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17 août 2022

Champagne et investissement : des rendements qui pétillent ?

Le champagne est la boisson de fête par excellence. Depuis que le roi de France Hugues Capet a commencé à faire servir ce vin mousseux lors des dîners officiels au Palais royal, il est devenu un véritable signe de richesse, symbole d’un certain statut social. Mais le champagne peut-il être également un bon investissement ?

Le champagne fut découvert par hasard, lorsque des viticulteurs ambitieux du nord de la France tentèrent d’imiter le succès de leurs pairs en Bourgogne. Les hivers trop rigoureux empêchèrent le processus de fermentation, mais lorsque la levure reprit vie au printemps, elle créa des bulles dans le vin. Le champagne était né.

La région abrite désormais une foule de maisons reconnues au niveau international. La plus ancienne est Dom Pérignon, du nom de ce moine qui a mis au point plusieurs des techniques utilisées aujourd’hui par les producteurs de vins mousseux. Mais vous aurez aussi certainement entendu parler de Pol Roger, Cristal, Taittinger et Bollinger.

Le marché du champagne

Le marché est en pleine croissance. Dans une étude réalisée en 2021, Allied Market Research prévoyait une augmentation des ventes de champagne de 5,8 milliards USD en 2018 à 7,4 milliards USD en 2026. La majorité des consommateurs de champagne comptent parmi les 10 % d’individus les plus riches au monde. Le breuvage est associé un certain prestige et sa popularité augmente à mesure que les plus nantis de ce monde s’enrichissent.

Le champagne devient de plus en plus prisé en Asie, où l’augmentation de la richesse et le développement de la classe moyenne stimulent la demande.

Le champagne est depuis longtemps en vogue au Royaume-Uni et aux États-Unis, qui restent ses deux plus grands marchés d’exportation. Mais il devient de plus en plus prisé en Asie, où l’augmentation de la richesse et le développement de la classe moyenne stimulent la demande. Les exportations vers Hong Kong ont augmenté de 14 % en 2019, tandis que les importations chinoises ont progressé de 12 % et les ventes au Japon de 4 %.

Le champagne reste généralement la référence parmi les vins mousseux et propose les marques les plus prestigieuses, malgré la concurrence accrue d’alternatives plus abordables. Le prosecco italien gagne des parts de marché, tout comme que le cava espagnol ; on voit même la production de vin mousseux se développer au Royaume-Uni.

Cette tendance a incité certains producteurs de champagne à envisager de nouvelles initiatives pour soutenir la demande. Moët Hennessy USA a ainsi lancé Bottles and Bubbles, un nouveau « skill » interactif sur l’assistant numérique Alexa d’Amazon, qui propose des informations et des conseils sur le champagne, y compris des accords mets et vins.

La Champagne produit en moyenne plus que toute autre région viticole de qualité en France, ce qui maintient l’offre à un niveau élevé. Ceci dit, la demande suit globalement l’augmentation de l’offre et demeure à peu près constante à travers les cycles économiques.

Le champagne en tant qu’investissement

Depuis 16 ans, le champagne est la deuxième catégorie la plus performante de l’indice Liv-ex 1000, qui mesure la performance d’investissement des vins d’exception, avec une augmentation moyenne de 8,9 % par an pour une augmentation cumulée de 291,5 % – seuls les vins de Bourgogne font mieux.

Si Champagne et Bourgogne voient historiquement leurs prix évoluer de concert, cette dernière a récemment connu un regain de succès et les prix de certains domaines de renom ont grimpé en flèche.

Toutefois, les prix du champagne se sont avérés moins volatils que ceux des grandes régions viticoles comme la Bourgogne et le Bordelais. Pendant la crise financière mondiale, la perte maximale des vins champenois n’a pas dépassé 2,5 %, contre 15,0 % pour les Bordeaux. Le champagne offre généralement des qualités défensives à un portefeuille d’investissement, avec des rendements réguliers et une faible volatilité.

Le champagne offre généralement des qualités défensives à un portefeuille d’investissement, avec des rendements réguliers et une faible volatilité.

Certes, ses performances ne sont pas toujours très enthousiasmantes. Les prix ont en effet stagné pendant un long moment entre mi-2013 et mi-2016. Ils sont en revanche moins sensibles à l’appréciation des millésimes que les vins de Bordeaux par exemple. Pour les plus grandes marques de champagne, les prix tendent en effet à augmenter au fil du temps indépendamment des variations de millésime ou de qualité.

Comment investir

Si les prix du champagne sont généralement élevés, ils peuvent varier considérablement d’une marque à l’autre. Les prix du Dom Pérignon et du Cristal ont ainsi augmenté de manière significative, tandis que ceux du Bollinger, moins à la mode, ont baissé sur la même période.

Le champagne se boit en général plus tôt après la production que les vins rouges, de sorte que les millésimes plus anciens sont plus rares et donc plus chers. Contrairement aux idées reçues, la plupart des experts s’accordent à dire que le champagne, à l’instar des autres vins, peut se bonifier avec l’âge.

Pour investir dans le vin, il est de coutume de faire appel à un négociant en vins spécialisé, qui non seulement connaît bien les meilleurs millésimes, mais qui pourra aussi aider les investisseurs à conserver le champagne à la bonne température ou les conseiller en matière d’assurance pertes et dommages.

Pour l’investisseur, le défi consiste souvent à trouver un commerçant de renom, qui aura à cœur de fournir les meilleurs conseils. Mieux vaut bien se renseigner, voir se rendre sur place pour chercher conseil auprès des viticulteurs, et rester vigilants afin d’éviter les arnaques à l’investissement.

Un investissement dans un champagne de qualité supérieure peut être tout aussi rémunérateur qu’un investissement dans d’autres vins d’exception ; le marché a résisté aux conditions économiques difficiles et le consommateur est toujours au rendez-vous. Et quand bien même l’investissement ne s’avérerait pas rémunérateur, il pourra toujours être dégusté à l’apéritif.