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18 août 2022

Les grands vins bonifient-ils votre portefeuille d’investissement ?

Le vin a pu être source de réconfort lors de la pandémie, mais il aurait également pu avoir un effet salutaire sur votre portefeuille d’investissements. Il s’est en effet révélé être un actif stable et sûr dans un contexte de volatilité sur les marchés financiers depuis février 2020.

Alors que la demande émanant des restaurants a chuté, de nombreux négociants en vin ont fait état d’un intérêt croissant de la part des investisseurs privés au cours de la pandémie. Ceux-ci disposaient non seulement de plus de temps pour étudier les différentes options, mais le vin offrait également un certain confort. Si l’investissement ne fonctionne pas, les investisseurs ont au moins le plaisir de déguster les bouteilles choisies, ce que ne permet pas un portefeuille d’actions.

Le vin s’est donc révélé être une source de stabilité pour les portefeuilles. Le principal indice de référence des investissements dans le vin, le Liv-ex Fine Wine 100, qui reflète les variations de prix de 100 grands vins parmi les plus recherchés sur le marché secondaire, a seulement baissé de 1,1 % alors que les marchés actions ont plongé en février et mars 2020.

Rien d’anormal à cela. Le vin a toujours présenté de bonnes caractéristiques de diversification par rapport aux marchés des actions et des obligations. Il constitue également un investissement solide sur le long terme. Ainsi, l’indice Liv-ex Fine Wine 100 s’est apprécié de 31,1 % sur la période de cinq ans allant jusqu’à fin juin 2021, et l’indice Liv-ex Fine Wine 1000 de 42,2 %. Si ces performances ne sont pas supérieures à celles d’un fonds indiciel d’actions classique, elles n’en restent pas moins particulièrement régulières.

L’investissement dans le vin tend à se concentrer sur les grands vignobles de Bordeaux, de Bourgogne et de certaines régions du nord de l’Italie, où certaines bouteilles peuvent valoir plusieurs milliers d’euros. Pour les investisseurs qui ont choisi la bonne région, les rendements ont été encore plus élevés : le Bordelais est resté à la traîne ces dernières années, devancé par la Bourgogne (+ 88,9 %), la Champagne (+ 60,1 %) et l’Italie (+ 49,6 %).

Les prix sont fonction de la demande, mais aussi de l’offre, des conditions climatiques et de la santé globale de l’économie mondiale.

Le pouvoir des influenceurs

Les prix du vin sont influencés par toute une série de facteurs. Ces dernières années, la demande des acheteurs des marchés émergents, en particulier de la Chine, a été considérable, mais les prix sont également fonction de l’offre, des conditions climatiques et de la santé globale de l’économie mondiale.

Les critiques influents jouent également un rôle décisif. Le plus puissant d’entre eux est de loin Robert Parker Jr, dont la lettre d’information Wine Advocate compte quelque 50.000 abonnés. S’il a confié à d’autres la couverture de certaines régions, il continue de noter les vins de Bordeaux et du Rhône.

L’échelle de 100 points qu’il a lui-même conçue a un effet mesurable sur le prix du vin. D’autres critiques de renom ont également une influence sur les prix. C’est notamment le cas de James Suckling, Neal Martin, Tim Atkin et Jancis Robinson.

Les avantages et inconvénients d’un investissement direct

Le principal avantage d’un investissement direct dans le vin est manifeste – on peut bien évidemment le boire – mais il existe également des inconvénients majeurs. Le point d’entrée pour un novice peut être très élevé, puisque le prix peut atteindre 6.320 euros pour une seule bouteille de Bordeaux Le Pin Pomerol 1990.

Les investisseurs courent le risque qu’une ou plusieurs bouteilles soient bouchonnées. Le produit doit par ailleurs être stocké correctement pour conserver sa valeur. Il convient également de tenir compte de la situation sur le marché secondaire : il ne s’agit pas d’un investissement sur le marché actions où il y aura pratiquement toujours un acheteur disposé à acquérir un titre.

Le vin doit être stocké correctement pour conserver sa valeur.

Les courtiers en vins peuvent y apporter leur concours, mais leurs relations avec les investisseurs doivent s’inscrire dans la durée. Ils peuvent ainsi apporter une aide pour le stockage (moyennant un coût) et peuvent aider les investisseurs à trouver leurs marques sur le marché secondaire s’ils souhaitent vendre. Certains courtiers en vin ont mis en place des plateformes qui facilitent l’achat et la vente de vin. Il est toutefois préférable de commencer par faire des recherches, au risque de payer le prix fort.

Il existe également des plateformes de crowdfunding qui cherchent à mettre en relation des investisseurs et des entrepreneurs, notamment des viticulteurs, en quête de financements. Le point d’entrée est généralement inférieur et les investisseurs seront souvent remboursés sous forme de vin livré directement chez eux pendant un certain nombre d’années. Si les chances de faire fortune sont maigres, cette option peut s’avérer intéressante.

Les achats en primeur permettent également d’acquérir du vin à moindre coût. Les investisseurs achètent le vin lorsqu’il est jeune sans savoir s’il deviendra un grand millésime très recherché. Les vins primeurs sont généralement moins chers que le prix futur du vin sur le marché libre, et certains vignobles vendent uniquement leur vin de cette façon.

L’importance de la liquidité

Aujourd’hui, il est également possible d’investir dans un fonds vinicole, qui constitue une alternative liquide et peu coûteuse pour miser sur la hausse des vins tout en bénéficiant d’une meilleure diversification. Les investisseurs des fonds pourraient se montrer plus objectifs que les experts en vin vis-à-vis des marchés vinicoles. Au lieu de regarder l’éclat du vin, ils évalueront sa liquidité, le marché final et le prix actuel.

Les structures peuvent toutefois s’avérer complexes : l’investisseur pourrait ne pas avoir droit au vin détenu par le fonds si l’investissement tourne mal. Nobles Crus, un fonds vinicole domicilié au Luxembourg, a été suspendu en 2013 après que des médias aient laissé entendre que les valorisations étaient surfaites.

Cela a déclenché une hausse des demandes de rachat qui a mis en évidence la liquidité limitée des actions. La controverse a attiré l’attention sur les méthodes de valorisation utilisées par les gérants, qui se sont montrés plus prudents depuis lors.

Ces dernières années, les grands vins ont généré de solides rendements pour les investisseurs. Ils peuvent donc être intéressants en tant qu’actifs de diversification à une époque où les marchés boursiers et obligataires s’avèrent volatils. Toutefois, il ne suffit pas pour les investisseurs d’être de fins connaisseurs, ils devront également comprendre les marchés du vin.

L’investissement dans le vin tend à se concentrer sur les grands vignobles de Bordeaux, de Bourgogne et de certaines régions du nord de l’Italie, où certaines bouteilles peuvent valoir plusieurs milliers d’euros.