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7 décembre 2022

Finances : aider un proche dans le besoin

Argent et famille ne font pas toujours bon ménage. Cela constitue même un cocktail qui peut s’avérer explosif et générer des conflits aussi destructeurs que durables. Pas question pour autant de laisser tomber un proche qui est confronté à de sérieuses difficultés financières. Comment réagir ? myLIFE passe en revue différentes options qui s’ouvrent à vous.

Perte d’un emploi, long traitement médical, drame personnel, mauvais choix budgétaires, il existe de nombreuses situations pouvant conduire à des difficultés financières plus ou moins importantes. Lorsque la situation se produit, le premier réflexe pour beaucoup consiste à se tourner vers ses proches pour trouver de l’aide. Aujourd’hui, c’est vous qui êtes sollicité. Que faire ? Comment écouter votre bon cœur tout en évitant de vous mettre vous-même dans le rouge financièrement parlant ? Comment éviter les malentendus et garantir non seulement la bonne utilisation de l’aide apportée, mais aussi son éventuel remboursement ? Vous avez raison de vous poser les bonnes questions avant de mettre la main à la poche !

Une démarche éminemment personnelle

La solidarité familiale, la générosité et l’amour du prochain sont des moteurs nobles pour agir et aider. Le chantage sentimental, la pression du groupe ou la peur de décevoir le sont par contre beaucoup moins. Aider un proche ou non est une décision personnelle que vous devez pouvoir prendre librement. Plutôt que d’agir dans la précipitation et sous le coup de l’émotion, prenez le temps de réfléchir. Demandez éventuellement conseil à des personnes de confiance, de préférence extérieures à la situation.

Au moment de décider, assurez-vous que vous êtes en paix avec votre décision et que, pour ce qui vous concerne, elle n’affectera pas votre relation vis-à-vis de votre proche dans le besoin.

En voulant aider sans réfléchir, vous allez peut-être nourrir un problème plutôt que de contribuer à le solutionner durablement.

Traiter la cause, pas uniquement les symptômes

Lorsqu’un proche a des problèmes financiers, le premier réflexe pourrait être de lui donner ou prêter sans discuter la somme dont il a besoin. Si l’urgence de la situation peut parfois justifier une intervention rapide de ce type, il est souvent préférable de s’interroger d’abord sur les causes du problème plutôt que sur les symptômes, à savoir un besoin d’argent. En voulant aider sans réfléchir, vous allez peut-être nourrir ce problème plutôt que de contribuer à le solutionner durablement.

Quelle est la cause de ce besoin financier ? Dans bien des situations, un besoin d’argent cache en réalité des difficultés à bien gérer son budget, à trouver un travail ou à progresser dans sa carrière, voire des addictions très coûteuses. Si tel est le cas, éponger une dette ne règlera que très temporairement la situation. Pour aider durablement, vous pourriez selon la situation :

    • le rediriger vers des structures d’aide (p. ex. face au surendettement), vers un conseiller carrière, organiser une rencontre avec un expert financier qui a votre confiance, etc.
    • le former si vous en avez la capacité à de nouvelles compétences utiles pour l’aider à progresser dans son travail.
    • l’aider à prendre en main ses finances. Cela commencera éventuellement par la mise en place d’un plan de remboursement de ses dettes avant de lui apprendre à gérer son budget. myLIFE met à votre disposition tout un dossier spécial « Budget » pour vous y aider. N’hésitez pas à lui montrer comment vous vous y prenez pour gérer vos finances.

Votre temps, votre écoute et votre patience peuvent avoir davantage de valeur à long terme qu’un coup de pouce financier ponctuel. Ceci étant précisé, voyons à présent quelles sont, sur le plan financier, les options qui s’ouvrent à vous pour aider un proche dans le besoin.

Votre temps, votre écoute et votre patience peuvent parfois avoir davantage de valeur à long terme qu’un coup de pouce financier.

Donner de l’argent

Si un proche a un problème temporaire de liquidité, vous pouvez naturellement décider de lui donner l’argent dont il a besoin. Après tout, il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Le tout est de ne pas vous mettre vous-même en difficulté en voulant aider. Quel que soit le besoin financier, il est important d’être au clair sur la réalité de vos moyens et donc de votre apport. Si c’est un don, dites explicitement que vous n’attendez pas de remboursement.

S’agit-il d’un versement unique ou d’un versement récurrent jusqu’à ce que le problème soit réglé ? Attachez-vous des conditions à votre don ou aux dons futurs ? Que se passent-ils si les conditions ne sont pas remplies ? S’il s’agit d’une donation, avez-vous bien considéré les aspects fiscaux et législatifs ?

