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17 novembre 2019

Parole d’experts : l’agilité en entreprise

Vous en avez sans doute entendu parler, l’agilité est une tendance forte du monde de l’entreprise. Inutile d’enfiler votre tenue de gym et de débuter une séance de stretching, nous parlerons ici de gestion de projet. Et pour tout comprendre, nous avons rencontré Salim Gomri et Jérémie Greulich, qui travaillent tous deux à la BIL en mode « agile ».

Première question d’usage, pouvez-vous nous présenter vos fonctions ?

Salim Gomri : Je suis coach Agile. Concrètement, cela signifie que j’aide les personnes et les équipes à appliquer la pensée agile à leur environnement et aux problèmes spécifiques auxquels ils font face. Je les accompagne autant à mettre en œuvre la vision agile que je les motive à aller vers cette vision.

Jérémie Greulich : Je travaille en mode agile, avec une équipe, sur le développement du site internet et de l’application mobile de la banque. Mon rôle au jour le jour, c’est de récolter les besoins des différents représentants métier, les prioriser et les transmettre aux développeurs. En quelque sorte, je fais le lien entre ceux qui sont directement en contact avec nos clients et le reste de la banque.

L’agilité est un terme très à la mode dans le monde du travail. Quelle est son origine, et de quoi s’agit-il exactement ?

Jérémie Greulich : L’agilité trouve son origine dans le monde informatique, où les évolutions rapides et permanentes nécessitent de s’adapter très rapidement. Certains groupes de développeurs affichant d’excellents résultats se sont donc réunis, ont mis en commun leurs habitudes et règles de travail, afin de synthétiser cette efficacité dans ce qui pourrait s’appeler « le manifeste de l’agilité ».

Salim Gomri : J’aimerais apporter une précision. On entend souvent parler de « méthode(s) agile(s) », mais il faudrait plutôt parler d’approche ou d’état d’esprit. L’agilité définit une approche particulière de la gestion d’un projet donné. Ses quatre piliers principaux sont une interaction humaine privilégiée, des logiciels dédiés, une collaboration directe de tous avec le client, et enfin, l’adaptation rapide au changement.

Les cycles de développement sont très courts et, de ce fait, on obtient des résultats très rapidement.

Qu’est-ce que cela change concrètement par rapport aux modes de développement classiques ? Pouvez-vous nous donner un exemple d’évolution dans votre entreprise actuelle ?

S.G. : Toute la logique de réflexion est modifiée. Tout d’abord, d’un point de vue chronologique, la planification ne se fait plus sur le long terme, mais plutôt à court terme. Les cycles de développement sont très courts et, de ce fait, génèrent rapidement des résultats ; ce qui permet d’ajuster le produit de manière proactive.

Les membres de l’équipe choisissent la meilleure façon d’organiser leur travail dans le but d’atteindre un objectif commun qui a été clairement défini au préalable. Ainsi, ils ont la responsabilité de leur travail : ils améliorent constamment leur bien-être et leurs processus.

J.G. : Le meilleur exemple, c’est le développement de l’application mobile de notre banque, dont disposent tous nos clients aujourd’hui. Cette dernière a été réalisée par nos équipes, selon ces principes d’agilité, que nous venons d’évoquer.

Et pour le salarié, comment cela se passe-t-il au quotidien ? Y a-t-il des avantages pour lui à fonctionner en mode agile ?

S.G. : Il faut bien comprendre que l’agilité entraîne un cercle vertueux. Un collaborateur motivé à l’idée de travailler selon ces principes reçoit les résultats de son travail très rapidement, ce qui renforce encore sa motivation de départ. Cette émulation touche également ses collaborateurs proches, puis l’équipe tout entière. L’état d’esprit « agile » est contagieux !

À l’occasion de certaines « cérémonies » – c’est ainsi que nous appelons les réunions où les équipes présentent leurs résultats –, les collaborateurs se sentent davantage mis en valeur, et leur implication s’en trouve renforcée. Enfin, l’agilité permet à chaque membre de l’équipe de partager ses connaissances dans un climat de confiance et d’entraide.

J.G. : Autre point très important, la transparence est totale dans les processus de travail. J’entends par là que les réussites, mais aussi les échecs, sont toujours évoquées. C’est une force pour les équipes, qui ne craignent pas de se remettre en cause, qui savent analyser leur travail, et qui transforment plus facilement leurs difficultés en victoires par la suite, plutôt que de tenter de les masquer. Il n’y a pas d’intérêt à cacher l’erreur, bien au contraire, puisque c’est un axe d’amélioration. L’ambiance de travail s’en trouve considérablement améliorée.

Comme dans tout changement, il faut accepter de sortir de sa zone de confort pour réapprendre une nouvelle façon de travailler.

Y a-t-il des barrières psychologiques ou physiques qui freinent l’implémentation d’un environnement agile ?

S.G. : Comme dans tout changement, il faut accepter de sortir de sa zone de confort pour réapprendre une nouvelle façon de travailler. Par nature, l’humain peut éprouver des difficultés à se remettre en question. Ce sont là les points de tension qui peuvent freiner l’implémentation de cet état d’esprit au sein d’une organisation, d’une entreprise. Mais comme je vous le disais précédemment, si la motivation est présente dès le départ, l’agilité ne fera que renforcer cette volonté positive. Bien sûr, un accompagnement est nécessaire ; c’est la raison pour laquelle il est crucial de faire appel à une personne qualifiée.

J.G. : J’ajouterais qu’il faut aussi que le management soit prêt et enclin à travailler selon ces principes, bien entendu. Pour lui, également, le changement dans les processus de présentation des résultats ou de validation est impactant, et il doit approuver ces nouveaux réflexes de travail pour que cela soit fluide et productif.

Selon vous, l’« agile » est-il compatible avec tous les types d’entreprises ou tous les métiers ?

S.G. : Oui, tout à fait. Les principes de l’agilité s’appliquent a priori à tous les domaines du monde professionnel et à tous les métiers. Je pense notamment au secteur des ressources humaines.

J.G. : À partir du moment où les collaborateurs doivent travailler sur un sujet qui évolue dans le temps, l’agile fonctionne très bien, quel que soit le domaine d’activité.

Merci à vous.