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27 mai 2022

Education financière : tout (ou presque) se joue avant 7 ans

Comme beaucoup de parents, vous pensez peut-être qu’il est inutile de parler d’argent à vos enfants avant l’âge de raison, c’est-à-dire 7 ans environ ? Et si nous avions tout faux et si l’essentiel de leurs habitudes financières se jouait bien plus tôt ? myLIFE a voulu en savoir davantage sur la question.

Avant 7 ans, un enfant n’est généralement pas capable d’intégrer des comportements complexes tels que la patience ou d’effectuer un raisonnement analytique et abstrait. Pourquoi dès lors tenter de lui expliquer comment fonctionne l’argent ou comment élaborer un budget ? Cela ne fait pas sens en effet, mais c’est la question qui est mal posée. Qui a dit qu’il fallait de longs discours et des raisonnements complexes pour développer de bonnes habitudes face à l’argent ? Le tout est de savoir s’y prendre et de comprendre que l’environnement joue un rôle déterminant dans l’émergence de nos habitudes. Et des études le prouvent : le plus tôt vous commencez, le mieux votre enfant développera de bonnes habitudes financières.

Assez tergiversé, l’heure a sonné de vous y mettre. Mais avant de vous donner des conseils pratiques, explorons ensemble cette différence entre l’éducation et l’environnement. Cela nous permettra de bien comprendre pourquoi vos enfants ont d’abord besoin de travaux pratiques plutôt que de discours théoriques ! Nous verrons en effet que c’est la mise en situation de votre enfant et donc l’environnement dans lequel vous allez le faire évoluer qui compte le plus. Objectif : susciter les bons comportements le plus tôt possible.

Le manque d’éducation financière, chez les adultes comme chez les enfants, est aujourd’hui reconnu comme étant un fléau mondial.

L’éducation financière, une priorité !

Le manque d’éducation financière, chez les adultes comme chez les enfants, est aujourd’hui reconnu comme étant un fléau mondial qui conduit de nombreuses personnes à se mettre en danger par une mauvaise gestion de leurs finances. Ce faisant, elles hypothèquent leurs chances de réussite futures et privent leurs familles de la sécurité financière que leurs moyens devraient pourtant leur permettre de garantir.

Pour remédier à ce problème, de nombreux projets ont été initiés par des organisations financières internationales, mais aussi nationales ou locales. Au Luxembourg, on peut citer Lëtzfin qui se donne pour mission d’apprendre aux consommateurs et aux jeunes à mieux gérer leur budget et, notamment, à éviter le surendettement qui persiste même au sein des foyers aisés. La plateforme myLIFE de la BIL s’inscrit également dans cette volonté de vous aider à mieux gérer vos finances au quotidien et à concrétiser vos projet privés et professionnels.

Ces initiatives sont tout à fait bénéfiques et d’intérêt publique. Pourtant, aucune étude n’a démontré à ce jour la véritable efficacité à long terme de l’éducation financière sous forme d’enseignement brut et académique. Pourquoi ? Parce qu’il existe une grande différence entre savoir et agir ! Le premier est nécessaire, mais il ne génère pas automatiquement le second.

Il existe une grande différence entre savoir et agir ! Le premier est nécessaire, mais il ne génère pas automatiquement le second.

Par exemple, vous savez que ce gâteau qui vous fait envie n’est pas bon pour votre ligne, mais cela ne vous empêche pas de le désirer et peut-être même de le manger. Si vous avez l’habitude de privilégier le plaisir immédiat au détriment des conséquences futures, l’éducation ne pèse pas lourd. Il en va de même pour les fumeurs qui persistent dans leurs habitudes, malgré le fait que plus personne ne met en cause les conséquences néfastes à long terme du tabac. La situation n’est pas différente pour l’argent. Si l’éducation financière est primordiale, l’environnement et les habitudes jouent également un rôle majeur. C’est donc là qu’il faut agir, pour les adultes comme pour les enfants.

Créer de bonnes habitudes

Les bénéficiaires de l’éducation financière sont mieux équipés pour comprendre les causes de leurs problèmes d’argent, mais leur part d’irrationalité demeure. Si la vigilance fait défaut, cela les empêche parfois d’appliquer concrètement et de manière constante l’éducation reçue. La procrastination, l’attrait de la gratification immédiate, le manque de maîtrise de soi et l’effort cognitif parfois requis pour changer durablement ses habitudes demeurent des freins à la mise en œuvre quotidienne des enseignements reçus.

