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21 août 2019

Les dérivés sont-ils recommandés pour les investisseurs privés ?

Souvent considérés comme des produits « exotiques », les dérivés peuvent être utilisés à diverses fins au sein d’un portefeuille. Ils peuvent doper sa performance – ou au contraire accroître ses pertes – mais aussi permettre à des investisseurs avertis de couvrir leurs risques ou de modifier le rendement de leurs placements.

Les dérivés sont des instruments complexes, impliquant pour certains un effet de levier, avec les mêmes effets qu’un emprunt. Le recours à de tels instruments est judicieux si les compétences et le jugement de l’investisseur portent leurs fruits, mais, dans le cas contraire, il est susceptible d’augmenter les pertes subies. Utilisés correctement, ils constituent un outil efficace.

Les dérivés sont des instruments financiers reposant sur un actif sous-jacent. Les dérivés classiques, tels que les contrats à terme et les options, peuvent permettre de générer des rendements plus élevés ou de couvrir un portefeuille contre les fluctuations de marché.

Les dérivés sont des instruments financiers reposant sur un actif sous-jacent. Les dérivés classiques, tels que les contrats à terme et les options, peuvent permettre de générer des rendements plus élevés ou de couvrir un portefeuille contre les fluctuations de marché. Ils peuvent être négociés en bourse, via des bourses de contrats à terme et d’options telles qu’Eurex et Euronext, ainsi que dans le cadre d’opérations de gré à gré dont les conditions sont convenues entre les deux parties.

Options

Une option est une forme largement utilisée et reconnue de contrat dérivé, qui confère aux investisseurs le droit (mais pas l’obligation) d’acheter ou de vendre un titre ou indice donné – comme une action, une obligation ou un indice de marché – ultérieurement à un prix fixé par avance.

Par exemple, une partie peut accepter de vendre 1.000 actions Volkswagen pour 150 € dans 6 mois. Si le cours atteint 160 € à l’échéance, l’acheteur exercera très probablement l’option car elle lui permettra d’acheter les actions à un prix inférieur au cours actuel du marché et de réaliser un bénéfice immédiat.

En revanche, si le cours a chuté à 145 €, l’option ne sera pas exercée et deviendra caduque. Le vendeur de l’option aura reçu une « prime », c’est-à-dire le prix d’émission de l’option, et conserve les actions.

Dans le cadre d’une option d’achat d’un titre, appelée « call », l’acheteur parie sur la hausse du prix du titre, tandis qu’une option de vente, ou « put », représente un pari à la baisse de la part du vendeur.

Options couvertes et non couvertes

Les options peuvent être couvertes ou non couvertes. Dans le cas d’une option couverte, l’émetteur détient l’actif sous-jacent qu’il propose à la vente, ce qui signifie qu’il s’expose à un risque limité. La perte potentielle pour l’acheteur de l’option se limite à son coût, la prime d’option. Le vendeur peut supporter un coût d’opportunité, dans la mesure où il aurait pu vendre les actions à un prix plus élevé, bien que celui-ci soit quelque peu limité par la prime d’option reçue.

Les options non couvertes constituent un type d’investissement différent et nettement plus risqué.

La vente d’options d’achat couvertes (parfois appelée stratégie d’overwriting d’option d’achat) est largement utilisée par les gestionnaires de fonds afin d’accroître le rendement de leurs portefeuilles en engrangeant les primes d’options, qui augmentent le revenu du fonds, bien qu’ils renoncent potentiellement à une partie de la hausse de la valeur des actions.

Les options non couvertes (ou options nues) constituent un type d’investissement différent et nettement plus risqué. Étant donné que l’actif sous-jacent peut en théorie augmenter indéfiniment, la vente d’options d’achat non couvertes implique un risque illimité.

Les options peuvent concerner tous les types d’actifs, notamment les actions, indices, devises et matières premières. Elles sont également utilisées dans l’économie au sens large : un producteur de pétrole peut utiliser une option pour gérer le prix de vente de sa production de brut, ou une compagnie aérienne peut y recourir pour garantir ses coûts de carburant futurs.

