou SARL, qui représente environ deux tiers des entreprises au Luxembourg. Il est également possible d’utiliser la structure de SARL simplifiée, une alternative à faible coût pour les micro‑entreprises jusqu’à cinq salariés, avec des exigences de capital plus faibles et moins de contraintes administratives.
Le propriétaire d’une SARL ou d’une SARL simplifiée dispose de plus de flexibilité dans la manière dont il se rémunère.
Le propriétaire d’une SARL ou d’une SARL simplifiée dispose de plus de flexibilité dans la manière dont il se rémunère. La société est juridiquement distincte de son propriétaire. La société paiera l’impôt sur le revenu des collectivités au Grand‑Duché sur son bénéfice, dont le taux était en 2025 de 23,9% à Luxembourg‑Ville, incluant l’impôt commercial communal (taux réduit applicable aux petites entreprises et micro‑entreprises). Les dépenses professionnelles admises (c’est‑à‑dire les coûts nécessaires et directement liés à l’exploitation) peuvent être déduites du revenu, réduisant la base imposable de la société. Les propriétaires doivent veiller à ne déclarer que de vraies dépenses professionnelles et éviter de mélanger dépenses personnelles et dépenses de l’entreprise.
Ensuite, un propriétaire doit choisir entre se verser un salaire ou des dividendes. Les salaires sont considérés comme des dépenses professionnelles déductibles sous certaines conditions, ce qui réduit le bénéfice imposable de la société. Lorsqu’il est perçu par l’entrepreneur, le salaire est soumis à l’impôt sur le revenu des personnes physiques et aux cotisations de sécurité sociale, comme tout autre revenu d’emploi. Le propriétaire peut ajuster le niveau de son salaire en fonction de la trésorerie, des obligations légales, de ses besoins en protection sociale et de la stabilité financière globale, la fiscalité n’étant qu’un élément parmi d’autres.
Les dividendes perçus par un propriétaire d’entreprise sont généralement soumis à une retenue à la source, puis imposés comme revenus de capitaux, le traitement exact dépendant du statut fiscal de la société et de la situation personnelle de l’actionnaire.
Distribution de bénéfices sous forme de dividendes
L’alternative consiste à distribuer les bénéfices sous forme de dividendes. Versés à partir du bénéfice de la société, les dividendes ne sont pas déductibles du revenu imposable de l’entreprise. Les dividendes sont généralement soumis à une retenue à la source et sont ensuite imposés dans la déclaration d’impôt personnelle du propriétaire, en tant que revenus de capitaux. Dans la plupart des cas, seule une partie du dividende est incluse dans le revenu imposable grâce à des exonérations destinées à limiter la double imposition économique, tandis que le reste est imposé aux taux progressifs (allant de 0 à 42%, hors contribution dépendance). Le traitement fiscal exact dépendra du statut fiscal de la société et de la situation personnelle de l’actionnaire.
Les dividendes peuvent offrir une certaine flexibilité, puisqu’ils peuvent être distribués de manière ponctuelle selon les fluctuations de l’activité. Toutefois, leur distribution dépendra des bénéfices distribuables, des règles de gouvernance et de la santé financière de la société, et devra toujours tenir compte des besoins financiers et de protection sociale plus larges du propriétaire.
Ambition à long terme
Les calculs seront propres à chaque individu et à chaque société. Les ambitions à long terme de l’entrepreneur constituent également un facteur à considérer. S’il souhaite conserver de l’argent dans l’entreprise pour investir dans une croissance future, il peut préférer se verser un salaire plus faible et aucun dividende. Si la société est davantage une entreprise de services avec peu ou pas d’investissement initial, un modèle « revenu entrant, dividendes sortants » peut être pertinent.
Certains conseillers notent qu’au‑delà d’un certain niveau de revenu, une SARL peut offrir plus de flexibilité selon l’activité, le risque, les besoins de gouvernance et les circonstances personnelles, tout en garantissant que les biens personnels sont protégés contre les risques financiers de la société. Des coûts administratifs supplémentaires s’appliquent à la création d’une SARL, mais ces dépenses en valent généralement la peine pour des niveaux de revenu plus élevés.
La bonne combinaison n’est peut‑être pas l’un ou l’autre, mais une combinaison des deux. Par exemple, un propriétaire peut vouloir se verser un certain salaire, peut‑être pour couvrir des dépenses personnelles de base et maintenir un niveau de cotisations sociales, mais compter sur les dividendes pour le reste de son revenu. Le salaire offre un revenu stable et une protection sociale, mais son niveau dépendra de la capacité financière de l’entreprise et des exigences légales. Les dividendes, qui nécessitent des bénéfices distribuables et une approbation formelle, peuvent être versés en fonction de la rentabilité de l’entreprise et des besoins de revenu personnel. Ils offrent de la flexibilité mais ne génèrent pas de droits à pension ou à sécurité sociale, et doivent être distribués conformément aux règles de gouvernance.
Une approche de rémunération bien réfléchie peut soutenir à la fois la stabilité personnelle et un développement durable de l’entreprise. Réexaminer la distribution des bénéfices chaque année est utile, notamment pour s’assurer que celle‑ci reste en phase avec l’évolution des performances de l’entreprise ou des circonstances personnelles.
Tout euro dépensé en salaires ou en dividendes est un euro qui n’est pas investi dans la croissance de l’entreprise. Mais quelle que soit l’ambition des entrepreneurs pour leur entreprise, chacun doit payer ses factures personnelles.
* Contenu traduit de l’anglais par l’outil d’IA BIL GPT
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