En fidèle lecteur de myLIFE, vous savez qu’adopter de bonnes habitudes ne va pas de soi. Nos biais cognitifs et nos émotions nous jouent parfois des tours. Ainsi, même un adulte sérieux et soucieux de bien gérer ses finances doit faire face à un certain nombre de défis comme la tentation de la dépense immédiate au détriment de l’épargne ou l’envie d’investir par imitation sans se demander si cela correspond vraiment à ses choix de vie.

Si l’autodiscipline est déjà difficile pour un adulte, ne le sera-t-elle pas encore davantage pour des enfants ? Pas vraiment. Tandis que le champ d’application est différent, les mécanismes à déjouer sont sensiblement sont les mêmes.

Les réactions de vos enfants ne diffèrent pas vraiment des vôtres. Elles s’appliquent juste à des situations qui sont propres à leur âge.

Adultes et enfants, même combat !

Adopter un comportement de bon gestionnaire en matière d’argent relève pour partie de l’éducation, mais tient aussi beaucoup aux habitudes que l’on prend. D’ailleurs, à y regarder de plus près, les réactions de vos enfants ne diffèrent pas vraiment des vôtres. Elles s’appliquent juste à des situations qui sont propres à leur âge.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la peluche perdue et remplacée à l’identique n’a pas réussi à sécher les larmes de votre enfant ? La réponse est simple : votre enfant est sous l’emprise du biais de l’effet de dotation ou de l’aversion à la dépossession. En clair, il attribue plus de valeur à ce qu’il possède qu’à ce qu’on pourrait lui proposer en remplacement. Ce n’est finalement pas tellement différent d’un adulte qui refuse obstinément de « lâcher » ses actions qu’il détient depuis longtemps et ce même si elles se déprécient en permanence. L’émotion domine, même si l’éducation nous dit qu’il faudrait se résoudre à la perte et aller de l’avant.

Et pourquoi ce nouveau tracteur acheté à votre fils ne parvient pas à le satisfaire ? Pourquoi vous parle-t-il constamment de celui beaucoup plus beau de son camarade de classe ? En réalité, votre enfant est simplement sous l’influence des points de référence. Il n’évalue pas ses besoins rationnellement, mais plutôt en se comparant en permanence à ses pairs. Cela vous semble peut-être puéril lorsqu’il est question de son tracteur, mais est-ce vraiment diffèrent de votre envie de changer de voiture parce que le voisin vient de s’offrir un tout nouveau modèle ?

Vous l’admettez, vous n’êtes pas irréprochable et plutôt mal à l’aise sur les questions d’argent. Vous préférez botter en toucher et aborder ce sujet avec vos enfants lorsqu’ils seront plus grands ? Mauvaise idée !

Agir avant 7 ans

Vos enfants ne sont pas plus ou moins rationnels que vous. En revanche, ils partent avec un gros avantage sur nous : ils n’ont pas de mauvaises habitudes à désapprendre ! Vous avez donc le pouvoir d’influencer grandement leur comportement financier futur. Plusieurs études affirment d’ailleurs que les enfants sont désireux de comprendre comment fonctionne l’argent. Et que le plus tôt sera le mieux !

Les habitudes financières des adultes sont fixées dès l’âge de 7 ans !

Les habitudes et les attitudes des enfants en matière d’argent se forment en effet beaucoup plus tôt que ce que pensent l’énorme majorité des gens. Des recherches réalisées par David Whitebread et Sue Bingham de l’Université de Cambridge indiquent que les habitudes financières des adultes sont fixées dès l’âge de 7 ans !

Après cet âge, il devient beaucoup plus difficile de changer les habitudes acquises. C’est ce qui explique pourquoi l’éducation financière n’a alors pas toujours l’effet escompté. Tout n’est pas perdu pour autant et il est toujours possible d’obtenir de bons résultats plus tard. Il faudra toutefois consentir beaucoup plus d’efforts pour « reprogrammer » leur attitude vis-à-vis de l’argent. Tous ces développements pour insister sur la conclusion suivante : mieux vaut donc ne pas attendre ! Si vous recherchez des conseils pratiques pour le faire, vous pouvez consulter avantageusement le contenu myLIFE intitulé « La finance expliquée aux enfants ».