Être généreux est tout à votre honneur, fixer précisément le cadre de votre geste l’est tout autant. Éviter le flou et les malentendus permet de protéger la qualité de votre relation avec le bénéficiaire du don.

Bon à savoir : voulez-vous être sûr que votre don soit correctement utilisé ? Si vous avez un doute sur l’utilisation qui pourrait être faite de votre argent, pourquoi ne pas simplement opter pour des bons d’achats dans des enseignes précises plutôt que pour une somme d’argent en cash ? Pensez-y. Autre alternative au cash, vous pouvez proposer de prendre en charge certaines factures ou ordres permanents.

Il est essentiel d’être très clair sur les conditions de ce prêt, de les fixer par écrit et de faire signer le document par toutes les parties concernées.

Prêter de l’argent

Vous êtes disposé à prêter l’argent nécessaire ? Là aussi, il est essentiel d’être très précis sur les conditions de ce prêt, de les fixer par écrit et de faire signer le document par toutes les parties concernées. Être membre d’une famille n’exclut nullement de prendre des engagements clairs sur papier, notamment :

    • le montant prêté et les modalités de versement (cash ou non, en une ou plusieurs fois…) ;
    • les modalités de remboursement (échéances, montants, avec ou sans intérêts…) ;
    • les conséquences et les pénalités si les conditions de remboursement ne sont pas respectées ;

Soyez précis et veillez à ne pas confondre lien affectif et confiance. Si cela est nécessaire, n’hésitez pas à demander certaines garanties ou gages.

Se porter caution

Se porter caution pour un tiers peut débloquer certaines situations. Il ne faut toutefois jamais entreprendre cette démarche à la légère, car elle peut avoir d’énormes conséquences. En effet, par le biais d’un cautionnement solidaire et indivisible, vous vous engagez purement et simplement à rembourser l’intégralité des dettes sur lesquelles porte le cautionnement dans l’éventualité où votre proche n’est pas en mesure de le faire. Si le cautionnement est simple, vous pouvez exiger du créancier qu’il saisisse d’abord les biens du débiteur (votre proche) ou qu’il divise les poursuites.

Pourquoi faut-il réfléchir à deux fois avant de se porter caution ? Outre les conséquences théoriques mentionnées, il y a la question du risque bien réel que vous prenez. En effet, si une banque exige une caution pour débloquer des fonds, c’est qu’elle évalue votre proche comme « à risque ». Cela doit vous faire réfléchir. Pensez-vous vraiment qu’il soit en capacité de vous rembourser ? Êtes-vous vraiment prêt à courir le risque ? Encore une fois, votre envie d’aider ne doit pas vous faire perdre votre lucidité.

Bon à savoir : au-delà des promesses orales et des bons sentiments, exigez de disposer d’une vue complète sur l’état des finances de votre proche (revenus, dépenses, dettes, patrimoine…). Si cela est possible, demandez à organiser une réunion avec lui et son banquier pour poser toutes vos questions et bien comprendre ce à quoi vous vous engagez. Vous pourrez aussi y demander aussi une copie de tous les documents signés et du schéma de remboursement. Voyez avec la banque s’il est possible d’être immédiatement informé dans l’éventualité où l’emprunteur rate une échéance de paiement.

Se porter caution pour un tiers peut débloquer certaines situations. Attention, cette démarche peut toutefois avoir d’énormes conséquences.

Tout travail mérite salaire

Une dernière piste possible consiste à augmenter les revenus de votre proche en l’employant. Bien entendu, cela doit être déclaré et fait sur base d’un contrat de travail en bonne et due forme. Ainsi, selon ses capacités et sa situation, votre proche pourrait réaliser pour vous tous ces petits travaux domestiques qui restent à faire ou vous aider dans l’éducation de vos enfants. Ménage, bricolage, jardinage, aide aux devoirs, garde d’enfant, démarches administratives, il existe tout un tas d’activités rémunérées possibles. Certaines d’entre elles entrent dans la catégorie des charges extraordinaires pouvant donner lieu à certains abattements fiscaux. Renseignez-vous !

Vouloir aider un proche dans le besoin est tout à votre honneur. À vous de trouver la formule la plus adaptée à la situation tout en veillant à trois éléments essentiels : être en paix avec votre décision d’aider, être clair sur la réalité et les conditions de l’aide fournie, s’assurer de ne pas se mettre soi-même en difficulté.