Épargne: bien équilibrer risque et rendement
Trouver un bon équilibre entre risque et rendement est au cœur de la gestion de l’épargne à long terme. À une extrémité de l’échelle, les personnes peuvent conserver leur argent sur un compte d’épargne en espèces, en étant certaines de récupérer ce qu’elles y ont placé, avec un faible montant d’intérêts en plus. À l’autre extrémité, les investissements boursiers ou les stratégies alternatives offrent un potentiel de rendement plus élevé au fil du temps, mais sans aucune garantie de récupérer l’intégralité du montant investi. Comment trouver le bon équilibre entre risque et rendement?
Les concepts de risque et de rendement sont fondamentaux dans l’investissement. Le principe de base est que les investisseurs obtiendront une rémunération plus élevée en mettant leur capital en risque, et que cette rémunération potentielle est d’autant plus élevée que le risque lié au placement est important. Êtes-vous prêt, par exemple, à prendre le risque de perdre 10% de votre investissement sur une seule année, en échange de la possibilité d’obtenir un rendement supérieur de 50% sur cinq ans? Bien que cet exemple soit simpliste, il fournit une bonne illustration des calculs que les investisseurs doivent effectuer lorsqu’ils décident de la combinaison d’investissements à intégrer dans leur portefeuille d’épargne.
L’impact du risque suit une échelle graduelle. Certains investissements présentent un niveau de risque extrêmement élevé, comme les petites entreprises en phase de démarrage (ou les stratégies dérivées exotiques), tandis que d’autres investissements, comme les obligations d’État, comportent potentiellement beaucoup moins de risques.
En règle générale, les obligations d’État sont considérées comme une option à faible risque, car les investisseurs connaissent dès le départ le revenu qu’ils percevront et récupèrent presque toujours leur argent à l’échéance de l’obligation, étant donné que très peu de gouvernements font défaut sur leur dette. Les obligations émises par les entreprises les plus importantes et les plus prestigieuses peuvent comporter un risque légèrement plus élevé, mais les défauts y restent également très rares.
La volatilité de l’investissement en bourse
L’investissement en bourse présente un risque plus élevé, car les cours des actions sont plus volatils, en fonction du sentiment des participants au marché et de l’impact des évolutions politiques et économiques. Rien ne garantit que les investisseurs récupèrent le montant qu’ils ont investi. Mais ici aussi, il existe une échelle graduelle.
Les grands groupes multinationaux ont tendance à offrir des performances plus stables, avec des revenus plus prévisibles et des versements de dividendes réguliers. Il existe également des secteurs où les fluctuations de la demande sont plus faibles, comme les services aux collectivités ou les biens de consommation de base. Les entreprises plus petites, ou celles dont l’activité est concentrée dans les économies émergentes, peuvent impliquer un risque plus élevé. Si les investisseurs peuvent potentiellement obtenir un rendement supérieur, ils s’exposent également à des pertes plus importantes.
La plupart des portefeuilles d’investissement comprennent un mélange de différents placements présentant différents niveaux de risque.
La plupart des portefeuilles d’investissement comprennent un mélange de différents placements présentant différents niveaux de risque. Les investisseurs peuvent conserver une partie de leur épargne en liquidités afin de faire face aux situations d’urgence. Le niveau suivant peut être constitué d’investissements à revenu fixe, qui peuvent fournir un revenu lorsque cela est nécessaire et également apporter une certaine stabilité à faible risque au portefeuille. Une autre partie peut être investie dans des actifs plus risqués, tels que les investissements en bourse.
Le risque paie-t-il?
Les rendements liés à une prise de risque supplémentaire en valent-ils la peine? Après tout, à court terme, un compte d’épargne rémunéré à 4% sur lequel votre capital est en sécurité peut sembler préférable à un investissement boursier volatil. Cependant, sur le long terme, une différence de 3% ou 4% peut avoir un impact considérable sur le résultat.
Pour illustrer cela, le rendement annuel moyen à long terme de l’indice MSCI World depuis le 31 décembre 1987 est de 8,7%. Une somme de 10.000€ investie en 1987 et générant 8,7% par an vaudrait 293.290€ en 2026. À l’inverse, le même montant investi à seulement 4% atteindrait seulement 47.464€. Cette exemple illustre parfaitement l’impact de rendements plus élevés lorsqu’ils sont réinvestis durablement. C’est la force des intérêts composés.
