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21 octobre 2019

L’agrégation de comptes ou comment gérer son argent différemment

Surveiller l’évolution de ses finances et gérer l’ensemble de son budget en un coup d’œil, c’est ce que propose l’agrégation de comptes bancaires. myLIFE vous explique comment ce service peut vous aider au quotidien et en toute sécurité.

Banques en ligne, outils de gestion de budget, applications bancaires, paiement sans contact ou même sans carte bancaire… Il ne se passe pas une journée sans qu’une nouveauté fasse son apparition dans le paysage des innovations technologiques au service de nos finances !

Á côté des banques traditionnelles qui déploient de gros efforts pour améliorer l’expérience digitale de leurs clients, les fintechs révolutionnent parfois un secteur jusqu’ici plutôt conservateur. En effet, ces jeunes entreprises innovantes qui officient dans le domaine de la finance, ne cessent d’inventer de nouveaux outils visant à faciliter la vie des entreprises, des investisseurs et des clients bancaires. Parmi ces outils pratiques, il y a l’agrégation de comptes.

Qu’est-ce que l’agrégation de comptes ?

Un agrégateur de comptes permet à un utilisateur de rassembler, sur une seule interface, l’ensemble de ses comptes bancaires (comptes courants, professionnels, produits d’épargne, crédits, etc.), quelles que soient les banques où ils sont détenus.

Cela constitue une véritable plus-value pour beaucoup d’entre nous. En effet, il est courant aujourd’hui de posséder des comptes bancaires dans plusieurs établissements financiers. Par exemple, un travailleur frontalier peut disposer d’un compte dans une banque située au Luxembourg  pour y verser son salaire et gérer son crédit immobilier dans son pays de résidence. Un entrepreneur peut ouvrir un compte professionnel dans une banque de la Place et garder ses comptes privés dans un autre établissement, etc.

L’objectif de l’agrégation de comptes est de faciliter le quotidien des clients bancaires en leur offrant une vision globale de leur situation financière. Mais, cela ne s’arrête pas là…

Avec un agrégateur de comptes, tout est centralisé sur un unique outil. L’utilisateur a ainsi une vue d’ensemble, en temps réel, de ses finances (…).

En quoi l’agrégation de comptes facilite-t-elle le quotidien de l’utilisateur ?

Rassembler tous ses comptes bancaires sur la même interface peut faire gagner un temps précieux au client. Il n’a plus à télécharger les applications de chaque établissement bancaire où il possède un compte, ni à rechercher les divers identifiants et mots de passe pour se connecter à ses différents espaces personnels. Avec un agrégateur de comptes, tout est centralisé sur un unique outil. L’utilisateur a ainsi une vue d’ensemble, en temps réel, de ses finances et peut accéder à un historique de toutes ses transactions.

En outre, il peut programmer des alertes et être prévenu en cas d’activité sur l’un de ses comptes : réception d’un virement, solde dépassant un certain seuil, etc.

Enfin, la plupart du temps, les agrégateurs de comptes catégorisent automatiquement les différentes dépenses : alimentation, logement, loisirs, transport, vie quotidienne, santé, etc. Les paiements sont classés et affichés sous la forme de graphiques ou de statistiques, ce qui aide l’utilisateur à mieux visualiser l’emploi de son argent. En un clin d’œil, par exemple, il peut se rendre compte que ses loisirs (restaurant, sport, sorties, etc.) pèsent plus lourds dans le budget que d’habitude ou encore estimer la part de son budget réservée aux frais liés au logement (loyer, décoration, travaux, etc.).

Ainsi, non seulement l’agrégateur centralise toutes les données financières, mais il s’avère une véritable aide à la gestion du budget. D’ailleurs, certains outils proposent aussi des recommandations et des conseils pour mieux administrer ses finances. Ces services ne sont pas spécifiques aux agrégateurs. Certaines banques de la Place proposent également ce type de solutions pour catégoriser ses dépenses et visualiser son budget.

Une directive européenne (PSD2) a récemment vu le jour et vise notamment à encadrer les activités des services d’agrégation de comptes afin de mieux protéger les données financières des clients.

Qu’en est-il de la sécurité des données ?

L’agrégation de comptes touche un domaine sensible des finances : la sécurité des informations transmises. Au départ, ce sont des fintechs qui ont développé des applications d’agrégation de comptes. Or, pour que tous les comptes bancaires soient rassemblés au même endroit, il fallait au préalable transmettre des informations confidentielles pour permettre l’accès aux différents comptes bancaires. Cela peut représenter un risque en ce qui concerne la sécurité et le stockage des données.

Une directive européenne (PSD2) a récemment vu le jour et vise notamment à encadrer les activités des services d’agrégation de comptes afin de mieux protéger les données financières des clients. Elle oblige également l’ensemble des acteurs à jouer le jeu en ouvrant l’accès au solde et à l’historique des transactions à des acteurs tiers qui répondent à des critères stricts.

Protection des données renforcée avec la nouvelle directive PSD2

La directive européenne PSD2 (Payment Service Directive 2) souhaite favoriser l’innovation technologique au sein de l’UE, standardiser les procédures de paiements et améliorer la protection des données financières des consommateurs.

Afin d’être conformes à cette nouvelle directive, les banques doivent instaurer de nouvelles règles en matière de sécurité, mais aussi ouvrir l’accès aux comptes à des acteurs bancaires et professionnels tiers. Leur mise en conformité est obligatoire d’ici au 31 décembre 2019.

La directive a pour but de permettre à des prestataires de services extérieurs à la banque, appelés des TPPs (Third Party Payment Service Providers), d’accéder aux données des clients pour proposer de nouveaux services, comme par exemple l’agrégation de comptes, la mise en place de solutions de paiement, etc.

Face à cette nouvelle donne, les banques traditionnelles développent soit leur propre interface de partage de données, soit choisissent de nouer des partenariats entre elles ou avec des fintechs spécialisées en la matière.

Cette ouverture est rigoureusement encadrée. La banque doit mettre en place une interface dédiée (une API – Application Programming Interface – qui fait le lien entre l’application extérieure et l’accès aux données de la banque) pour organiser les échanges et s’assurer de la sécurité du système, notamment en instaurant une authentification renforcée. Au préalable, les TPPs devront être autorisés par le client à accéder aux informations. Pour pouvoir exercer leur activité, ils devront impérativement obtenir un agrément du régulateur.

Concrètement, un client bancaire qui souhaiterait se servir d’un agrégateur de comptes peut soit passer directement par sa banque si elle propose ce service, soit autoriser une application à accéder à ses comptes bancaires pour qu’elle puisse récupérer ses données (solde, opérations bancaires, virements, etc.). Il n’est donc en principe plus nécessaire de transmettre ses accès confidentiels.

Cette pratique, qui existait déjà avant 2019, se généralise désormais au Luxembourg et dans toute l’Europe grâce à la directive PSD2. Les consommateurs peuvent ainsi profiter plus largement des avantages de « l’Open Banking », c’est-à-dire d’un écosystème bancaire plus ouvert. Les établissements financiers, pour leur part, peuvent désormais proposer à leurs clients de nouveaux services personnalisés et mieux adaptés à leurs besoins.