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18 septembre 2020

Donner : un investissement personnel qui fait du bien

Savez-vous que, davantage que la quantité disponible, c’est la manière dont vous dépensez votre argent qui peut contribuer à votre bonheur. Et c’est plus précisément le cas lorsqu’on est prêt à donner un peu de ce que l’on possède aux autres. En effet, adopter un comportement financier prosocial est à la portée de chacun et représente un investissement personnel sans commune mesure. myLIFE vous invite à considérer le don comme un vecteur de bonheur personnel durable.

Nous sommes nombreux à avoir des préjugés forts, ainsi qu’un rapport complexe et tumultueux à l’argent. Si certains ont de véritables difficultés pour joindre les deux bouts, beaucoup d’entre nous s’en sortent bon gré mal gré, mais avec la désagréable impression de ne jamais avoir assez d’argent pour faire des achats de pur plaisir. Et pourtant, ceux qui disposent de revenus confortables et qui peuvent acheter tout ce qu’ils souhaitent, se rendent compte que cette course à la dépense et à l’accumulation ne leur procure pas autant de satisfaction qu’espéré. Comment cela s’explique-t-il ?

Le sens donne plus de valeur à l’argent

Si plusieurs études indiquent que ceux qui ont plus d’argent que la moyenne sont généralement plus heureux que ceux dans le besoin, elles mettent aussi en évidence que cet effet ne perdure pas et n’est pas flagrant. La corrélation entre argent et bonheur n’est en effet pas évidente à établir si on omet d’y ajouter le facteur « sens ».

Dans l’article « Avez-vous l’argent heureux ? », nous avons ainsi expliqué que l’argent ne fait pas le bonheur s’il n’est pas utilisé en fonction de nos aspirations profondes. L’argent est un moyen et non une fin. C’est la manière dont un individu dépense son argent qui va lui permettre ou non d’être plus heureux. Existe-t-il, dans notre manière d’utiliser notre argent, des facteurs de bien-être communs à la plupart des individus ? La réponse est affirmative.

Les économistes sont formels : faire de l’argent un vecteur de comportement prosocial serait une clé vers plus de bonheur.

Un facteur de bien-être en particulier se détache et surpasse tous les autres : dépenser de l’argent est plus gratifiant lorsque nous achetons ou investissons pour les autres plutôt que pour soi. Dit autrement, il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Les économistes sont ainsi formels : faire de l’argent un vecteur de comportement prosocial serait une clé vers plus de bonheur. Mais qu’est-ce que le bonheur ?

Donner un sens social à l’argent

Nous sommes nombreux à confondre plaisir et bonheur, particulièrement en notre qualité de consommateur. Nous succombons ainsi à l’illusion selon laquelle se faire plaisir en consommant à répétition va forcément nous apporter davantage bonheur. Il n’y a pas de mal à succomber de temps en temps à un achat plaisir, mais cela ne donne nullement la garantie de vivre plus heureux.

Prenons le temps de l’introspection et soyons honnêtes avec nous-mêmes. Après avoir littéralement fait exploser le plafond de notre carte de crédit pour faire les soldes, nous sentons-nous plus heureux ? Passé l’euphorie de l’achat, il reste certes toujours le plaisir de consommer, de porter ou de contempler les biens acquis. En cela, une consommation « plaisir » contribue en partie à accroître une certaine satisfaction de vie. Elle ne permet en revanche pas d’accroître votre bonheur sur le long terme.

Il existe une quantité impressionnante de définitions du bonheur. Dans la perspective financière et économique adoptée par myLIFE, le bonheur peut être défini par ce que Paul Dolan, économiste britannique du bien-être et de la santé, nomme le Pleasure-Purpose Principle (PPP).

Le niveau de bonheur résulte de la somme des moments de plaisir et des situations durant lesquelles nous avons fait quelque chose qui a apporté du sens à notre existence.

Paul Dolan explique que le niveau de bonheur résulte de la somme des moments de plaisir et des situations où nous avons fait quelque chose qui a apporté du sens à notre existence. Quelles conclusions en tirer pour l’utilisation de notre argent ?

