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5 juillet 2020

Le 3e pilier du système de retraite : la prévoyance personnelle

Les retraités sont généralement bien lotis au Luxembourg. Les cotisations obligatoires au régime de pension légale du pays sont élevées, équivalant à 24% du salaire brut d’un salarié, même si le coût est partagé entre l’employeur, l’employé et l’État. En contrepartie, les individus bénéficient de pensions généreuses. Néanmoins, de nombreuses raisons peuvent les inciter à compléter leur revenu de retraite au moyen d’un régime de pension privé.

Ce dernier peut par exemple offrir davantage de flexibilité, tant du point de vue des modalités d’épargne que de la perception des prestations. Il intéressera peut-être des personnes issues d’un autre pays qui s’établissent au Luxembourg et y rapatrient leur pension. Ou d’autres qui estiment qu’elles ne seront pas en mesure de jouir du niveau de vie que leur permet leur salaire actuel grâce aux seuls revenus de pension versés par l’État (et éventuellement par leur employeur).

Les règles régissant la prévoyance personnelle au Luxembourg ont changé en 2016. En effet, le gouvernement a décidé d’adopter de nouvelles mesures visant à encourager les personnes à épargner davantage pour leur retraite. Certes, il a toujours été possible de déduire les cotisations de retraite du revenu imposable, mais cette faculté dépendait jusqu’alors de l’âge de la personne concernée. Ainsi, pour les moins de 40 ans, la déduction fiscale s’élevait au maximum à 1.500 EUR par an, augmentant par paliers de cinq ans jusqu’à 3.200 EUR pour les personnes âgées entre 55 et 74 ans. Désormais, une déduction forfaitaire de 3.200 EUR est applicable au Luxembourg, peu importe l’âge.

Pour bénéficier de ces déductions, le contrat de prévoyance-vieillesse souscrit par le contribuable doit satisfaire certains critères. Le contrat doit être conclu pour une durée minimum de 10 ans et échoir lorsque le bénéficiaire est âgé de 60 ans minimum et de 75 ans maximum. Notez toutefois que le retrait de fonds anticipé est exclu, sauf en cas de maladie grave ou d’invalidité. À l’échéance, les souscripteurs du contrat peuvent opter soit pour le paiement intégral du capital taxé à la moitié de leur taux global d’imposition des revenus, soit pour une rente viagère exonérée à 50%.

Les prestataires de retraite offrent souvent une partie garantie, de sorte que le capital des investisseurs est à l’abri des aléas des marchés financiers.

Les choix d’investissement

Lorsqu’elles choisissent un contrat de prévoyance-vieillesse individuel, les personnes ont plusieurs options à leur disposition, en particulier en ce qui concerne la façon dont leur capital doit être investi. Elles devront probablement déterminer le montant du capital exposé au risque. Une partie du fonds de pension sera certainement investie en actions dans le but de générer un rendement plus élevé pendant la durée de vie du contrat, mais avec un risque de perte d’une partie du capital.

Les prestataires de retraite offrent souvent une partie garantie, de sorte que le capital des investisseurs est à l’abri des aléas des marchés financiers. Cela peut être rassurant, mais dans bien des cas cela signifiera que le capital s’appréciera plus lentement, au risque de ne pas suivre le rythme de l’inflation.

Si les investisseurs décident d’investir une partie de leur capital en actions, ils devront également déterminer les types d’investissements qui leur conviennent le mieux, ce qui dépend généralement de l’âge et de l’appétit pour le risque de l’investisseur. Il est généralement conseillé aux épargnants plus âgés d’investir plus largement dans des entreprises établies (même si cela ne garantit pas qu’ils ne perdront pas d’argent) et des obligations très bien notées. Les plus jeunes peuvent se permettre d’investir dans des segments plus risqués tels que les marchés émergents, les petites entreprises ou les start-ups, en veillant toutefois de n’y allouer qu’une part limitée de leur portefeuille. Ils disposeront en effet de davantage de temps pour compenser d’éventuelles pertes par la suite.

L’assurance vie

La part de l’assurance vie à inclure dans le plan sera une considération importante. Une police d’assurance vie peut être intégrée au contrat de sorte qu’en cas de décès de l’assuré pendant la durée de la police, le produit de son épargne ne sera pas perdu mais versé au bénéficiaire de son choix.

Certaines polices peuvent inclure une certaine protection en cas de maladie grave ou d’invalidité.

Certaines polices peuvent inclure une certaine protection en cas de maladie grave ou d’invalidité. Elles assureront le paiement des cotisations de retraite en lieu et place de l’assuré si celui-ci est victime d’un accident ou tombe malade et n’est plus en mesure de les payer lui-même. Le niveau de couverture des paiements dépendra du degré d’incapacité de l’assuré.

Avant de choisir un plan de prévoyance personnelle, il convient de s’interroger sur d’autres points importants, tels que le niveau des contributions, ainsi que la réputation et la stabilité financière du prestataire. La flexibilité peut aussi être un aspect déterminant pour ceux amenés à travailler dans différents pays. Des régimes juridiques comme le dispositif Qualified Recognised Overseas Pension Scheme au Royaume-Uni peuvent permettre à certains expatriés de regrouper leurs pensions dans un plan unique et de gérer plus facilement leur épargne-retraite.

Les participants au plan de pension ont plusieurs possibilités au moment de la retraite. Les prestations peuvent être perçues sous forme d’une somme forfaitaire, et peuvent donc être réinvesties pour générer un revenu, ce qui permet à l’assuré de garder le contrôle du capital. Elles peuvent également être perçues sous forme d’une rente, ce qui offre un flux de revenus garanti tout au long de la vie. Mais dans ce cas, les participants n’ont pas voix au chapitre quant à la façon dont le capital est investi.

Vers un produit paneuropéen d’épargne-retraite individuelle

L’éventail d’options de prévoyance personnelle pourrait bientôt s’enrichir. La Commission européenne a élaboré un cadre réglementaire pour un produit d’épargne-retraite individuelle paneuropéen, un mécanisme potentiellement utile pour les personnes en situation de mobilité. Le règlement est entré en vigueur en août 2019, mais son application effective nécessitera au préalable la mise en place de textes d’application, ce qui ne sera probablement pas le cas avant fin 2021.

Si la Commission arrive à ses fins, le nouveau régime pourrait contribuer à harmoniser les règles fiscales régissant les pensions en Europe. En l’état actuel, les pensions sont souvent imposées de manière différente selon les pays, ce qui incite certaines multinationales à mettre sur pied des fonds de pension privés paneuropéens basés dans un seul pays de l’UE. Le Luxembourg est particulièrement prisé à cet égard. Pour l’heure, il appartient à chaque État membre de l’UE de décider si les plans d’épargne-retraite individuelle paneuropéens doivent bénéficier du même traitement fiscal que les régimes nationaux similaires.

Un dernier mot pour rappeler que la question des retraites est complexe, mais aussi d’une importance vitale pour les travailleurs et leurs familles. Une bonne gestion peut faire la différence entre une retraite confortable et une situation où chaque centime compte. Aussi est-il judicieux de demander conseil afin d’éviter les écueils et de comprendre les options qui conviennent le mieux à chaque individu.

Pour ceux qui souhaitent disposer d’un peu plus de flexibilité ou de revenus accrus pour leur retraite, les plans d’épargne-retraite privés représentent une solution intéressante, mais attention de les choisir avec soin.