Cela étant, il faut parfois avoir le cœur bien accroché. Au cours des dix dernières années, les investisseurs ont subi trois années de rendements négatifs: en 2015, en 2018 et en 2022. Il y a également eu des périodes particulièrement inconfortables, comme durant les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Certes, les marchés se sont toujours redressés, mais il peut être difficile de voir une épargne accumulée avec soin être grignotée, voire amputée brusquement, avant de se reconstituer progressivement.
Les marchés se sont toujours redressés, mais il peut être difficile de voir une épargne accumulée avec soin être grignotée.
Il est important d’avoir conscience qu’il existe également des risques de l’autre côté. L’inflation est un problème pour tous les investisseurs. L’argent qui dort perd de la valeur. Les personnes peuvent constater que, même si la valeur nominale de leur épargne n’a pas changé, celle-ci ne leur permet plus d’acheter autant qu’auparavant. L’objectif d’inflation de la Banque centrale européenne est de 2,0%, et, ces dernières années, la hausse annuelle des prix à la consommation a plusieurs fois dépassé ce niveau. Autrement dit, les épargnants doivent courir plus vite simplement pour rester sur place. Cela peut poser un problème lorsque l’argent est conservé sur des comptes d’épargne faiblement rémunérés, en particulier à long terme.
Éviter de chercher à anticiper le marché
L’épargne à long terme ne consiste pas seulement à peser le risque et le rendement, elle implique également des stratégies d’investissement. Chaque année, l’influente étude Dalbar Quantitative Analysis of Investor Behavior constate que les investisseurs n’atteignent pas le plein rendement possible de leurs investissements parce qu’ils tentent d’anticiper le marché (market timing), ce qui les conduit à acheter et vendre au mauvais moment. Le dernier rapport Dalbar indique un écart relativement faible entre la performance du S&P 500 et le rendement obtenu par l’investisseur moyen en actions: seulement 0,72% en 2025, soit le plus faible écart depuis 2012. L’année précédente, ce même écart atteignait 8,48%. Un véritable gouffre!
Un aspect essentiel de l’investissement consiste à résister à l’envie de réagir à chaque mouvement des marchés. Même s’il peut être inconfortable de traverser des périodes de turbulences, rester investi constitue souvent la meilleure approche. Des recherches menées par Morningstar ont montré que manquer seulement 10 jours de marché sur une période de 25 ans peut réduire de manière significative les rendements à long terme d’un investisseur.
Morningstar indique qu’un investissement de 10.000£ réalisé en janvier 2000 dans un fonds répliquant l’indice MSCI World aurait atteint 56.891£ en 2025. Cependant, les investisseurs ayant manqué les 10 meilleures journées de performance de ce quart de siècle se seraient privés de près de 25.000£, ne conservant qu’une valeur finale de 32.703£. Une partie du problème réside dans le fait que les meilleures journées de marché surviennent souvent immédiatement après les pires, ce qui signifie que sortir du marché pendant les périodes de volatilité peut être destructeur pour son patrimoine.
Les avantages de l’investissement régulier
Il est essentiel de rester investi dans les périodes favorables comme défavorables, en ignorant la volatilité à court terme. Des techniques existent pour aider les investisseurs à y parvenir. Par exemple, investir régulièrement plutôt qu’en une seule fois peut permettre d’atténuer certaines fluctuations du marché. Acheter des actifs à différents niveaux de prix lorsque l’argent est investi automatiquement chaque mois peut également contribuer à réduire une partie du stress lié aux décisions d’investissement.
Disposer d’un portefeuille diversifié est également important. Il est facile de devenir un peu trop attaché aux investissements qui ont bien performé. Avec le temps, ces derniers peuvent alors représenter une part disproportionnée du portefeuille. Ces dernières années, cela a conduit les grands groupes technologiques américains à représenter une part très importante des indices boursiers américains et mondiaux. Maintenir une diversification entre secteurs et régions au sein du portefeuille peut contribuer à la gestion du risque et à l’obtention de rendements globaux plus réguliers.
Accepter une part de risque dans ses investissements peut contribuer à accroître les rendements au fil du temps et à faire face au risque que l’inflation érode la valeur de l’épargne à long terme. Cependant, il existe des contreparties sous la forme de volatilité et de risque de perte en capital. Une partie de l’investissement consiste à trouver le bon équilibre correspondant à vos objectifs financiers et à votre horizon de placement, tout en vous permettant de dormir tranquille.
Le principe de base est que les investisseurs obtiendront une rémunération plus élevée en mettant leur capital en risque, et que cette rémunération est d’autant plus élevée que le risque est important.
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