Mes finances, mes projets, ma vie
28 janvier 2023

Conseil en investissement : comprendre les différentes commissions

Les perspectives de rendement sont généralement le principal sujet de discussion avec votre conseiller en investissement. Beaucoup d’entre nous oublient cependant de considérer correctement l’impact des frais. Ces derniers peuvent pourtant avoir un impact très significatif sur le rendement d’un projet d’investissement à long terme. Pour vous aider à mieux appréhender cet élément, myLIFE a cherché à comprendre comment est établi le coût de l’accompagnement proposé par votre conseiller.

Signalons d’entrée de jeu qu’il n’est pas question pour nous de dévoiler ici le salaire de votre conseiller, mais bien de vous aider à comprendre le modèle de rémunération dans le cadre du contrat de service de gestion-conseil. En effet, si myLIFE s’interdit de faire des contenus « voyeuristes », s’interroger sur le coût d’un service est tout à fait naturel et n’a rien de tabou. Après tout, bâtir une relation de confiance nécessite de pouvoir parler en toute transparence de rémunération. Pour prendre des décisions informées en vue d’optimiser votre performance, il faut être capable d’appréhender correctement tous les coûts qui l’impactent à la baisse.

Tout travail mérite salaire

Votre conseiller est un professionnel de la finance qui réalise un travail d’analyse portant sur une multitude d’instruments financiers et sur l’allocation optimale de portefeuilles. Sa mission est de vous guider dans la description du contexte économique et financier, de partager avec vous des vues scénarisées de l’évolution des marchés, de vous recommander des instruments financiers, à l’achat et à la vente, en adéquation à votre situation personnelle, de vos objectifs d’investissement et de votre appétit au risque. En clair, le rôle d’un conseiller en investissement est celui d’un coach financier qui se doit d’appréhender les risques et les opportunités de vos investissements en adéquation avec le contexte financier. Et tout comme pour un coach sportif, ce type de service n’est pas réservé aux athlètes de haut niveau. Il se décline aussi bien pour les néophytes que pour les passionnés qui veulent en apprendre toujours plus, et bien sûr pour les experts qui veulent pouvoir échanger leurs perspectives.

En matière de conseil en investissement, la rémunération est basée sur le principe des commissions.

Le conseil en investissement ne s’improvise pas et il y a tout lieu de se méfier des gourous autoproclamés qui prolifèrent sur Internet. En effet, une telle tâche requiert non seulement un solide niveau d’expertise et d’expérience, mais aussi les outils d’information et d’analyse adéquats pour la mener à bien. Pour que des prestations de services soient durables, celles-ci exigent à l’évidence une rémunération. En matière de conseil en investissement, celle-ci est basée sur le principe des commissions.

1. La commission de gestion

La commission de gestion est basée sur la valeur de vos actifs financiers sous mandat de gestion-conseil. Cette commission s’exprime par un pourcentage prédéterminé qui est en général dégressif en fonction des montants d’actifs concernés. Cette approche a le mérite d’être simple et sans surprise, ce qui en fait une des plus répandues. Elle présente toutefois un inconvénient majeur : la rémunération n’est liée ni à la quantité ni à la qualité du conseil prodigué. Ainsi, le service vous coûte la même chose, même dans l’hypothèse extrême où aucun conseil ne vous a été apporté.

2. La commission par transaction

Selon cette formule, une commission vous sera prélevée à chaque opération d’achat, de vente, d’arbitrage, de remboursement ou de souscription. Celle-ci correspond en général à un pourcentage du montant de la transaction, parfois associé à un montant minimal forfaitaire.

Ici, la vigilance est de mise, car la pratique n’est pas aussi simple que la théorie. Ce n’est pas parce que votre banque cherche à vous embrouiller, mais c’est tout simplement que, souvent, le pourcentage dépendra du type d’instrument (action, obligation, fonds, opération de change, etc.), mais aussi des caractéristiques spécifiques à l’instrument financier. C’est en particulier le cas pour les obligations à échéances proches qui jouissent souvent d’un tarif privilégié pour ne pas en pénaliser la rotation. Bref, la tarification est transparente, mais son calcul peut vite devenir complexe.

