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12 décembre 2018

Indexation automatique des salaires, comment ça marche?

Au rang des particularités économiques luxembourgeoises, l’indexation automatique des salaires et pensions tient une place particulière. À l’échelle européenne, seule la Belgique dispose d’un mécanisme économique similaire. Si elle est synonyme de progrès social et de prospérité financière pour les uns, elle constitue un frein à la compétitivité des entreprises pour d’autres. En quoi consiste-t-elle vraiment? Sur quelle base est-elle calculée? Quand a-t-elle lieu? Pour vous, myLIFE met le doigt sur ce sujet… sans prétendre le défendre ou le mettre à l’index.

Un peu d’histoire

Instaurée en 1921 au Luxembourg, l’indexation automatique des salaires et des pensions a pour but de préserver le pouvoir d’achat des salariés. Initialement destinée aux seuls agents des chemins de fer et aux fonctionnaires de l’État, cette initiative socioéconomique de l’État s’est ensuite progressivement étendue à d’autres bénéficiaires, avant de se généraliser en 1975.

À l’origine, l’indice de base servant à calculer l’indexation des salaires reposait sur un panier de seulement 19 articles de consommation courante utilisés par une famille de cinq personnes. Aujourd’hui, plus de 7.500 biens et services constituent la base de l’indice.

Comment ça marche

Expliquée simplement, l’indexation automatique des salaires est une adaptation automatique du montant des salaires et des pensions aux variations de prix que subissent les biens de consommation. La raison? Éviter que les ménages ne perdent du pouvoir d’achat à cause de l’inflation.

L’indexation est donc un outil économique qui permet de faire face à l’inflation, afin d’éviter de mettre en péril le pouvoir d’achat des ménages. C’est en quelque sorte un système de vases communicants proportionnels entre les salaires et le coût de la vie. Plutôt pas mal pour le consommateur, non? Pour l’employeur, la pilule est parfois plus dure à avaler puisque cette augmentation lui est imposée indépendamment de sa situation spécifique ou de son secteur d’activité. Et pour cause, il doit donc assumer des coûts accrus qui ne sont pas automatiquement compensés par des rentrées supplémentaires.

Rentrons à présent dans le vif du sujet. L’inflation (une hausse générale des prix) se mesure grâce aux indices des prix à la consommation (IPC). On en distingue deux:

  • l’IPCN, correspondant à l’indice au niveau national;
  • l’IPCH, l’indice harmonisé au niveau européen.

Concernant l’indexation des salaires, seul l’IPCN est pris en compte. L’IPCH, quant à lui, tend à renseigner la BCE sur la politique monétaire notamment.

Au Luxembourg, ces indices sont calculés par le Statec qui analyse les variations des prix des biens et des services dans le temps. Les statistiques et l’historique complet des IPC sont disponibles sur le site Internet du Statec.

Pour établir ces indices, le Statec dispose d’un échantillon de points de vente à partir desquels sont analysés environ 7.540 prix.

Pour établir ces indices, le Statec dispose d’un échantillon de points de vente à partir desquels sont analysés environ 7.540 prix durant les deux premières semaines de chaque mois. Un indice général est constitué à partir de la moyenne de 12 catégories (alimentation, articles d’habillement, etc.), elles-mêmes subdivisées en 255 positions (boissons alcoolisées, couches pour bébés, etc.). Cet indice est alors raccordé à la base 100 du 1er janvier 1948 de l’échelle mobile des salaires (établie à 794,54 en 2017). Si la moyenne des six derniers mois atteint ou dépasse une cote d’échéance, cela déclenche alors l’indexation automatique des salaires et pensions de 2,5%.

Pour approfondir les notions d’inflation et d’indices à la consommation, consultez la brochure mise à votre disposition par le gouvernement du Luxembourg. Elle date un peu, mais les principes y détaillés sont toujours valables aujourd’hui.

Concrètement, si l’on mesure l’indice des prix à la consommation durant la période des soldes, par exemple, celui-ci est en net recul. Normal, les soldes font baisser le prix des biens de consommation. Et forcément, qui dit baisse des prix dit pas d’indexation des salaires. Mais il y a des paramètres bien moins directs qui peuvent faire fluctuer les indices, comme le taux de chômage ou le cours du prix du pétrole par exemple. S’ils augmentent, l’inflation augmente avec eux, entraînant alors une augmentation des prix.

Le Statec indique que la prochaine indexation des salaires et pensions est prévue pour la fin du troisième trimestre 2018.

À quand la prochaine?

La dernière indexation en date a eu lieu en janvier 2017, portant le salaire minimum à 1.998,59€ brut. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le Statec indique que la prochaine indexation des salaires et pensions est prévue pour la fin du troisième trimestre 2018, à la suite d’une prévision d’inflation estimée à 1,4%. Il demeure toutefois délicat d’annoncer une échéance avec certitude, tant l’évolution de l’inflation est difficile à anticiper.

Conclusion

La finalité de l’indexation automatique des salaires et des pensions est assez simple à comprendre. Elle consiste à ajuster le pouvoir d’achat aux prix des biens de consommation, dans le cas d’une inflation notamment. En revanche, son calcul et les nombreux paramètres économiques qui résultent de son déclenchement sont plus complexes à cerner. Quoi qu’il en soit, pour l’opinion publique, cette indexation demeure un acquis social précieux, un facteur d’attractivité pour les travailleurs étrangers. Un point de vue nuancé par certaines entreprises, qui la perçoivent comme un frein à la compétitivité.