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26 mai 2019

Financer les études à l’étranger de vos enfants

Les études universitaires deviennent de plus en plus onéreuses. Les gouvernements ne cessent de revoir à la baisse les soutiens financiers à l’éducation, et les parents doivent donc régler une part plus importante de la facture. Les coûts sont encore multipliés si vos enfants décident de partir étudier à l’étranger. Heureusement, s’ils vous préviennent suffisamment à l’avance, il existe des moyens pour vous préparer financièrement.

Avant que l’Université du Luxembourg ouvre ses portes en 2003, la seule possibilité qui s’offrait aux jeunes résidents luxembourgeois souhaitant poursuivre des études universitaires complètes était de partir suivre un cursus à l’étranger, une option qui conserve tout son attrait. Cela ouvre en effet la porte sur d’autres environnements et modes de vie, bien souvent sans la barrière de la langue à laquelle les jeunes d’autres pays peuvent être confrontés. Il s’agit également d’un cadre pour découvrir un nouveau pays, offrant ainsi aux étudiants une éducation plus riche et diversifiée que s’ils avaient étudié dans leur pays d’origine.

Les frais liés à un tel projet peuvent toutefois être élevés, voire considérables. Si vos enfants décident d’étudier dans une université aux États-Unis, les seuls frais de scolarité peuvent s’élever à plus de 60.000$ par an, auxquels il faut ajouter les dépenses courantes. Il est certes possible d’obtenir des bourses pour mérites sportifs ou autres, mais leur nombre est limité et leur montant peut s’avérer insuffisant pour couvrir la totalité des coûts. Si votre enfant souhaite étudier à l’étranger, quelle est donc la meilleure approche pour pouvoir gérer et réduire les dépenses?

Comprendre les frais en jeu

Les dépenses universitaires comprennent les frais de scolarité et les dépenses de la vie quotidienne, entre autres le loyer, la nourriture, les vêtements et les déplacements. Les frais de scolarité universitaires varient sensiblement dans les différents pays du monde. Certains États octroient des financements plus importants pour les établissements d’études supérieures, et les frais de scolarité sont donc réduits, voire minimes. C’est le cas de la France, de l’Allemagne et de certains pays nordiques. Les cursus au Royaume-Uni sont plus onéreux, particulièrement pour les étudiants étrangers (qui comprendront bientôt les ressortissants de l’UE). Dans d’autres pays d’Europe, les frais de scolarité peuvent être aussi élevés que ceux applicables aux États-Unis.

Les sondages sur le coût de la vie dans les différents pays permettent d’estimer dans quelle mesure vos enfants devront subvenir à leurs propres besoins au jour le jour. Le Luxembourg est un pays onéreux au regard des normes internationales, et vos enfants sont susceptibles de trouver moins cher ailleurs, sauf dans les villes internationales telles que Londres, Dublin ou Genève. Il est rare qu’une corrélation existe entre le coût de la vie et la qualité de l’enseignement – certains des plus hauts lieux du savoir tels qu’Oxford et Cambridge semblent relativement peu onéreux par rapport aux normes mondiales.

Comprendre les règles qui régissent l’octroi d’aides financières

Il existe deux types d’aides financières: celles octroyées par l’État (à l’étudiant ou à l’université) et celles allouées par l’établissement lui-même.

En règle générale, si c’est l’université qui propose les aides, les étudiants internationaux se trouveront en meilleure posture. Par exemple, à Harvard, où plus de deux tiers des étudiants sont épaulés d’une manière ou d’une autre, les politiques en matière d’aides financières sont les mêmes pour les citoyens américains et étrangers. Toutes les aides octroyées le sont en fonction des besoins, et les décisions d’admission ne sont pas influencées par les demandes de soutien financier. L’université tient compte de dépenses supplémentaires pour les étudiants internationaux en répondant aux besoins exprimés par chaque famille. Il vaut la peine de se renseigner sur les options disponibles lorsque l’on sait que les frais annuels de Harvard peuvent monter jusqu’à 69.600$.

Un citoyen de l’UE qui étudie dans un autre État membre ne peut pas se voir imputer des frais d’inscription plus élevés qu’un étudiant du pays.

Pour ce qui concerne les aides de l’État, la situation est plus compliquée. Un citoyen de l’UE qui étudie dans un autre État membre ne peut pas se voir imputer des frais d’inscription plus élevés qu’un étudiant du pays, ce qui veut dire qu’il a le droit de recevoir les mêmes financements de l’État pour les frais de scolarité que les résidents nationaux. Ces règles ne s’appliquent toutefois pas à tous les domaines, par exemple celui des crédits études, où elles varient en fonction des différents pays. Dans certains pays, les étudiants doivent faire appel à des crédits bancaires, qui peuvent être difficiles à obtenir sans disposer de revenus.

