Volatilité: ce que tout investisseur devrait connaître
Entre les variations continues, les chutes soudaines et les reprises brusques, les fluctuations du marché peuvent être déstabilisantes pour les investisseurs. Pourtant, ces mouvements font partie du fonctionnement normal des marchés. C’est ce qu’on appelle la volatilité. Comprendre ce phénomène et ce qu’il implique va vous aider à mieux gérer vos investissements et vos émotions. myLIFE vous donne quelques précisions.
Il y a quelques mois, Malik a décidé d’investir une partie de ses économies en bourse en achetant des actions. Depuis, il consulte régulièrement son portefeuille pour suivre l’état de ses placements. Mais ce matin, il est préoccupé: la valeur de ses investissements a substantiellement baissé en seulement quelques jours. Même s’il savait que cela pouvait se produire, il ne sait pas vraiment comment réagir. Doit-il vendre et accepter la perte? Doit-il simplement ignorer la situation? Sans pouvoir donner une réponse catégorique, il est important pour Malik de ne pas s’inquiéter et de reconnaître que ces fluctuations constituent un phénomène courant sur les marchés que l’on nomme la volatilité. Et pour savoir comment y faire face, il est d’abord important de bien comprendre de quoi il s’agit.
Qu’est-ce que la volatilité?
En investissement, la volatilité fait référence à l’ampleur des variations de la valeur d’un actif (action, obligation, matière première, etc.) sur une période donnée. On parle de volatilité pour un actif financier, mais aussi pour un portefeuille de produits d’investissement, voire pour tout un marché financier considéré.
Plus la valeur évolue significativement, à la baisse ou à la hausse, et plus cela se passe sur une courte période, plus l’actif est dit volatil. Prenons l’exemple de deux actions à 100 €. Si la valeur de la première a fluctué entre 80 € et 120 € en un mois, on dira qu’elle est beaucoup plus volatile que la seconde qui a varié de 98 € à 102 € sur la même période.
La volatilité est un indicateur clé pour évaluer le risque de fluctuation d’un placement financier.
La volatilité est un indicateur clé pour évaluer le risque de fluctuation d’un placement financier. Lorsqu’elle est élevée, son prix futur est moins prévisible puisque sa valeur peut fortement varier sur une courte période. Une forte volatilité augmente donc le risque de perte pour un investisseur, mais cela accroît aussi ses perspectives de rendement. En revanche, une volatilité faible indique que la valeur d’un actif aura tendance à être plus stable et à évoluer plus progressivement. Les risques comme les profits sont alors plus limités, mais bien réels.
Le niveau de volatilité d’un produit constitue ainsi un des critères qui permet ainsi aux investisseurs de se positionner en fonction du risque qu’ils sont prêts à prendre et de leur objectif de rendement. Les profils prudents, dont le but est avant tout de protéger leur capital, privilégieront les actifs moins volatils (les obligations d’État, par exemple), tandis que les plus offensifs, cherchant à générer du profit, se tourneront vers des placements présentant davantage de risques (les actions, par exemple).
Quelles sont les causes de la volatilité?
De nombreux facteurs peuvent influencer la volatilité d’un actif, d’un portefeuille ou d’un marché financier. Si une entreprise réalise par exemple un chiffre d’affaires sensiblement inférieur (ou supérieur) à ses prévisions ou aux anticipations du marché, cela peut faire diminuer (ou augmenter) sa valeur sur le marché. De la même manière, une tension commerciale entre deux pays peut générer des inquiétudes sur les perspectives de croissance économique. Cette incertitude peut engendrer de la volatilité.
Parmi les causes les plus courantes, on retrouve:
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- les facteurs économiques: variations de l’inflation, des taux d’intérêt, anticipations de croissance, décisions et communications des banques centrales, résultats financiers d’une entreprise, décisions des dirigeants, etc.
- les facteurs géopolitiques: élections, changements de gouvernement, décisions politiques, nouvelles réglementations, conflits internationaux, tensions commerciales, etc.
- les facteurs psychologiques: sentiments des investisseurs, mouvements de panique ou d’euphorie, amplifications médiatiques, etc.
La volatilité est ainsi le résultat d’un ensemble d’éléments économiques, politiques ou encore psychologiques qui influencent la confiance des investisseurs et rendent les mouvements du marché imprévisibles.
Il existe deux mesures principales pour évaluer la volatilité: la volatilité historique et la volatilité implicite.
Comment mesure-t-on la volatilité?
Il existe deux mesures principales pour évaluer la volatilité: la volatilité historique et la volatilité implicite.
> La volatilité historique (VH) analyse les performances passées d’un actif. Cela consiste à mesurer l’évolution de son prix sur une période donnée en se basant sur des données historiques. Elle évalue à quel point la valeur d’un actif a varié dans le passé. Si par exemple, un produit financier a connu de fortes fluctuations de prix sur une courte période, on dira qu’il a une volatilité historique élevée.
L’un des moyens de déterminer la VH est de calculer l’écart-type qui évalue les différences de rendement d’un actif par rapport à sa moyenne (journalière, hebdomadaire, mensuelle, etc.). Autrement dit, il indique dans quelle mesure les rendements d’un actif s’éloignent de leur moyenne.
> La volatilité implicite (VI) anticipe la volatilité future d’un actif en se basant sur les prix des options négociées sur les marchés financiers. Une option est un contrat qui donne la possibilité (mais pas l’obligation) à un investisseur d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé à l’avance et à une date déterminée. La volatilité implicite reflète ainsi les anticipation du marché: si celui-ci pense que l’actif va rester stable, alors la volatilité implicite sera faible.