Dans la pratique, la majorité des sociétés exposées à la volatilité des prix des matières premières utilisent des dérivés, de quelque nature que ce soit, pour couvrir leur exposition à de fortes variations des prix. Les entreprises gérant d’importants plans de pension peuvent y avoir recours pour couvrir leur exposition aux fluctuations des marchés financiers. Cependant, les opérations des spéculateurs constituent l’essentiel de l’activité du marché. Ils utilisent des options pour parier sur la hausse ou la baisse du prix d’actifs donnés ou des indicateurs intégrés au prix des options (les « grecques »).

Différence entre warrants et options

Les warrants ont un fonctionnement similaire à celui des options en ce qu’ils donnent le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre un titre. L’une des principales différences entre un warrant sur action et une option sur action concerne leur émission. Les options sur actions sont cotées sur des bourses, tandis que les warrants sur actions sont émis par une société (la société sous-jacente ou un intermédiaire financier). L’exercice d’une option sur action donne lieu au transfert des actions d’un investisseur à l’autre. En revanche, lorsqu’un warrant sur action est exercé, les actions ne sont pas transmises par un autre investisseur, mais directement par la société concernée. Le principal motif d’émission de warrants est la levée de fonds. Lorsque des options sur actions sont échangées, la société n’engrange aucun bénéfice.

Les warrants sont par nature des instruments à plus long terme, présentant un délai plus important entre l’émission et l’expiration. Lorsque le warrant est exercé, le détenteur reçoit les nouvelles actions émises, et non des titres existants, comme dans le cas d’options. La transaction a dès lors pour effet de diluer la participation des actionnaires existants.

Les investisseurs ont recours aux warrants pour initier des expositions plus importantes à un titre, comme l’action d’une société, mais ils peuvent également leur permettre de se couvrir contre une baisse de prix ou d’exploiter des opportunités d’arbitrage.

Les investisseurs ont recours aux warrants pour initier des expositions plus importantes à un titre, comme l’action d’une société, mais ils peuvent également leur permettre de se couvrir contre une baisse de prix ou d’exploiter des opportunités d’arbitrage.

Turbos

Il existe différents types de warrants. Les turbos sont très prisés dans certaines régions d’Europe. Ils sont conditionnels par nature, dès lors que si le prix de l’investissement sous-jacent atteint un niveau prédéfini (barrière) pendant la durée de vie du produit, le warrant expire avant l’échéance et sans valeur. Ce dispositif est souvent désigné sous le nom de barrière désactivante.

Si les warrants normaux sont sensibles à la volatilité associée au prix de l’actif sous-jacent et aux conditions du marché, les turbos sont particulièrement vulnérables à la volatilité à court terme. Ils ont tendance à offrir un choix plus limité aux investisseurs, car ils concernent de grandes sociétés de premier ordre, ainsi que les principaux indices actions, tels que le FTSE 100, le CAC 40, le DAX et l’Eurostoxx 50.

Les warrants couverts sont négociés sur marge, ce qui signifie que les traders peuvent utiliser un levier : plus le levier est élevé, plus le risque est important. Si un trader applique un levier de 50x, il pourrait perdre 50 % de son investissement de départ si le prix du sous-jacent recule de 1 %. Une somme considérable pourrait dès lors être perdue en très peu de temps. Toutefois, les turbos intègrent généralement un mécanisme dit de « stop-loss » qui évite aux investisseurs de perdre plus que leur paiement de marge initial.

Les warrants, options et autres instruments dérivés, tels que les contrats à terme, ont toute leur place dans un portefeuille afin de cibler des expositions spécifiques et d’atténuer des risques identifiés, d’une manière qui n’est pas toujours possible en recourant à des titres traditionnels. Ils peuvent toutefois s’avérer complexes et engendrer rapidement des pertes pour les investisseurs inexpérimentés.