Comprendre le ratio cours/bénéfice
L’une des règles les plus basiques de l’investissement est d’essayer d’acheter au prix le plus bas et de vendre au prix le plus élevé. La théorie semble simple, mais tout investisseur sait que c’est cela n’a rien de facile en pratique. Un bon point de départ est d’essayer de déterminer si un investissement est peu cher par rapport à son potentiel de bénéfices, et donc à son rendement final. C’est ici que le ratio cours/bénéfice intervient.*
Le ratio cours/bénéfice (C/B) est une mesure indicative permettant de juger si une entreprise est surévaluée ou sous-évaluée. Il compare le cours de l’action d’une entreprise à son bénéfice par action. Un ratio cours/bénéfice élevé implique que les investisseurs sont invités à payer beaucoup pour chaque incrément de bénéfices, tandis qu’un ratio bas implique qu’ils obtiennent beaucoup de bénéfices par rapport à leur investissement initial.
Il est relativement facile de calculer le ratio à partir d’informations largement disponibles, et il est particulièrement utile de le comparer à ceux d’entreprises similaires au sein d’un même secteur. Comparer les ratios C/B d’une entreprise énergétique à ceux d’une entreprise de télécommunications n’est pas particulièrement utile, mais le ratio peut aider les investisseurs à comprendre si Unilever est sous-évaluée par rapport à Diageo, par exemple, ou LVMH par comparaison avec Hermès. Le ratio peut également être utilisé pour comparer la valeur boursière d’une entreprise à son indice de référence – est-il supérieur ou inférieur, disons, au S&P 500 ou à l’Euro Stoxx 50?
Le ratio C/B d’une entreprise peut être un indicateur utile des changements d’attentes du marché pour une entreprise au fil du temps. Il peut même révéler une bulle si les attentes des investisseurs dépassent les bénéfices réels.
C’est aussi un indicateur utile des changements d’attentes du marché pour une entreprise au fil du temps. Si le ratio C/B d’une entreprise s’est déplacé à la hausse, cela tend à indiquer que les attentes du marché augmentent. Porté à l’extrême, cela peut indiquer une bulle si les attentes des investisseurs dépassent les bénéfices réels.
Changements dans les tendances des bénéfices
Cependant, en tant que mesure supposée constituer une aide à la décision, le ratio cours/bénéfice présente certaines limitations. Le C/B normal ou «trailing» examine les bénéfices d’une entreprise sur les 12 derniers mois, et ne prend donc pas en compte les changements dans les tendances des bénéfices. Par exemple, une entreprise peut afficher un ratio C/B très élevé parce que les investisseurs anticipent que ses bénéfices augmenteront rapidement à l’avenir. Cela a été le cas pour de nombreuses grandes entreprises technologiques américaines. Nvidia, par exemple, avait un ratio de 47,7 fois les bénéfices au 10 décembre 2025, mais ses bénéfices augmentent actuellement de plus de 60% par an. Le ratio C/B de l’entreprise avait auparavant été presque aussi élevé que 150x fin avril 2023.
L’inverse est également vrai. Une entreprise peut avoir un faible ratio cours/bénéfice parce que les investisseurs s’attendent à ce que son activité se détériore. Superficiellement, ces entreprises peuvent sembler bon marché, mais elles peuvent continuer à devenir encore moins chères. Un bon exemple est celui des entreprises pétrolières russes en 2021. Peu avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine et devienne un paria international, ces entreprises se négociaient à des ratios C/B apparemment attractifs de 4x ou 5x, mais elles n’étaient pas les bonnes affaires qu’elles semblaient être.
Il existe aussi le problème de la cyclicité. Les entreprises peuvent connaître des périodes où elles réalisent des bénéfices importants, et d’autres où elles connaissent des difficultés. Par exemple, une entreprise de biens non essentiels comme un détaillant peut prospérer dans un climat économique dynamique et stagner lors d’un ralentissement. Cela peut signifier que le ratio C/B n’est pas un indicateur particulièrement utile de la valeur d’une entreprise sur l’ensemble du cycle économique.
Il peut ne pas toujours refléter avec précision les perspectives d’une entreprise, et peut être davantage fondé sur le feeling des investisseurs que sur une évaluation froide de sa valeur et de ses rendements futurs.
