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27 mai 2022

Transmission d’entreprise : les principales raisons de l’échec

Vous envisagez de céder votre entreprise pour partir en retraite, pour élaborer de nouveaux projets ou encore afin de valoriser votre patrimoine. Quelle qu’en soit la raison, se séparer de ce qui représente parfois le projet de toute une vie est un processus complexe qui demande une préparation méticuleuse. myLIFE passe en revue les principaux pièges à éviter afin que la transmission de votre entreprise se déroule dans les meilleures conditions.

Piège 1 : remettre en question la cession de l’entreprise

La transmission d’une entreprise est une étape importante dans votre vie d’entrepreneur. Avant même de songer à la manière dont peut se dérouler la transaction, vous devez être sûr de votre désir de passer la main. L’aspect émotionnel est à prendre en compte, surtout lorsqu’il s’agit d’une entreprise dans laquelle vous avez mis toute votre énergie et à laquelle vous avez dédié votre carrière.

Vous devez être parfaitement en phase avec votre décision. Faute de quoi, vous pourriez faire marche arrière au dernier moment, vouloir imposer des conditions irréalistes ou laisser passer trop de temps avant de vous lancer.

→ Réfléchissez en amont à vos motivations réelles et préparez-vous psychologiquement à vous détacher de votre société. Pour cela, faites le point sur les raisons qui vous conduisent à la cession. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour vous décider, c’est un processus qui demande du temps.

Piège 2 : ne pas anticiper suffisamment

Lorsque votre décision est prise, organisez-vous minutieusement. Transmettre une entreprise se déroule en plusieurs étapes : définition des modalités de cession (vente du fonds de commerce, des parts sociales ou de certains actifs), préparation de l’entreprise, valorisation, recherche d’un acquéreur, négociations, etc. Ces démarches peuvent prendre plusieurs années selon la situation. Le chiffre de 5 années est régulièrement avancé.

Renseignez-vous également sur l’impact fiscal, financier et patrimonial de votre décision : comment va être taxée la plus-value de la vente de votre société ? Quels vont être les effets de la transmission de votre entreprise sur votre succession ?

Enfin, n’oubliez pas de réfléchir à votre vie « d’après » : quels seront vos futurs revenus, vos nouvelles activités ? Quels sont vos projets ? Si vous partez à la retraite, pensez à la préparer également !

Être mal renseigné et/ou ne pas anticiper suffisamment les opérations de cession risque de vous faire manquer des optimisations financières, voire de mettre en péril la réussite de votre projet.

→ Pour mener à bien votre transmission, il faudra vous y prendre à l’avance et surtout, vous informer précisément sur les démarches à effectuer et sur les conséquences de vos choix. Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises provoquées par des décisions hâtives.

Rapprochez-vous d’experts pour obtenir une vision complète des implications de la cession de votre business et pour vous accompagner tout au long des opérations.

Piège 3 : écarter l’aide des experts

Même si vous avez toujours dirigé votre affaire d’une main de maître et que vous cherchez à réduire vos frais, il est nécessaire de vous faire accompagner par des professionnels lors des différentes étapes de transmission de votre business. Particulièrement si c’est la première fois.

Ils pourront vous conseiller sur la manière d’expertiser et de présenter votre société, sur les méthodes de valorisation ou encore vous indiquer comment optimiser vos finances, en tenant compte des spécificités fiscales, sociales ou patrimoniales de votre entreprise.

En négligeant cette étape, vous pourriez passer à côté d’aspects juridiques importants, manquer de crédibilité face à vos éventuels repreneurs ou même mettre à mal la confidentialité de l’opération.

→ Rapprochez-vous de votre banquier, de votre notaire, de votre avocat, de votre comptable, de votre fiscaliste et/ou de spécialistes de la transmission d’entreprise pour obtenir une vision complète des implications de la cession de votre business et pour vous accompagner tout au long des opérations. Ici, pouvoir se reposer sur l’expertise d’une banque universelle est un avantage puisqu’elle peut vous accompagner également sur les aspects financiers privés liés à la transmission de votre entreprise.

Piège 4 : négliger la préparation de la cession de l’entreprise

Avant de céder votre entreprise, vous devez vous assurer qu’elle est prête à être transmise : est-elle suffisamment autonome pour fonctionner sans votre supervision ? Existe-il des problèmes à régler au niveau juridique ou comptable ? N’est-il pas préférable de clôturer ce gros deal avant d’entamer les discussions ? Les réglementations concernant votre activité sont-elles respectées ? Avez-vous connaissance de litiges avec vos salariés ?

Votre affaire doit être présentée sous son meilleur jour. Le potentiel acquéreur ne doit en aucun cas découvrir des défaillances graves au cours du processus de transmission (ni après d’ailleurs !), ce qui risquerait de diminuer le prix de vente ou de faire échouer la transaction.

