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21 juillet 2018

Emploi: bien négocier son contrat

Entre ce qui est sujet à discussion et ce qui ne l’est pas, bien négocier son contrat à l’embauche est un art délicat. Car s’il y a potentiellement beaucoup à gagner, vous pouvez également tout perdre. Ces quelques conseils ne sont donc pas superflus si vous êtes sur le point de vous jeter dans l’arène.

Une bonne négociation, ce n’est pas prioritairement une partie de poker ou l’art de l’intox, mais une discussion ouverte en vue de démarrer une collaboration sur les meilleures bases possibles pour les deux parties. Pour être fructueuse, une telle discussion se prépare et se mène donc avec méthode. Trois remarques préalables avant d’entrer dans le vif du sujet.

  • Primo, osez négocier! Votre futur employeur s’attend à une telle négociation et il est probablement prêt à certaines concessions raisonnables si votre profil l’intéresse vraiment. Il peut même apprécier vos talents de négociateur et y voir une raison supplémentaire de vous embaucher.
  • Secundo, soyez honnête et conséquent! Mentir, tricher ou revenir sur des engagements déjà discutés risque de vous disqualifier pour de bon.
  • Tertio, n’oubliez pas que les paroles s’en vont et que seuls les écrits restent. Au terme de la négociation, analysez votre contrat d’embauche dans les moindres détails. Avant de signer, vérifiez que tout est conforme à ce qui a été convenu. Si vous avez une incertitude ou un questionnement au sujet de l’une des clauses, n’hésitez pas à vous faire conseiller.

Plus vous avancerez dans le processus de recrutement, plus l’intérêt de l’entreprise sera élevé, et meilleure sera votre marge de négociation.

Quand et avec qui négocier?

Évitez de négocier dès votre premier entretien. Plus vous avancerez dans le processus de recrutement, plus l’intérêt de l’entreprise sera élevé, et meilleure sera votre marge de négociation. Tentez d’abord de négocier avec le responsable opérationnel qui vous recrute, puis avec la Direction des Ressources Humaines. Si possible, renseignez-vous sur la culture de l’entreprise en la matière et essayez d’adapter votre stratégie en fonction.

Si vous êtes recruté par le biais d’un cabinet spécialisé, ne tentez pas de négocier avec son représentant qui pourrait ne pas sélectionner votre candidature. Attendez d’être présenté à l’entreprise qui recrute pour négocier directement avec les décisionnaires réels!

Certains tentent de négocier une fois informés qu’ils ont le poste. L’entreprise ayant normalement rejeté les autres profils intéressants, ils s’estiment alors en position de force. C’est un jeu dangereux car le recruteur pourrait vous trouver déloyal. Sachez que, le plus souvent, un recruteur n’informe les autres candidats non retenus qu’une fois votre contrat définitivement signé, pas lorsqu’il vous avertit que vous êtes retenu.

Quoi négocier?

Difficile de proposer une liste exhaustive de ce qui peut se négocier. Voici toutefois les principaux points à considérer.

  • Le salaire. Vous avez la possibilité de négocier votre salaire lors de l’embauche, y compris dans les secteurs conventionnés et dans la fonction publique. Restez raisonnable dans vos demandes et ne mettez pas tous vos efforts sur ce seul élément. Certains avantages peuvent compenser avantageusement une rémunération brute inférieure à vos ambitions.
  • Les horaires et le taux d’occupation. Les horaires sont-ils fixes ou variables? Flexibles ou pas? Un temps partiel à la carte est-il envisageable? Selon votre employeur et la fonction occupée, il est possible de négocier ses horaires et son taux d’occupation. Il est toutefois préférable de ne pas aborder trop tôt ce sujet avec l’employeur, sauf si cela constitue une condition sine qua non pour vous. Faire votre semaine en 4 jours, demander du télétravail ou aménager ses horaires à la carte peut se négocier dans certaines entreprises, en particulier si vous être cadre. Renseignez-vous également sur la politique de l’entreprise relative aux heures supplémentaires.
  • Les avantages professionnels et divers. Partez du principe que si tout est plus ou moins négociable, il ne faut pas demander n’importe quoi. Et à l’inverse, puisque tout est négociable, partez également du principe que rien n’est acquis en dehors des clauses légales (salaire minimum, congés payés…) ou qui découlent d’une convention. Voici quelques-uns des éléments à considérer : primes, 13ème mois, chèques-repas, voiture de fonction, indemnité kilométrique, ordinateur, forfaits téléphoniques, congés supplémentaires, formation, budget vestimentaire… Selon le type de contrat, le secteur d’activité ou encore la convention collective associée, de nombreux avantages peuvent ou non vous être accordés. Il est important et intéressant de se renseigner au préalable sur les pratiques et habitudes de votre nouvelle entreprise. Découvrez l’ensemble des Conventions Collectives de Travail par branche publiées dans le Journal Officiel du Grand-Duché de Luxembourg.

(…) un titre bien négocié peut s’avérer plus rentable à moyen terme qu’un salaire légèrement supérieur avec un intitulé de fonction mal choisi.

  • L’intitulé de poste. Certains titres associés à votre fonction se vendent mieux que d’autres sur le marché du travail. Par exemple, «ingénieur en développement» est plus valorisé que «développeur», ou «assistant» que «secrétaire». Si votre plan de carrière implique de passer par plusieurs entreprises, un titre bien négocié peut s’avérer plus rentable à moyen terme qu’un salaire légèrement supérieur avec un intitulé de fonction mal choisi. Misez donc sur une dénomination valorisante pour vous et qui a la meilleure valeur possible sur le marché de l’emploi.
  • La période d’essai. La négociation de votre période d’essai est un point important. Dans un contrat de travail standard, celle-ci est souvent peu avantageuses pour le salarié. Ici aussi, renseignez-vous sur les pratiques de l’entreprise avant d’accepter sans broncher une période d’essai de 6 mois, voire 1 an.
  • La clause de mobilité. Cette clause peut contraindre un salarié à accepter un changement de lieu de travail et évite à l’employeur d’avoir à modifier son contrat en cas de déménagement de l’entreprise par exemple. Le salarié qui signe un contrat avec une clause de mobilité s’engage à accepter un changement de lieu de travail imposé par l’employeur. Toutefois, il est possible de négocier une contrepartie à une telle clause: prise en charge des frais de déménagement, prise en charge d’un éventuel 2ème loyer si cela oblige le salarié à prendre un autre logement, voire d’autres frais annexes impliqués par le changement de lieux.
  • Le délai de réflexion. Il n’est pas rare qu’un employeur exerce une certaine pression pour obtenir une signature rapide du contrat d’embauche. Toutefois, si votre futur contrat de travail contient plusieurs clauses sujettes à discussion, vous pouvez aussi négocier un petit délai afin d’étudier dans le détail le document et vous faire conseiller par des experts si besoin. Une fois le contrat signé, il est beaucoup plus difficile d’y revenir.