Le dernier problème est que le ratio C/B change tout le temps. Les bénéfices ne sont publiés que chaque trimestre, mais le cours de l’action est susceptible de changer quotidiennement. Cela signifie qu’il peut ne pas toujours refléter avec précision les perspectives d’une entreprise, et être davantage fondé sur le feeling des investisseurs que sur une évaluation rationnelle de sa valeur et de ses rendements futurs.
Adapter le ratio C/B pour répondre à ses limitations
Le ratio cours/bénéfice a été adapté pour traiter ces problèmes. Le «C/B prévisionnel» évalue les bénéfices projetés d’une entreprise sur les 12 prochains mois par rapport à son cours actuel, ce qui a généralement pour effet de réduire le C/B des entreprises à forte croissance et de l’augmenter pour celles dont les bénéfices se détériorent. Cette mesure a ses propres limitations – il est difficile pour les entreprises de projeter précisément leurs bénéfices futurs dans un environnement économique incertain, et les analystes externes peuvent différer dans leur interprétation des données actuelles des entreprises.
Le «C/B de Shiller», conçu par l’économiste américain Robert Shiller, est un outil permettant de contourner la cyclicité des bénéfices d’une entreprise. Il mesure le cours de l’action divisé par la moyenne des bénéfices sur 10 ans, ajustée de l’inflation, afin d’obtenir un ratio ajusté aux cycles qui offre une perspective plus long terme. Il est conçu pour regarder au-delà des cycles économiques à court terme et fournir une vision de la durabilité d’une entreprise.
Le ratio «CBC» (cours/bénéfice/croissance) est une autre adaptation. Le ratio CBC est calculé en divisant le ratio C/B historique d’une entreprise par son taux de croissance des bénéfices sur une période spécifique. Dans le cas de Nvidia, lorsque le C/B était de 45x, le CBC était plus faible à 0,92 parce que l’activité de l’entreprise croissait très rapidement. Cela peut aider les investisseurs à identifier des entreprises qui semblent être de bonnes affaires parce qu’elles ont un C/B bas, mais dont la croissance lente indique qu’elles sont plutôt à éviter. En général, un CBC inférieur à 1 peut indiquer une action sous-évaluée, tandis qu’un PEG supérieur à un peut suggérer qu’elle est surévaluée.
Valorisations irrationnelles
Le ratio cours/bénéfice peut ne pas être prédictif. Les entreprises peuvent rester fortement valorisées pendant une longue période, même si cela semble irrationnel. Apple, par exemple, a vu son ratio C/B plus que tripler au cours de la dernière décennie. Apple n’est pas une entreprise à forte croissance – son bénéfice par action est resté largement stable depuis 2022 – mais les investisseurs justifient sa valorisation en estimant qu’elle pourrait bénéficier des développements dans l’intelligence artificielle.
Le ratio cours/bénéfice peut être un guide utile, mais les investisseurs doivent prendre en compte d’autres facteurs.
Apple a bénéficié d’importants flux entrants vers le marché américain, souvent via des fonds indiciels passifs. Cependant, si un investisseur avait vendu lorsque le C/B avait atteint 30x en 2020 au motif qu’Apple était chère, il aurait manqué une hausse du cours de l’action de 90 dollars à 270 dollars. Le ratio cours/bénéfice peut être un guide utile, mais les investisseurs doivent prendre en compte d’autres facteurs.
À une époque où les avancées technologiques peuvent permettre à des entreprises disruptives de croître très rapidement, le ratio C/B peut également être problématique pour tenter d’évaluer les entreprises en phase plus précoce. Si une entreprise génère un chiffre d’affaires élevé mais est encore en perte (comme Amazon jusqu’en 2003, une décennie après son lancement), elle n’aura pas de ratio cours/bénéfice significatif.
Le ratio cours/bénéfice est un point de départ utile pour évaluer la valeur d’une entreprise, mais il est incomplet. Il peut guider les investisseurs vers des entreprises qui semblent sous-évaluées, mais il peut ne pas être pertinent sans être replacé dans un contexte. Il vaut la peine de connaître la manière dont il peut être utile tout en restant conscient de ses limites. N’hésitez pas à vous appuyer sur l’assistance d’un expert si nécessaire.
* Contenu traduit de l’anglais par l’outil d’IA BIL GPT
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