Le gouvernement luxembourgeois propose des bourses et des prêts (CEDIES) pour les étudiants à l’étranger, les aides étant versées en deux tranches par an. Sur décision récente du tribunal, cette aide est désormais disponible également aux enfants de frontaliers qui travaillent au Grand-Duché.

Les étudiants de pays hors UE pourraient ne pas être éligibles à une aide de l’État quelle qu’elle soit. Les étudiants étrangers pourraient ainsi devoir payer plus que les étudiants nationaux, et les parents se verront peut-être forcés de régler la totalité des droits d’inscription ainsi que les frais de pension. Il pourrait également être judicieux pour les étudiants de chercher un emploi à temps partiel pour pouvoir prendre en charge une partie de leurs dépenses courantes.

Encourager les études à l’étranger «light»

Une solution plus abordable serait d’opter pour un programme d’étude à l’étranger proposé par l’Université du Luxembourg, qui entretient des partenariats avec différents établissements de premier plan en Europe, y compris le King’s College de Londres et l’Université de Montpellier en France. Cela peut prendre la forme de projets de recherche communs auxquels les étudiants doivent participer, ou d’un certain laps de temps que les étudiants doivent passer au sein de l’établissement partenaire. D’une manière ou d’une autre, vos enfants peuvent ainsi goûter à la vie d’un étudiant international à moindre coût.

Le programme Erasmus – un vaste projet d’échange auquel participent la plupart des grandes universités européennes – est une autre option. Plus de 4.000 étudiants y font appel chaque année, afin de passer trois, six ou douze mois dans l’université partenaire, ce qui leur permet d’étudier à l’étranger à moindres frais.

Planifier

Pour les parents qui devront prendre en charge la majorité ou la totalité des frais de scolarité et des dépenses courantes de leurs enfants, il n’y a pas de remède miracle. Planifier à l’avance n’est pas toujours possible, d’autant si votre enfant vient tout juste de décider, à ses 18 ans, qu’il souhaite étudier à Yale. Mais commencer à épargner très tôt est le meilleur moyen de répartir la charge financière grâce au miracle des intérêts compensés.

Par exemple, si vous commencez à mettre de l’argent de côté à partir de la naissance de votre enfant, payer 500€ par mois peut vous rapporter quelque 175.000€ lorsque votre enfant atteint sa majorité – pour une croissance de l’investissement nette de 5% par an, ce qui est peut-être une hypothèse ambitieuse dans un environnement de taux bas. S’il s’avère que votre enfant n’a pas la fibre universitaire, les épargnes ainsi accumulées peuvent permettre de prendre une retraite anticipée ou de financer quelques vacances de rêve.

Gardez à l’esprit que, pour un portefeuille d’investissement visant à financer des frais de scolarité futurs, les liquidités ne vous seront pas d’une grande aide. Il est préférable de choisir des placements susceptibles de vous protéger contre l’inflation.

Gardez à l’esprit que, pour un portefeuille d’investissement visant à financer des frais de scolarité dans dix ans ou plus, les liquidités ne vous seront pas d’une grande aide. Il est préférable de choisir des placements susceptibles de vous protéger contre l’inflation. Bien souvent, l’augmentation des frais de scolarité des universités est plus rapide que celle du coût de la vie, et un portefeuille assez important aujourd’hui pourrait paraître bien moins impressionnant dans 10 ou 15 ans. Tout portefeuille destiné à faire face à des frais universitaires futurs doit comprendre certains placements boursiers. Un réinvestissement des dividendes peut par ailleurs aider à stimuler la croissance.

Ayez recours à des produits de planification fiscale si possible: des épargnes annuelles de 20% à 30% sur les plus-values ou les revenus peuvent en effet s’accumuler rapidement. Néanmoins, prenez garde aux investissements ciblant justement les enfants. S’ils semblent être le choix tout indiqué pour payer des frais universitaires, ils peuvent toutefois, dans certains cas, stipuler que l’argent reviendra à l’enfant lorsqu’il atteindra l’âge adulte – or il est rare, à 18 ans, d’être assez responsable pour gérer de grosses sommes d’argent, qui pourraient en outre servir à autre chose qu’aux études. Il existe également des solutions avantageuses sur le plan fiscal qui permettent aux grands-parents de participer aux frais et pourraient par ailleurs réduire l’impôt sur les successions, bien que cela puisse dépendre de leur revenu disponible et de leur générosité.

Les études à l’étranger peuvent être exaltantes pour vos enfants, sauf si cette expérience vous met dans le besoin. Un recours avisé aux bourses et aides de l’État ainsi qu’un choix judicieux de l’établissement d’étude peuvent vous faire économiser des montants considérables. Il est en outre crucial de commencer très tôt à vous construire un patrimoine.