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18 juin 2024

Habitats reconstructibles, quel avenir ?

Et si nous repensions la manière de concevoir les immeubles au Luxembourg ? À côté de la construction dite « traditionnelle », des alternatives qui se veulent plus durables et économiques voient le jour. Si elles tiennent leurs promesses, ces constructions circulaires et modulaires pourraient se multiplier à l’avenir sur le territoire luxembourgeois. myLIFE vous en dit plus sur l’habitat reconstructible.

Les immeubles résidentiels conçus avec des matériaux démontables, recyclables et pouvant être réutilisés à d’autres fins gagnent peu à peu du terrain au Luxembourg. De premiers projets à petite échelle semblent ouvrir la porte à un avenir prometteur dans ce domaine.

L’économie circulaire, une priorité pour la construction aussi

L’économie circulaire se définit comme étant « l’utilisation restaurative de matériaux et de produits dans des cycles alimentés en énergie renouvelable, chaque chose représentant une ressource pour autre chose, générant un impact économique, social et écologique à travers une amélioration de la qualité et la productivité des ressources ».

Comme d’autres secteurs au Luxembourg, la construction et l’urbanisme n’échappent pas à l’économie circulaire et figurent même parmi les domaines prioritaires. Il faut dire que ce concept gagne de plus en plus d’adeptes, à commencer par le gouvernement, qui voit en lui un outil clé pour la transition énergétique. Les autorités ont multiplié les initiatives dans ce sens, avec notamment :

Toutes ces actions ont pour but d’atteindre l’objectif zéro carbone en 2050.

Toutes ces actions ont pour but d’atteindre l’objectif zéro carbone en 2050. Elles permettent également de privilégier des ressources locales pour une meilleure gestion des flux, ainsi que pour créer des emplois, tout en réduisant la consommation d’énergie directe ou indirecte, les quantités de déchets issus des chantiers et les volumes de transports inutiles. En effet, un tiers des déchets produits par l’Union européenne provient des activités de construction et de démolition. L’impact d’une telle démarche est donc non seulement environnemental, mais aussi économique et social.

De la déconstruction…

Dans le secteur, la construction circulaire vise aussi bien les nouveaux bâtiments que la préservation de l’existant par la rénovation. De plus en plus souvent, les immeubles amenés à être démolis font l’objet d’une analyse pour déterminer les matériaux qui pourront être réutilisés. Dans le cadre de ce recyclage, il arrive que la réutilisation ne soit pas optimale, car les ingénieurs ne connaissent pas toujours la composition exacte, l’assemblage des produits ou la meilleure façon de démonter un bâtiment.

Si l’économie circulaire a été privilégiée dès le départ, on pourra définir plus facilement ce qui sera réaffecté et planifier la réutilisation ainsi que la reconstruction.

Pour éviter de telles pertes, le PCDS peut se révéler utile puisqu’il documente la provenance, la composition, le circuit de transformation, l’assemblage et les propriétés physiques de chaque matériau. Si l’économie circulaire a été privilégiée dès le départ, les divers intervenants pourront définir plus facilement ce qui sera réaffecté et planifier la réutilisation ainsi que la reconstruction.

… à la reconstruction

Si le concept de l’économie circulaire s’applique à la planification de zones d’activités économiques, il concerne également des zones résidentielles urbaines. Le processus de construction doit s’intégrer dans la planification urbaine et spatiale. Dès la phase de conception, les choix architecturaux doivent être mûrement réfléchis, car ils auront un impact sur la performance du bâtiment, sa durabilité, mais aussi son rôle de « banque de matériaux ».

Pour les architectes et ingénieurs, l’objectif est désormais de créer de la valeur circulaire en concevant des projets avec des matériaux sains, innovants, démontables et réutilisables, et en optant pour des énergies renouvelables. Les structures simples, visibles et compréhensibles facilitent la réparation et le démontage.

Afin de réduire l’incidence environnementale des matériaux, plusieurs pistes existent. Elles concernent par exemple le recours à des matériaux biosourcés comme le bois, les méthodes de production à plus faible intensité énergétique ou la conception qui permet de démonter et récupérer des composants, comme les poutres en acier.

La construction modulaire, une réalité au Luxembourg

Au Luxembourg, plusieurs projets architecturaux illustrant la possibilité de penser une construction circulaire ont vu le jour. Parmi ces derniers, la Petite Maison installée à Belval et réalisée dans le cadre de Esch2022 illustre le cycle « conception-construction-déconstruction » d’un bâtiment pour encourager la réutilisation de ses matériaux. Dans ce projet éphémère, tout est démontable, transportable et reconstructible sous la même forme ou non. Les matériaux sélectionnés sont de seconde main ou recyclés et les matières premières sont renouvelables et/ou à haut potentiel de réutilisation. Les architectes à son origine ont souhaité montrer que la circularité dans la construction est bel et bien possible dès aujourd’hui, y compris pour des projets résidentiels de plus grande taille.

D’autres bâtiments conçus dans la même optique accueillent quant à eux des espaces de bureaux et d’exposition. C’est le cas de l’immeuble modulaire éphémère en bois de Moutfort, formé à partir de modules en bois préconstruits en Suisse pour servir de restaurant de montagne temporaire. Ces modules peuvent à tout moment être récupérés pour servir à un tout autre projet.

De même, le pavillon luxembourgeois élaboré pour l’Exposition universelle à Dubaï en 2021-2022 a été conçu en acier et bois pour être recyclé et reconstruit. Le pavillon pour la prochaine exposition à Osaka en 2025 devrait s’inscrire dans la même veine.

Invitant à repenser l’utilisation des espaces urbains, les bâtiments reconstructibles semblent donc en capacité de s’imposer comme un investissement économiquement durable.

Invitant à repenser l’utilisation des espaces urbains, les bâtiments reconstructibles semblent donc en capacité de s’imposer comme un investissement économiquement durable. Ils peuvent ainsi être privilégiés pour des raisons non seulement financières, mais également écologiques.

Les habitats reconstructibles représentent-ils le futur de la construction résidentielle ? Ils possèdent dans tous les cas des atouts écologiques et économiques qui en font un investissement intéressant. Assez pour l’envisager dans le cadre de votre futur logement ? À vous de trancher !