→ La cession d’une entreprise nécessite de réaliser un état des lieux objectif en répertoriant ses points forts et ses faiblesses. Afin de vous assurer que votre affaire est cessible en l’état, vous pouvez procéder à des ajustements : former vos collaborateurs et déléguer les tâches-clés, mettre à jour vos contrats, remplacer certains outils de production, etc. Vous devez identifier et corriger les points problématiques avant la transaction, ou à défaut, être honnête avec le repreneur en ce qui concerne les défauts existants.

Durant toute la durée des négociations, vous devez continuer à gérer votre entreprise comme si vous n’alliez pas vous en séparer. Votre activité doit rester performante.

Bon à savoir : durant toute la durée des négociations, vous devez continuer à gérer votre business comme si vous n’alliez pas vous en séparer. Votre activité doit rester performante : prospection de nouveaux clients, progression des résultats, etc. Vous ne savez pas ce que vous réserve l’avenir et un repreneur peut se désister au dernier moment.

Piège 5 : surestimer la valeur de l’entreprise

La cession d’une entreprise passe par une phase d’estimation de sa valeur financière. Afin de l’évaluer, il faut tenir compte des chiffres-clés de la société (chiffre d’affaires, endettement, commandes, plans d’investissement, ressources humaines, etc.) et de l’environnement (dynamisme du marché, concurrence, réputation de la marque, etc.). Il existe plusieurs méthodes complémentaires pour procéder : approche comparative, patrimoniale ou encore de rendement.

Cet exercice complexe demande une grande objectivité, ce qui n’est pas toujours évident compte tenu des investissements financiers et humains que vous avez consacrés à votre société. En vous montrant trop gourmand, vous risquez de faire fuir les acquéreurs intéressés.

→ Faites appel à un expert pour estimer la valeur de votre entreprise : banquier ou comptable par exemple. Considérez également que le montant déterminé correspond à une base de discussion. Vous passerez forcément par une phase de négociation avec le futur repreneur concernant le prix de vente de votre affaire.

Piège 6 : se focaliser sur un seul acquéreur

Choisir un successeur pour votre société peut s’avérer compliqué. Il peut être tentant de s’engager avec le premier repreneur rencontré ou au contraire de rechercher LE profil idéal digne de reprendre les rênes de la compagnie. Dans le premier cas, vous pourriez perdre un temps précieux en cas de désistement ou encore passer à côté de candidats intéressants. Dans le second, vous vous exposez à ne jamais trouver la perle rare.

→ Prenez le temps de rechercher votre repreneur en utilisant les bourses d’entreprises, les sites spécialisés, votre réseau professionnel, vos relations personnelles, etc. Étudiez les propositions qui vous sont faites et ne vous focalisez pas sur un unique profil pour choisir votre successeur. Restez ouvert. Enfin, faites preuve de sang-froid et n’annulez pas tous vos rendez-vous au premier contact intéressant !

Le soutien de vos proches est important et vos collaborateurs pourront être d’une grande aide lors de la phase de transition.

Piège 7 : tenir son entourage à l’écart

Si la transmission nécessite une certaine confidentialité, ne pas informer votre entourage de votre décision de vous séparer de l’entreprise est une erreur. Un membre de votre famille, l’un de vos amis ou de vos salariés pourraient être intéressés par la reprise de votre affaire. En dissimulant l’information, vous risquez de passer à côté d’un acquéreur potentiel et de provoquer des tensions, voire des conflits avec vos proches.

→ Informez votre entourage de votre décision, même si vous pensez que personne ne pourrait être intéressé pour reprendre le flambeau. Le soutien de vos proches est important et vos collaborateurs pourront être d’une grande aide lors de la phase de transition. Attention cependant, choisissez le moment adéquat pour évoquer votre décision afin de ne pas compromettre le succès de votre projet.

Piège 8 : manquer de transparence

Un potentiel acquéreur a besoin de procéder à un audit complet de votre entreprise : documents juridiques, comptables, ressources humaines, etc. Afin de mesurer son état de santé, il se renseignera sur son fonctionnement, sur votre clientèle ou encore sur vos fournisseurs. Si vous être trop imprécis ou si vous dissimulez des informations, le repreneur pourrait douter de votre honnêteté et du bien-fondé du projet dans lequel il envisage de s’engager.

→ Soyez transparent avec votre successeur. Fournissez-lui les données et tous les documents dont il a besoin tout au long des négociations. Il faut instaurer une relation de confiance. Néanmoins, ces données sont sensibles et doivent être protégées. Vous pouvez, par exemple, faire signer un accord de confidentialité aux candidats repreneurs.

Bon à savoir : une fois l’affaire conclue, vous pouvez prévoir une période de transition pour accompagner le repreneur durant les premiers mois de la reprise de l’activité.

La transmission d’entreprise est une opération de longue haleine qui demande de l’anticipation, de la préparation et un accompagnement pour être menée à bien. Pour vous accompagner dans vos démarches, vous pouvez vous adresser aux experts de votre banque ou encore consulter la plateforme businesstransfer.lu (créée par la Direction générale des classes moyennes, la Chambre de commerce et la Chambre des métiers), qui fournit des conseils et met en relation cédants et repreneurs au Luxembourg.