Si c’est la manière dont nous utilisons notre argent qui contribue à notre bonheur, il faut logiquement dépenser ou investir celui-ci en respectant un équilibre entre plaisir et sens. Équilibre qui varie sensiblement d’un individu à l’autre.

Ceci étant établi, revenons à la question du don. Les économistes sont formels, il y a un principe universel en matière de dépense « bonheur » : dépenser une partie de notre argent pour les autres constitue le meilleur moyen de donner du sens à notre argent afin qu’il nous rende heureux. Pourquoi ?

Un véritable retour sur investissement personnel

Donner ou investir pour les autres nous rend heureux parce que nous sommes des animaux sociaux et que nous aimons la réciprocité. La distribution du bonheur aux autres constitue une source de bonheur pour nous. Les personnes qui dédient une partie de leur temps à faire du volontariat expriment, d’une manière générale, un niveau de satisfaction dans leur vie nettement plus élevé que ceux qui vivent de manière plus égoïste.

Peut-être est-il temps de prendre rendez-vous avec votre banquier pour étudier des mécanismes de dons ou d’investissements aptes à faire jaillir ce bonheur prosocial dans votre vie ? Cela fait d’autant plus sens que le législateur encourage le don et les libéralités en les rendant fiscalement déductibles sous certaines conditions.

Vous n’êtes pas convaincu ? Vous pensez ne pas avoir les moyens de donner ou vous ne vous sentez pas l’âme d’un altruiste ? Si vous vous rangez dans la première catégorie, rappelons ici que le don aux autres n’est pas forcément d’ordre financier même si c’est celui qui nous occupe ici. Si vous appartenez à la seconde catégorie, il est nécessaire de bien comprendre que le don n’est pas sans compensation pour vous.

On entend généralement par altruisme pur le fait que l’action coûte à l’auteur et ne bénéficie qu’au seul destinataire. Bien souvent l’altruisme pur est une illusion. En effet, cette définition omet de rapporter le bénéfice d’un acte philanthropique aux intentions de leurs auteurs. Ne pas recevoir de compensation matérielle en retour de votre don ne signifie pas rien recevoir du tout. Il faut envisager l’acte de donner comme un investissement personnel qui peut rapporter gros : un sentiment de bien-être (« warm-glow »). Si nous considérons notre argent non comme une fin, mais comme un moyen devant contribuer à notre bonheur, alors le don remplit parfaitement cette fonction.

Si nous considérons notre argent comme un moyen devant contribuer à notre bonheur, alors le don remplit parfaitement cette fonction.

Ce sentiment dit de « warm-glow » a été introduit en Économie par James Andreoni en 1989. Il décrit la joie, le bien-être ainsi que la satisfaction ; en somme les bénéfices non tangibles ressentis par un individu du simple fait d’avoir contribué à aider les autres par son action. Le don n’est pas un acte purement gratuit, mais un investissement sur soi.

Et pas de quoi se sentir coupable : le bien-être retiré au niveau personnel en donnant ne diminue en rien la valeur d’un acte visant à contribuer au bonheur des autres. Tout est dans l’état d’esprit qui préside à l’acte. Il ne s’agit pas de donner pour simplement donner, car le don doit avoir un sens pour vous. Il ne s’agit pas de donner pour simplement recevoir, sinon la dimension prosociale est exclue de la motivation et le bénéfice risque d’être perdu pour vous. Il s’agit d’enclencher une dynamique vertueuse du don sincère qui génère en retour un bien-être réel, qui pousse à vouloir partager ce bien-être en donnant à nouveau et ainsi de suite.

Pour ressentir ce fameux « warm-glow », nul besoin de donner nécessairement beaucoup. Du moment que ce geste vient du fond du cœur et est proportionnel à vos moyens financiers, c’est une opération gagnant-gagnant. Il y a en plus un bonus à espérer. Outre les possibles déductions fiscales évoquées, il a en effet été reconnu scientifiquement que ceux qui donnent, ont une meilleure vitalité physique et une meilleure qualité de sommeil que ceux qui demeurent dans une démarche plus individualiste.

Convaincu ? Avant de donner à n’importe qui ou à une cause quelconque, nous vous invitons à considérer les trois critères à respecter pour adopter un comportement de don prosocial qui vous bénéficiera à vous tout comme au destinataire.