Si une commission par transaction est appliquée, une suractivité peut sensiblement affecter la performance d’un portefeuille.

Dans ce modèle, le gros avantage réside dans le fait que seul le travail réellement réalisé est rémunéré. En revanche, l’écueil possible réside dans la tentation pour le conseiller de vous proposer davantage de transactions que nécessaire. Une suractivité selon ce modèle peut sensiblement affecter la performance d’un portefeuille.

Certains intermédiaires financiers ne vous proposent que l’une des deux formules présentées jusqu’ici, d’autres pratiquent une combinaison des deux méthodes. Certains proposent encore une troisième option.

3. La commission de performance

Cette commission est imputée sur la performance observée de votre portefeuille et est énoncée comme un pourcentage de cette performance. Elle peut aussi ne s’appliquer qu’après dépassement d’un seuil prédéfini. On parle alors de commission de surperformance.

L’avantage de cette méthode est évident : vous payez en fonction de la performance obtenue, le prix facturé étant fonction du bénéfice réalisé. Fréquemment utilisée dans les mandats de gestion discrétionnaire, cette tarification est moins fréquente en gestion-conseil et cela s’explique très logiquement. En gestion-conseil, c’est vous qui décidez d’effectuer ou non les transactions que votre banquier vous propose. De plus, vous êtes libre de transmettre à votre banquier des transactions qu’il ne vous a pas recommandées pour simple exécution. Dans ces conditions, il est difficile de déterminer clairement qui peut se prévaloir de la performance réalisée.

D’après nos recherches, ce type de commission n’est jamais proposé comme fondement unique de la rémunération. Quand elle s’applique, elle se combine toujours aux deux précédentes ou à l’une des deux.

À côté des commissions, il peut encore y avoir d’autres coûts à considérer

Des frais supplémentaires

Comme expliqué, la rémunération du service de conseil en investissement se base sur le principe des commissions. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas d’autres coûts à considérer. Ces derniers ne portent pas sur la prestation de conseil à proprement parler, mais constituent des frais classiques que la banque pourrait vous facturer (droit de garde, frais de courtage, etc.). Certains packages tarifaires peuvent parfois vous exonérer de ces derniers.

N’oubliez pas non plus que des frais spécifiques s’appliquent dans le cadre d’un contrat d’assurance. Enfin, soyez attentif aux frais sous-jacents des instruments financiers. Investir en SICAV est un gage de diversification, mais des frais de gestion notamment viendront également grever la rentabilité de votre investissement.

Le juste prix, un gagnant-gagnant

Ce qu’il faut-il retenir de tout cela, c’est qu’il est important de se renseigner sur tous les frais qui vous seront appliqués dans le cadre d’un contrat de gestion-conseil, y compris les frais « annexes ». Si vous estimez que ces frais sont excessifs, sachez qu’il est toujours possible d’en discuter avec votre intermédiaire financier. Nous ne pouvons évidemment pas vous garantir que la négociation sera fructueuse, mais nous pouvons vous affirmer que vous ne perdrez rien à essayer.

Il n’existe pas de règle d’or pour déterminer exactement ce que doit être un tarif gagnant-gagnant. Chacun se doit d’apprécier pour lui-même la valeur ajoutée, la qualité et la pertinence d’un service pour en déterminer le juste prix. La chasse aux frais ne doit pas vous empêcher d’investir, mais prendre son temps et bien étudier les formules proposées est un must.

Une dernière mise en garde toutefois. Si vous pensez avoir trouvé sur Internet la formule miracle et absolument sans frais, souvenez-vous que « si c’est gratuit, c’est que vous êtes très vraisemblablement le produit ». Vous voilà prévenu !