L’indice VIX se fonde sur les prix des options de l’indice boursier américain S&P500 pour les 30 jours à venir et est fréquemment utilisé pour estimer la volatilité future de l’indice. Il est surnommé «l’indice de la peur» dans la mesure où il reflète les craintes des investisseurs relatives aux entreprises cotées dans l’indice.
Comprendre le fonctionnement du marché est essentiel pour évaluer objectivement ses variations. Les investisseurs pourront alors prendre des décisions réfléchies, adaptées à leur profil et à leur stratégie financière.
De quelle manière la volatilité impacte-t-elle les investisseurs?
Lorsque les fluctuations sont fortes, la valeur des portefeuilles peut grimper ou brusquement s’effondrer. Ces périodes vont provoquer des incertitudes sur les marchés et vont directement impacter les investisseurs. En cas de forte chute, ces derniers pourraient alors, sous l’effet du stress, prendre de mauvaises décisions et être tentés de vendre leurs actifs au mauvais moment. À l’inverse, une hausse inattendue pourrait entraîner des achats irréfléchis.
La volatilité comporte aussi des aspects positifs. Un effondrement de la valeur des actifs peut aussi être considéré comme une opportunité d’achat à bas prix et une occasion d’obtenir des rendements importants en cas de rebond du marché.
Comprendre le fonctionnement du marché est essentiel pour évaluer objectivement ses variations, quitte à se faire aider par un expert en la matière. Les investisseurs pourront alors prendre des décisions réfléchies, adaptées à leur profil et à leur stratégie financière.
Comment gérer la volatilité?
Si la volatilité est inhérente au marché, son intensité et son évolution sont difficilement prévisibles. Afin d’aider les investisseurs comme Malik à s’y préparer et à gérer les risques associés, il existe quelques bons réflexes à adopter.
> Diversifier ses investissements: certaines classes d’actifs sont plus volatiles que d’autres. Pour réduire les fluctuations de son portefeuille, Malik aurait intérêt à répartir ses investissements entre différents types d’actifs (actions, obligations, immobilier, matières premières, etc.) ainsi qu’à varier les zones géographiques et les secteurs d’activité. Les pertes potentielles d’un placement pourront alors être absorbées par les rendements d’un autre, ce qui améliorera la stabilité de son portefeuille.
> Choisir un horizon de placement cohérent: les placements risqués connaissent généralement une volatilité plus élevée que les placements dits «sécurisés» et doivent être envisagés à plus long terme. En cas de forte baisse de la valeur des actifs, les pertes peuvent être compensées avec le temps s’il s’agissait de turbulences temporaires.
> Investir progressivement et régulièrement: plutôt que de placer une importante somme d’argent en une seule fois, il est recommandé d’investir régulièrement des sommes fixes, quelles que soient les conditions du marché (prix hauts et prix bas). Cette régularité empêchera Malik d’acheter ou de vendre au «mauvais» moment et l’aidera à lisser les risques en atténuant l’impact des fortes variations de prix. Bien entendu, il s’agit ici de continuer à investir malgré la volatilité des marchés, pas de s’obstiner à investir dans un actif dont les fondamentaux ne cessent de se dégrader.
> Garder une épargne de précaution: il n’est jamais recommandé d’investir tous ses avoirs sur les marchés. Se constituer une épargne de précaution permet de traverser les périodes d’incertitude avec plus de sérénité et évitera à notre jeune homme de devoir vendre ses actifs à perte en cas de difficultés financières personnelles temporaires.
> Éviter les décisions hâtives: Malik ne doit pas perdre de vue sa stratégie initiale et garder la tête froide face aux oscillations du marché, bien souvent cycliques. Une chute brutale de la valeur de certains placements est souvent suivie d’une reprise. Réussir à garder son calme permet souvent de ne pas transformer une perte de valeur potentiellement temporaire en perte définitive sous l’effet de l’émotion.
> Ajuster de manière stratégique: les choix adoptés doivent rester en phase avec les objectifs financiers de Malik et son profil d’investisseur (prudent ou plus agressif). Les marchés étant dynamiques, il est conseillé à Malik d’évaluer périodiquement ses placements et de les ajuster si nécessaire, afin de s’assurer qu’ils correspondent toujours à ses attentes. Encore une fois, l’aide d’un expert est ici fortement recommandée.
> Ne pas succomber à l’illusion du market timing. Plutôt que de tenir compte de la volatilité des marchés dans l’élaboration de leur stratégie, certains investisseurs tentent de prédire les mouvements futurs des marchés financiers pour acheter des actifs au plus bas et les vendre au plus haut, en exploitant les fluctuations à court terme. Malheureusement, anticiper de manière constante les pics et les creux est extrêmement difficile, et cette stratégie implique des coûts de trading élevés puisque l’on multiplie les transactions à outrance.
Quoi qu’il en soit, si aucun placement n’est sans risque et qu’il est impossible de maîtriser totalement les effets de la volatilité, la combinaison de ces bonnes pratiques peut sensiblement aider les investisseurs à gérer efficacement les fluctuations du marché.
La volatilité est un phénomène normal qui fait partie intégrante des marchés financiers.
Malik l’a bien compris, la volatilité est un phénomène normal qui fait partie intégrante des marchés financiers. Comprendre son fonctionnement lui permet de mieux évaluer les risques de ses placements, d’adapter sa stratégie d’investissement et d’aborder ces fluctuations avec plus de sérénité. Il ne doit pas hésiter à s’adresser à son conseiller bancaire ou à un expert compétent en cas de doutes ou d’interrogations relatives à ses investissements.
Pour terminer cet article, rappelons comme il se doit que tout investissement comporte un risque de perte en capital et que les performances passées ne préjugent en rien des résultats futurs.
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