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3 décembre 2022

Le b.a.-ba de l’investissement durable

Investissement durable, ESG, ISR : à quoi ces termes correspondent-ils exactement ? Si la finance verte ou « responsable » a le vent en poupe, les termes utilisés pour en parler ne sont pas toujours clairs pour les non-initiés. myLIFE décrypte ces notions pour vous.

Qu’est-ce que l’investissement durable ?

Ces dernières années, les questions liées au développement durable sont au cœur des préoccupations du monde politique, économique et social. Le secteur financier n’est pas en reste et de nouveaux facteurs entrent désormais en ligne de compte dans l’élaboration des stratégies d’investissement des particuliers et des gestionnaires de fortune.

L’investissement durable consiste à placer son argent dans des entreprises ou des produits financiers qui, outre des indicateurs financiers traditionnels (mesures de risque, perspectives de rendement, etc.), intègrent aussi des critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance. Les fameux critères ESG.

À quoi correspondent les critères ESG ?

Si les différents experts ne s’accordent pas toujours sur la liste des critères à considérer et sur la manière de les mesurer, ils s’entendent sur l’existence de trois dimensions à considérer en matière d’investissement durable : les dimensions ESG.

    • E – les critères environnementaux: ils évaluent l’impact de l’entreprise sur la nature (émission de gaz à effet de serre, utilisation d’énergies propres, gestion des déchets, maintien de la biodiversité, etc.), mais aussi l’impact de l’environnement sur l’entreprise (risque physique et risque de transition).
    • S – les critères sociaux: ils considèrent l’influence de l’entreprise sur les êtres humains (respect des droits humains, égalité entre les sexes, prévention des accidents, formation du personnel, relations avec les clients et les fournisseurs, etc.).
    • G – les critères de gouvernance : ils observent la manière d’administrer l’entreprise (respect des règles fiscales, niveau de rémunération des dirigeants, indépendance du conseil d’administration, lutte contre la corruption, mise en place de contrôles en interne, etc.).

La combinaison de ces critères ESG permet de jauger le niveau de « durabilité » d’une société en fonction de la nature de ses activités et de sa gestion quotidienne.

On parle d’Investissement socialement responsable (ISR) lorsque ces facteurs extra-financiers sont intégrés aux décisions de placement et entrent dans la gestion de portefeuilles d’actifs.

On parle d’ISR (Investissement socialement responsable ou Investissement durable et responsable) lorsque ces facteurs extra-financiers sont intégrés aux décisions de placement et entrent dans la gestion de portefeuilles d’actifs. Il s’agit de concilier performance économique et impact positif sur la société et l’environnement. Depuis plusieurs années, myLIFE aborde régulièrement les différentes facettes de l’ISR.

Différentes stratégies ISR

Afin d’intégrer les enjeux du développement durable et responsable dans ses placements, l’investisseur ou le gestionnaire de portefeuilles, peut mettre en œuvre plusieurs stratégies ou combinaisons de stratégies. Par exemple :

    • l’approche leaders ESG: elle vise à sélectionner les entreprises qui respectent au mieux les critères ESG au sein d’un secteur (Best in class), tous secteurs confondus (Best in universe) ou encore celles qui s’impliquent le plus (Best effort).
    • l’approche exclusive: elle consiste à exclure de ses investissements des secteurs ou des activités considérés comme néfastes pour la société, allant à l’encontre de ses convictions ou de certaines conventions internationales (par exemple des entreprises ne respectant pas les droits humains, actives dans l’armement, le tabac, les énergies fossiles ou les OGM).
    • l’approche à impact (impact investing) : il s’agit d’investir dans des entreprises qui développent leur impact social ou environnemental de manière intentionnelle et mesurable (économies de CO2, construction de logements, plantation d’arbres, etc.).
    • l’approche thématique: elle cible les entreprises actives dans certains domaines du développement durable (gestion de l’eau, énergies renouvelables, lutte contre la pollution, protection de la santé, etc.).
    • l’approche active: elle consiste à être actif au sein même de l’entreprise dans laquelle l’investissement est réalisé en incitant à se comporter de manière socialement responsable (exercer son droit de vote en tant qu’actionnaire, engager le dialogue avec la direction sur les questions ESG, etc.).

Certains préfèrent investir en faveur d’une cause qui leur tient à cœur, d’autres opteront pour un placement contribuant à soutenir les entreprises les plus vertueuses en matière de durabilité. Le principe de l’ISR est de choisir une stratégie en adéquation avec les objectifs et les convictions personnelles de l’investisseur. Ces placements peuvent prendre différentes formes : achat de parts de fonds d’investissement intégrant des critères ESG, d’obligations vertes (Green bonds, Social bonds ou Sustainable bonds), d’actions dans des entreprises engagées dans le développement durable, etc.

La Bourse de Luxembourg a créé la première plateforme d’échange mondial pour la finance verte, entièrement dédiée aux instruments financiers durables : Luxembourg Green Exchange.

Comment reconnaître un investissement durable ?

Afin d’estimer si un placement s’inscrit dans une démarche durable, il est utile de se renseigner sur la composition et le fonctionnement des produits d’investissement ou sur les critères de sélection et la politique d’investissement du gestionnaire. Pour choisir des entreprises répondant aux critères de durabilité ESG, l’investisseur peut s’appuyer notamment sur :

    • les informations fournies dans les rapports annuels des sociétés, les déclarations de performances extra-financières ou encore les Documents d’Information Clé pour l’Investisseur (DICI), lorsque ces données sont renseignées.

→ Attention au Greenwashing (écoblanchiment) qui consiste à donner l’impression qu’une entreprise (ou un produit d’investissement) agit davantage pour le développement durable qu’elle ne le fait réellement.

    • les scores attribués par les agences de notation spécialisées dans l’évaluation des performances ESG des entreprises : Sustainalytics, MSCI, ISS, etc.

→ Les agences ont des méthodologies différentes pour attribuer leurs notes ESG et ne prennent pas les mêmes facteurs en considération. Les résultats peuvent donc fortement varier d’une agence à l’autre, ce qui rend les comparaisons difficiles.

    • les labels octroyés aux entreprises et aux supports d’investissement. Au Luxembourg, l’agence indépendante de labellisation financière LuxFLAG a développé des labels thématiques afin d’identifier les produits d’investissement durable : Microfinance, Climate Finance, Environment, Green Bonds, ESG ou encore Sustainable Insurance Product.

→ Ce paramètre constitue un plus, mais ne doit pas constituer le seul critère pour choisir un support d’investissement. En effet, de nombreuses structures ne sont pas labellisées alors qu’elles intègrent des critères ESG. À l’inverse, les différents labels européens utilisent des considérations diverses et variées, sans véritable homogénéité à ce stade. Il n’est pas facile de s’y retrouver.

Pour les investisseurs qui souhaitent placer leur argent dans des activités ayant un impact positif sur la société et l’environnement, force est de reconnaître que toutes ces données manquent encore de précision et d’homogénéité. C’est pourquoi de nouvelles mesures ont été mises en place ou sont en cours d’implémentation au niveau européen afin d’instaurer un cadre réglementaire commun plus clair : règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), amendement de la directive Mifid ou encore Taxonomie européenne. Le but est d’améliorer la transparence des produits d’investissement, de prendre en considération les objectifs ESG des clients ou encore d’harmoniser et de classifier les données liées à la durabilité.

Luxembourg Green Exchange

En 2016, la Bourse de Luxembourg a créé la première plateforme d’échange mondial pour la finance verte, entièrement dédiée aux instruments financiers durables : Luxembourg Green Exchange (LGX). Seuls les produits aux caractéristiques vertes, sociales, durables ou ESG sont négociés sur la plateforme qui rassemble ainsi les investisseurs, gestionnaires d’actifs et émetteurs opérant dans ce domaine.

Il existe également différentes initiatives mises en place par le gouvernement luxembourgeois pour encourager les investisseurs à s’orienter vers des placements plus responsables.

Si vous souhaitez vous lancer dans l’investissement durable, faites-vous accompagner par des experts capables de vous aider à choisir des placements ISR qui soient conformes à vos valeurs et à vos objectifs. Qu’il soit durable ou non, un investissement présente toujours des risques. Il est donc toujours recommandé de se faire accompagner par un expert, particulièrement si vous êtes novice en la matière.